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La Téchouva selon le Rambam : le temps propice

Pourquoi les dix jours entre Roch Hachana et Kippour sont un temps particulier pour revenir à Hachem.

48 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La Techouva selon le Rambam et la question des nations, 57 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous en sommes au deuxième chapitre, à la halakha 4, si je ne me trompe. Ça va être difficile de le savoir, étant donné que je n'ai pas le texte devant les yeux. Mais non, non, il en faut un. Tu vas faire, sans le texte, ce que tu vas faire, ce que tu vas devenir. Non, non, c'est... Mais non, on ne va pas vous déranger. Bon, tant pis, on va le faire quand même. Donc, on a fini, je crois, la halakha 3... Ah non, on était au milieu de la halakha 4, n'est-ce pas ?

Vous vous rappelez, il y a une description, dans la halakha 4, du comportement de celui qui fait techouva. Et on a vu qu'il y a parfois des phénomènes un peu surprenants, mais qui sont, disons, quasiment inhérents à la techouva. Il est dans les comportements de la techouva que celui qui fait techouva crie toujours devant Dieu, en pleurant et en suppliant. Alors je pense que ça se comprend. Ce n'est d'ailleurs pas indispensable. La techouva est achevée à partir du moment où un homme a pris la décision. C'est-à-dire, dès qu'on a décidé de ne plus faire le mal et de faire le bien, la techouva est accomplie. Il reste le devoir du vidouy. Donc, tout ce qui est amené ici dans la halakha 4, c'est du supplément, c'est du rab.

Alors le rab, c'est qu'il ne faut pas s'étonner si on voit quelqu'un qui fait techouva, il se lamente, il crie. Ce n'est pas obligatoire, mais c'est compréhensible. Et de plus, on avait rajouté: il fait de la tsedaka autant qu'il le peut.

Et ça, vous vous rappelez qu'on avait expliqué quel est le rapport entre la techouva et la tsedaka. A priori, ce sont deux choses différentes. Faire techouva, c'est une transformation de la volonté; faire tsedaka, c'est donner à l'autre. Mais en fait, il y a un rapport direct. Après ce qu'on avait vu, je reprends très rapidement ce qu'on a vu la dernière fois: faire un péché, c'est en fait penser à soi plus qu'à l'autre. Dans ce cas précis, l'autre, c'est Dieu lui-même. Et donc, quand on fait de la tsedaka, on fait le contraire de ce que fait le péché. On donne. D'accord ? Donc c'est pour ça qu'il y a, intuitivement, chez ceux qui font techouva, un désir plus fort de faire de la tsedaka. C'est-à-dire qu'on commence à s'intéresser à l'autre, et on s'éloigne beaucoup de la chose dans laquelle on a péché.

C'est-à-dire qu'on avait vu qu'il y a parfois des phénomènes extrémistes dans le comportement du baal techouva, qui consistent à faire des barrières. Des barrières qui ne sont pas obligatoires du point de vue de la halakha, mais qui sont nécessaires, étant donné l'arrière-plan psychologique du baal techouva. Donc il va faire des barrières. Et il arrive également qu'il change de nom. Rien qu'hier, j'ai reçu un coup de téléphone.

Une dame me téléphone. Elle me dit: voilà, mon fils, qui a eu un traumatisme psychologique très grave, veut changer de nom, est-ce qu'il le peut ? Je lui dis: c'est très bien qu'il change de nom, au contraire, ça va lui permettre justement de se reconstruire. Et donc, parfois on change de nom. Parfois, c'est le cas de quelqu'un qui se convertit au judaïsme: on lui recommande de trouver un nom juif. J'ai entendu parler d'un converti en Angleterre qui a voulu choisir un nom juif, et il s'est fait appeler Rubinstein. Rubinstein, parce qu'il voulait un nom juif. Et il s'est dit: les juifs, comment ils s'appellent ? Ils s'appellent Rubinstein, parfois. Donc il a changé de nom comme ça. Voilà, ne vous étonnez pas.

Donc il change de nom, comme s'il voulait dire: je suis un autre, je ne suis plus cette personne qui a fait ces choses-là. Ce qui est d'ailleurs faux. Il est cette personne qui a fait ces choses-là. Simplement, il exprime, en changeant son nom, la volonté de ne pas avoir été cet homme-là. D'accord ? Mais il l'est. C'est-à-dire que la techouva, comme on l'a vu dans le premier chapitre, n'efface pas l'antérieur, mais donne ainsi un autre sens à l'antérieur. C'est-à-dire que si quelqu'un a fait le mal, mais que ce mal l'a amené à faire techouva, alors rétroactivement, ce mal n'est plus un mal. Oui ? Qu'est-ce qui permettrait d'effacer totalement...

C'est très mauvais d'effacer entièrement. C'est-à-dire qu'effacer entièrement, c'est pessimiste. C'est ce que j'ai essayé d'expliquer dans le premier chapitre. Tu étais au cours du premier chapitre ? Oui, alors on avait expliqué que dans la vision pessimiste, on dit que l'homme du passé n'est pas réparable. On est obligé de créer un nouvel homme. Donc c'est une vision pessimiste. Tandis que si je dis que la techouva donne rétroactivement un sens à ce qui s'est passé, alors ce n'est plus du mal.

Oui, d'accord, mais c'est très bien, justement, de se dire: le mal que j'ai fait m'a amené à ça. D'accord ? Donc c'est ce qu'on a vu la dernière fois, c'est là qu'on s'était arrêtés. Alors, puisque c'est là qu'on s'est arrêtés, qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? On va continuer. Non, on ne va pas reprendre, on va continuer. D'accord ? Il change l'ensemble de ses actions, toutes, en bien. C'est-à-dire que le fait d'avoir fait techouva sur une chose entraîne tout un processus, tout un engrenage, qui fait que finalement on va améliorer tous ses comportements. D'accord ?

Bon. Oul derekh yécharah: « dans un droit chemin ». Véguélé mimekomo: « il s'exile de son lieu ». Il y a souvent, bon, c'est le jeu qui doit arriver: je fais techouva, donc je suis tout à fait un nouvel homme, donc j'habite ailleurs. Ça arrive. Chégalout mékhappèr avon: « parce que l'exil expie le péché ». Pourquoi est-ce que l'exil expie le péché ? C'est une punition ?

Oui, pourquoi c'est une capara ? Il n'y a pas écrit que c'est une punition. Il y a écrit que ça expie. Donc tu dis que c'est vrai que c'est une capara. Mais pourquoi ça fait une capara ? Alors c'est une punition, mais on a dit que ce n'était pas une punition, que c'était une expiation. J'ai corrigé ton ami qui a dit que c'était une punition, et je lui ai dit que ce n'était pas vrai. Maintenant, tu reprends ton erreur.

— C'est quoi ? Qu'est-ce que j'endure en m'exilant ?

Et alors ? Qu'est-ce qu'il y a de grave dans l'exil ? Alors le rabbin va vous le dire tout de suite: parce que ça l'entraîne à se soumettre, à être humble et modeste. C'est-à-dire que, quand je suis exilé, on ne me connaît pas.

—

Là où on avait dit, depuis le début du cours, pour ceux qui étaient là pour écouter, dans le deuxième chapitre, à la fin de la quatrième halakha... C'est quand même pas difficile. Maintenant, si depuis le début du cours je ne savais pas où on est, il fallait me demander. Bon, d'accord. Je reviens donc ici, après la réprimande grave. …

Cours de Machon Meir

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