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Lekh Lekha, la rencontre d'Avraham avec lui-même

Pourquoi « lekh lekha » appelle Avraham à quitter sa terre natale pour se retrouver, et ce que dit l'Alliance.

21 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Le schisme du royaume d'Israël et la faute de Chlomo, 48 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom à tous, heureux de vous retrouver sur la chaîne du Machon Meir. Aujourd'hui, nous allons faire entrer sur la scène de l'histoire le personnage le plus éminent, celui qui sera à la source même, c'est-à-dire le véritable prototype de cette nouvelle civilisation que nous appellerons, et qui s'appelle encore aujourd'hui, la civilisation des Hébreux, le peuple hébreu. Le personnage, vous l'avez bien compris, s'appelle Abraham.

Abraham naît à Our Kasdim. Our Kasdim se trouve aujourd'hui à la frontière irako-koweïtienne. C'est la ville de Bassora, plus connue sous ce nom-là, mais qui s'appelait à l'époque Our Kasdim. Vous me demandez ce que veut dire le nom de Our Kasdim. Our, ce sont les fournaises, les feux, ou si vous voulez, les lumières pour certains. Et Kasdim, c'est la magie. La magie de ces feux follets, de ces lumières qui ne donnent le reflet que de ceux qui n'existent pas.

Abraham naît à Our Kasdim, et rien ne se passera véritablement bien. Un exemple: le Midrach nous raconte que le père d'Abraham, Terah, est un vendeur d'idoles. D'une certaine manière, il a un rapport avec la théologie idolâtre de l'époque. En tout cas, il est conseiller auprès de Nimrod, le roi de Mésopotamie.

Alors, ce qui est étonnant: Terah dit un jour à son fils: « Je dois me rendre auprès de Nimrod, et tu devras garder, faire attention au magasin. » Le petit Abraham prend une des idoles et détruit toutes les autres. Celle qu'il tient en main, il la pose au milieu. Lorsque le père Terah rentre, il voit le massacre et il demande à son fils: « Dis-moi, Abraham, que s'est-il passé ? »

Et le petit Abraham lui dit: « Papa, tu vois l'idole là, au milieu ? Eh bien, elle s'est amusée à détruire l'ensemble des idoles que tu avais dans le magasin. » Le père lui fait un signe, comme si: « Que me racontes-tu là ? » Et le fils de répondre: « Que tes oreilles entendent ce que ta bouche prononce. »

En fin de compte, Terah prend conscience qu'il a un fils qui n'est pas en manque de questions, et surtout de remise en question de l'événement chaldéen. Beaucoup d'entre nous connaissent l'histoire: Abraham sera jeté en prison après avoir été emmené auprès de Nimrod. Nimrod le condamnera à mort. Il sera jeté dans la fournaise. Son propre frère, Haran, également. Abraham en sortira miraculeusement. Haran y périra. Le troisième frère, Nahor, s'enfuira vers un exil plus doré que celui de la Chaldée. Il s'en ira à Haran, et Haran, pour vous repérer aujourd'hui, est à la frontière syro-turque: une ville que nous connaissons beaucoup, la ville d'Alep.

Terah, voyant que le tiers de ses enfants avait été brûlé dans les fournaises de Chaldée, qu'un tiers de ses enfants s'était exilé, et qu'il ne lui restait plus qu'auprès de lui Abraham, sa bru Sarah, et son petit-fils Lot, malheureux enfant qui venait de perdre son père, Terah décide de partir, de quitter la Chaldée. Il décide non seulement de quitter la Chaldée, mais, entendez bien, en voulant quitter la Chaldée, il décide de retourner à Canaan.

Une longue histoire a précédé l'histoire de la famille de Terah, que certains dénomment comme les Ivrim. Vous entendez ? Ivrim, comme s'il y avait quelque chose d'hébreu dans ces Chaldéens-là. En tout cas, avant de se rendre dans ce pays de Canaan, en chemin, il s'arrête chez son fils Nahor, à Haran.

