Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Le Sefer Hayachar, livre du juste, selon le Netsiv

Pourquoi Béréchit porte le nom de Sefer Hayachar, et ce que la droiture éthique doit au cœur de la Torah.

15 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : être normal avec le Rav Yoel Benharoche cours de torah en direct du Mahon Meir, 1 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Rony Akrich: Chers amis, bonjour, heureux de vous retrouver. Nous disons bien sûr shalom au Rav Yoel Benharoche et bienvenue après cet éclipse d'une semaine. Merci mon ami M. Benharoche. Nous sommes heureux de vous retrouver dans ce Tête-à-Tête qui aujourd'hui va traiter d'un sujet qui fait malheureusement l'actualité israélienne, en dehors de toute l'actualité politique, économique et militaire. Je veux parler bien entendu des événements judiciaires qui entachent la probité d'Israël à travers nombre de personnes, religieuses ou non, qui se trouvent au sein d'affaires de malversation, de débauche et autres problématiques qui relèvent de l'identité morale, dont nous essayons de parler de manière générale.

Alors, Yoël, si tu veux, j'ai pensé que le texte du natif de Volojine, ce texte qui est la préface du livre de Béréchit, est tout à fait étonnant. D'abord, le natif de Volojine ramène cette Guemara d'Avoda Zara dans le Talmud de Babylone. Pour ceux que ça intéresse, c'est page 25 recto. Eh bien, il ramène le fait que le livre, on parle d'un livre qui s'appelle le Sefer HaYachar, le livre de la droiture.

On retrouve cette expression chez Chmuel, on retrouve cette expression dans le livre de Yehochoua, à tel point que Rabbi Yochanan, dans cette Guemara, vient et nous dit: « Mais ne cherchez point le Sefer HaYachar, c'est Sefer Béréchit. » Pour quelle raison ? Eh bien parce que le Sefer Béréchit est d'abord et avant tout le livre qui nous entretient des patriarches et des matriarches. Et là, le Rav a une question qui nous interpelle tous les deux. Pourquoi ?

Rabbi Yochanan va dire, à travers ce Sefer HaYachar, mais rappelez-vous ce qu'a dit Bilam, le prophète des nations, celui qui voulait maudire Israël. Et la question du natif de Volojine est cardinale, pertinente: mais pourquoi ne pas dire Hassidim, Tsadikim, Anché Torah, c'est-à-dire des justes ? Pour traduire pour nos amis: des gens aimants, des gens justes, des gens à qui le labeur de l'enseignement et de l'étude ne fait pas peur. Alors pourquoi les appeler Yachar ?

Alors bien sûr, j'ai moi également mes réponses, mais ce qui m'intéresse, d'abord parce que tu reviens et que je suis tout joie de te voir ici face à face avec moi, mais nos amis savent que nous sommes amis, donc ils ne s'étonnent pas de la joie qui m'entreprend. Je t'écoute.

— Mon cher ami, la joie est réciproque, elle est partagée. Je voudrais juste, dans la terminologie du Sefer HaYachar, ne pas traduire « le livre des justes », ni « le livre juste », mais « le livre du Juste ». C'est-à-dire que, de la même manière que nous disons Lachon Hakodech, ce n'est pas la langue sainte, mais la langue du Saint, béni soit-Il, le Sefer HaYachar est en réalité et avant tout le livre du Yachar, de celui qui est nommé Yachar, autrement dit le Maître du monde lui-même.

Le fait que les prophètes d'Israël ont appelé le livre de Béréchit Sefer HaYachar, et que les patriarches Abraham, Yitzhak et Yaakov ont reçu ce qualificatif, vient tout simplement nous expliquer que Abraham, Yitzhak et Yaakov étaient fidèles à la droiture divine. C'est-à-dire que la droiture divine…

— Dis-moi, c'est axiomatique ce que tu viens de dire ? C'est-à-dire que c'est un principe, un postulat de base ?

— Bien entendu. C'est quelque chose qui est en réalité dans les gènes de la nation d'Israël, bien avant la Torah. C'est ce qu'on appelle Pirkei Avot, c'est ce qu'on appelle le moussar, c'est ce qu'on appelle l'éthique, qui a été en réalité le fondement même du judaïsme.

