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Les trois défis de la nuit du Seder selon le Rav Toubiano

Pourquoi la sortie d'Égypte reste inachevée et comment chaque génération doit s'engager dans la délivrance.

53 min

Rav Mickael Toubiano

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Je tiens à m'excuser, parce que je sais que je risque de ne pas vraiment bien m'exprimer en français. Je tiens à vous demander pardon. Les idées me viennent plus facilement en hébreu qu'en français, mais j'essaierai quand même de le faire correctement.

De quoi s'agit-il ? D'abord, en première dimension, je voudrais vous expliquer que le soir du Séder, nous avons plusieurs défis. Si on veut les énumérer, nous avons trois défis. Nous allons essayer, pendant le déroulement du cours, de les expliquer et de vous donner des outils pour les surmonter correctement.

Excusez-moi, on n'entend pas. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut que je me rapproche ici ? Maintenant, c'est mieux ? De toute façon, je suis enroué. Je vais essayer de me rapprocher, et on va essayer de faire avec.

Premier défi. La sortie d'Égypte, à vrai dire, c'était il y a bien longtemps. Les juifs aujourd'hui n'ont jamais mis les pieds en Égypte et ne sont pas appelés à aller en Égypte. Nous vivons dans le présent, en Israël, en diaspora. Une chose est sûre: nous n'avons aucun rapport ni avec l'Égypte ni avec la culture égyptienne.

Alors le premier défi, c'est comment créer des gens qui vont se sentir engagés, qui vont se sentir concernés par une histoire vieille de 2000 ans. C'est un très grand défi.

Je vais vous dire la même idée sous une autre forme. Vous le savez très bien, je n'arrête pas de le dire dans les cours: le plus grand ennemi de la communauté d'Israël, c'est qui ? C'est la communauté de ce peuple juif par lui-même. Et donc vous savez que le seul endroit au monde où il y a sans arrêt plus de juifs, c'est où ? C'est en Israël. Et tous les jours que Dieu fait, dans le monde entier, il y a moins de juifs. Oui, ça s'appelle l'assimilation. Ça s'appelle les mariages mixtes.

Et donc, si tu prends conscience de ton identité, tu vas te rendre compte qu'on est confronté à un très grand problème: l'assimilation. Au lieu de dire assimilation, dis problème d'identité. Qu'est-ce qu'un juif assimilé ? C'est un juif qui a perdu son identité juive. Il sait qu'il est juif, mais ça n'a pas beaucoup d'intérêt pour lui et ça n'a pas beaucoup de valeur. « Je suis français. De religion juive, peut-être, mais je suis d'abord français. »

Normalement, quand tu sors d'Égypte, tu ne dois pas dire « je suis français ». Tu dois dire: normalement, je suis juif de passage en France. Mais pour dire une phrase pareille, il faut se sentir concerné. Si tu ne te sens pas concerné, tu vois le présent, donc tu vas dire « je suis français ».

Alors le premier grand défi du soir du Séder, c'est d'essayer de créer des gens qui se sentent concernés par leurs origines, par leurs racines, même s'il y a 2000 ou 3000 ans.

Je vous donne une image, et c'est une image très précise. Au lieu de dire « la communauté d'Israël », tu vas dire « un arbre ». Et nous, nous sommes peut-être les branches ou les fruits. Surtout que nous sommes dans l'année 5778, donc ça veut dire qu'on est dans les temps messianiques, dans la fin des temps. Forcément, on se trouve quelque part dans les branches et dans les fruits. Oui, mais un arbre a des racines. Et si tu n'es pas branché sur les racines, tu ne peux pas fonctionner.

Alors le soir du Séder, c'est retrouver nos origines, retrouver nos racines. Pas à titre individuel, mais d'abord et surtout à titre collectif. Si tu veux faire le résumé du cours, et tu vas dire: c'est quoi Pessa'h ? Réponse: c'est la naissance de la communauté d'Israël.

On ne sort pas d'Égypte à titre individuel. On sort d'Égypte parce qu'on comprend qu'on fait partie d'une communauté, qu'on fait partie d'un peuple, d'une assemblée.

Pour que vous compreniez bien la première dimension, je voudrais vous dire tout de suite que la sortie d'Égypte est une tragédie. Et chaque génération va essayer de rattraper cette tragédie et de la corriger.

Pourquoi la sortie d'Égypte est-elle une tragédie ? Alors on explique. À la fin du récit, quand les juifs ont dû prendre une décision et assumer leur identité, il n'y en a qu'un cinquième qui est sorti. Ça veut dire qu'on a laissé en Égypte quatre cinquièmes. Et puisque, malheureusement, ce n'est pas de votre faute, c'est la faute des enseignants, très, très souvent, merci beaucoup les enseignants, ils enseignent tordu. Alors nous allons faire tout de suite un examen.

Je vais vous poser une question. Je suis prêt à payer 1000 dollars, et je suis presque sûr que c'est moi qui vais gagner. Si on vous demande combien de juifs sont sortis d'Égypte, ne me dites pas « un cinquième », je veux un chiffre. Combien de juifs sont sortis ? Qu'est-ce que vous dites ? « 600 000 » ? Je le savais. Vous vous êtes plantés, mais alors grave. Vous vous êtes plantés, et très grave. Si je suis venu aujourd'hui chez vous, rien que pour ça, à mon avis, ça va: j'ai gagné ma journée.

Je vous explique. Il faut bien comprendre: les 600 000, ce sont les hommes de 20 ans à 60 ans. Le texte de la Torah nous mentionne 600 000, ce sont les hommes de 20 à 60 ans. On va dire que chacun a une femme. Donc on additionne: 600 000 plus 600 000, ça fait 1 200 000. Les adultes, c'est un million deux cent mille.

Maintenant, tu prends les enfants de zéro à vingt ans, tu prends les personnes âgées de soixante à cent vingt ans, et tu fais les hommes et les femmes: tu fais 600 000 multiplié par six. 600 000 multiplié par six, ça fait 3 600 000. On est sorti d'Égypte à 3 600 000. On ne sort pas d'Égypte à titre individuel. On fait partie de la communauté d'Israël.

Maintenant, je vous explique la tragédie. Si 3 600 000, ce sont ceux qui sont sortis, et que c'est un cinquième, ça veut dire qu'on était combien en Égypte ? C'est pas dur: tu fais 3 600 000 multiplié par 5. Ça veut dire qu'on était 18 000 000 ! Et combien sont restés derrière ? 15 000 000 ! C'est une tragédie, la sortie d'Égypte. Oui, la sortie d'Égypte est une tragédie.

Si vous me demandez pourquoi on fait Pessah chaque année, la réponse est: pour que, dans le processus de délivrance, la prochaine fois que ça va se passer, on ne laisse pas derrière 15 millions. Parce que la première fois, on a laissé derrière 15 millions. Qu'est-ce que ça veut dire, « on a laissé derrière » ? Ça veut dire que quand on a posé la question aux juifs: « Tu es prêt à sortir d'Égypte ? » — « Ouais, peut-être, je sais pas. Et où on va aller ? Qu'est-ce qu'on va faire ? Et à quoi ça va nous mener ? Je préfère rester dans les …

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