Le fils Nahor lui dit: « Père, fuir la Chaldée pour aller vous impliquer dans un pays où il y aura beaucoup à faire, plein de vicissitudes, une vie pleine de difficultés... Allons, vous n'êtes plus en âge, mon père. Posez vos valises. Ne voyez-vous donc pas qu'ici, à Haran, tout est de nouveau possible ? Nous pouvons reconstruire une vie. Nous pouvons, notre famille et vous, reconstruire ce que nous avions perdu dans cette Chaldée hégémonique, puisqu'elle tua. »

Et c'est à cet endroit, à Haran, que Terah décidera de rester auprès de son fils Nahor. Mais c'est là, à Haran même, que l'Éternel va se révéler à cet homme qui s'appelle Abraham. Et il va lui parler, mais plus que parler, il va l'interpeller, lui donner un ordre qui ne s'entend pas de deux manières différentes.

Il lui dit, et je vous lis dans le texte: Vayomer Adonaï el Avraham. Vayomer, c'est dire avec tendresse, parce que sinon, en hébreu, il y a un autre verbe, vaidaber, qui est beaucoup plus vindicatif. Vayomer Adonaï, le Dieu de miséricorde, le Dieu que l'on prie. El Avraham, il lui dit: Lèkh lekha.

Ne traduisez pas par « va pour toi », c'est une erreur sémantique. Lèkh lekha, c'est « va vers toi ». Et si vous entendez dans ce lèkh lekha cet homme à qui il est demandé de se mettre en marche, c'est donc que la première demande, si vindicative, de l'Éternel est de dire à Abraham: « Il faut que tu partes à la rencontre de toi-même. » Mais comment est-ce donc possible ?

Le texte vient et vous dit mé'artsékha, de ton pays, de ta terre, c'est-à-dire, ou mimoledetékha, de là où tu es né. Qu'est-ce que vous entendez ? Pour partir à la rencontre de moi-même, il faut que je quitte la terre où j'ai grandi, le pays où je suis né. Il y a deux occurrences à cela. La terre: c'est cette matérialité à laquelle tu étais lié, par la matière terre. Moledet, ce pays où tu es né, c'est l'esprit, c'est la culture. Dégage-toi de cette matière étrangère à la tienne. Dégage-toi de cette culture, de cette histoire, de cette langue qui te sont étrangères, non pas parce qu'elles sont étranges, mais parce qu'elles ne sont pas toi.

Ou-mibeït avikha, de la maison de ton père. Car même si nous reconnaissons que nous sommes inexorablement les enfants de nos parents, nos parents, en faisant de nous leurs enfants, voulaient que nous puissions être non seulement la continuité indubitable, mais une continuité indubitable à travers notre particularisme. Mon enfant ne sera pas moi. Mon enfant sera mon enfant pour ce qu'il est dans son âme et dans sa conscience. C'est comme ça que l'on pourra être et devenir le père et le fils.

De la même manière, l'homme et la femme. De la même manière, l'homme et son frère. Et ainsi de suite. Va vers toi en quittant cette matière, cette histoire, cette maison. Et qu'est-il dit ? El ha-aretz achér arékha, vers la terre que je t'indiquerai.

Absolument incompréhensible: qu'est-ce qu'on veut de moi ? Le Rav de Sokhatchov expliquera dans son livre Chem MiChmouel que la rencontre de l'homme avec lui-même va provoquer une réaction inversement proportionnelle: d'autant plus l'homme sera capable de se mettre en marche vers lui-même, de partir à la rencontre de l'être qui se cache, de partir à la rencontre de l'hébreu qui se cache dans le chaldéen ou l'araméen qu'il pourrait devenir, d'autant plus sera-t-il capable de se mettre en marche vers les méandres de son être identitaire, et d'autant plus …

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Ce cours fait aussi partie de la série « Machon Meir, cours en direct ».

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