— Exactement. C'est révolutionnaire ce que tu dis, malgré que ce soit écrit, parce qu'en fin de compte on voit souvent des gens qui sont confinés dans les quatre coudées de la loi, du légalisme, et qui en oublient quelquefois la stature du contenant, si tu préfères, c'est-à-dire de ceux qui sont les porteurs de cette loi. C'est extraordinaire ce que tu me dis, parce qu'en réalité, dans le fameux passage de l'ouverture pour Béréchit du natif de Volojine, dans ce texte de donc Haamek Davar, eh bien il pose la question exactement telle que tu viens de la définir. Il dit là-bas quelque chose d'incroyable: il dit qu'Hakadosh Baroukh Hou ne supporte pas les tsadikim, et il les nomme tsadikim, qui sont en réalité des tsadikim dans l'étude de la Torah, qui sont des tsadikim liés avec l'absolu, mais qui, au niveau de l'homme, sont dans la perversion totale.

— C'est ce que je parlais: c'est-à-dire que la stature de l'homme, l'être contenant, on peut y mettre un juste contenu si le contenant est approprié. Or, si jamais le contenant que nous appelons ici l'homme, le monde dans lequel nous vivons, était brisé, fracturé ou fêlé, il est bien évident que le contenu que nous allons y verser… si la Torah est comparée aux Mayim Hayim, alors en vérité, que reste-t-il de la Torah dans un contenant aussi brisé ? Et nous sommes confrontés, tu le sais comme moi, aux malversations financières dont j'ai parlé tout à l'heure, en introduction, mais tout autant à une attitude subversive et déviationniste au niveau sexuel chez nombre de gens qui, du fait qu'ils ont le pouvoir, quel que soit ce pouvoir — pouvoir politique, pouvoir militaire, pouvoir policier, pouvoir religieux — en viennent à utiliser à de mauvaises fins ce pouvoir qui est le leur.

— Alors c'est intéressant ce que tu rappelles ici. Lorsque le Rav dit, si je me rappelle bien, je crois qu'il ramène quelque chose de Parachat HaAzinou. Il rapporte en réalité le fait que la destruction du Temple demande une raison, c'est-à-dire que nous devons donner raison à l'Éternel d'avoir détruit le Temple. Pourquoi ? Parce que justement, c'était une époque où, certes, il y avait une étude de la Torah à un niveau extrême, mais où le lien de la société était complètement détérioré. À propos de quel verset dit-il cela ?

— Il parle en réalité de Tsadik veYacharou. Et il parle de cette génération. Il faudrait traduire: un peuple à la nuque raide et vicié, en quelque sorte. Je veux te lire en hébreu ce qu'il dit exactement, parce qu'en hébreu il y a une force particulière. Une force extraordinaire qu'il y avait en cette génération-là, déjà au niveau des agissements vis-à-vis de l'Éternel, et des gens qui étudiaient et qui s'efforçaient dans l'étude de la Torah. C'est énorme ce qu'ils disent: mais qui n'étaient pas droits dans la droiture normale de base, de l'éthique normale de l'homme. À quoi sert-il d'être un grand dans la Torah si, au niveau basique du lien qui me relie à toi, il y a un problème ?

Et attends, cinq secondes. Ça va beaucoup plus loin. Pourquoi ? Ils sont arrivés à une haine gratuite. Et regarde jusqu'où il va: en disant que celui qui ne pense pas comme moi, parce qu'il ne fait pas Chabbat, ou qu'il n'est pas exactement dans mon allure, ils l'ont traité de sadducéen.

Cours de Machon Meir

Dans la même série

68 cours du Rav Yoël Benharrouche, en direct du Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Kabbale, Émouna, Erets Israël, Sortie d'Égypte.

  1. 5
    Israël, trait d'union entre les nations et le divin
    Pourquoi Israël doit garder son identité pour éclairer les nations, et comment le Temple et le peuple sont rejetés puis acceptés.
    18 min
  2. 6
    Le libre arbitre et ses limites selon la pensée juive
    Pourquoi l'homme choisit malgré la prescience divine, et ce qui reste hors de son pouvoir.
    10 min
  3. 7
    L'unité de l'être selon le Rav Kook
    Comment la faute disperse l'être, et comment revenir à l'unité première.
    2 min
  4. 8
    Être juif, ce n'est pas une religion : le Rav Kook
    Le Rav Kook distingue la religion, simple culte, de la vie juive qui révèle l'éternel dans toute la création.
    18 min
  5. 9
    Le Sefer Hayachar, livre du juste, selon le Netsiv
    Pourquoi Béréchit porte le nom de Sefer Hayachar, et ce que la droiture éthique doit au cœur de la Torah.
    En cours de lecture
  6. 10
    être normal avec le Rav Yoel Benharoche cours de torah en direct du Mahon Meir
    1 min
  7. 11
    Or Hahaim : la Torah, lumière de la vie selon Ishaï Ribot
    Comment la Torah, aux soixante-dix facettes, redonne vie et identité à celui qui l'étudie avec droiture.
    8 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav