Le Rambam sur le temps entre décret et réalisation
Pourquoi un jugement annoncé ne s'accomplit pas toujours aussitôt, et ce que le Rambam dit réellement de la techouva
Rav Oury Cherki
Ensuite : Les obstacles à la techouva selon le Rambam, 59 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
La vedette est de suite perdue. Chez Nehémar, ainsi qu'il est dit: « Za'akat Sedom va'Amora ki rabba », le cri de Sodome et de Gomorrhe est grand. Maintenant, petit problème pour Sodome. Qui a dit « le péché de Sodome est abondant » ? Est-ce qu'Abraham a dit ça ?
Non, c'est Dieu qui le dit à Abraham, n'est-ce pas ? Dieu lui dit: je vais les détruire. Abraham essaie de discuter, finalement il est d'accord, et Sodome est détruite. Après combien de temps ? Combien de temps après ce dialogue ? Douze heures plus tard. Ce n'est donc pas immédiat. Il y a eu des négociations avec Abraham ? Oui, il y a eu des négociations, mais après la négociation, combien de temps ça a pris ? Encore douze heures.
Donc, quand le rabbin nous dit « tout de suite », ce n'est pas tout de suite. Ça veut dire qu'il y a toujours un écart entre le moment du décret et sa réalisation, d'accord ? Maintenant, je reviens sur ce que j'ai dit tout à l'heure: si vous voyez quelqu'un de vivant, ça veut dire qu'il a plus de mérite. Est-ce que c'est sûr ? Non, parce qu'il va peut-être mourir plus tard. C'est pour tout le monde, pas seulement pour les juifs.
— Je ne sais pas. Quel est le premier mot écrit ici ? Il y a des gens que je n'arrive pas à concevoir du tout. Ou alors le laps de temps est très long.
Non, je n'ai pas très bien compris sa question. A-t-il lui-même compris sa question ? Alors que ce sont des salauds. C'est ça.
— Je disais que le laps de temps, qui est de douze heures, pourrait être…
J'ai compris. Il faut soit se dire que ces gens ont vraiment plus de mérite, ce qui est difficile à comprendre, soit que le laps de temps jusqu'à ce qu'ils meurent est très long, et que donc l'immédiat dont il est question n'est pas vraiment immédiat. C'est ça, ta question ? Est-ce que tu veux une réponse ? Tu l'auras à la fin.
— Oui.
Ce n'est pas ça qu'il dit. Ce n'est pas ça que dit le Rambam. Le Rambam nous dit: il est déjà condamné, et il y a un certain temps qui passe entre l'absolu et la réalité. Ça, c'est ce que toi, tu dis. Mais est-ce que le Rambam l'a dit ?
— Non, comment ça ?
Que c'est ça qu'il a dit. Il faudrait qu'il le dise. Nous avons un grand principe: pour savoir ce que dit le Rambam, il faut lire le Rambam. Ta supposition est possible, peut-être pour faire tes chouvas, etc. Il y a des midrachim de ce genre. Le Rambam ne l'a pas dit. Pourquoi je dis ça ? Il y a une différence entre l'absolu et la nature. La nature fonctionne dans le temps.
Par exemple, si on condamne quelqu'un à être fusillé, il y a toujours un temps très court entre le moment où la balle sort du fusil et le moment où elle le touche. Au niveau de l'homme, c'est insignifiant, mais il y a quand même toujours ces différences. C'est très important pour comprendre. Il y a des processus historiques qui se passent, que nous savons déjà se faire, et qu'on ne voit pas dans la réalité.
Je vais vous donner deux exemples. Quand Moshe reçoit les tables de la Loi, où est-il ? Au Sinaï. Où, au Sinaï ? En haut. D'accord. Au moment où cela se passe, le peuple est en bas, et que fait-il ? Il fait le veau d'or. Pourquoi ? Parce qu'à ce moment précis commence l'impatience. Pourquoi ? Parce qu'ils ont le sentiment qu'il se passe quelque chose de très important et qu'ils ne le voient pas.
Donc une frustration va entraîner le veau d'or, d'accord ? C'est le temps qu'il faut pour que Moshe descende de la montagne avec les tables, c'est le temps nécessaire pour faire le veau d'or. Autre chose, qui concerne un problème beaucoup plus vaste que nous n'allons pas aborder totalement aujourd'hui: la Shoah. La Shoah se passe pratiquement en même temps que le temps de l'histoire où l'État d'Israël va être fondé.
La fin de la Deuxième Guerre mondiale, 1945; la fondation de l'État d'Israël, 1948: trois ans de différence. On peut donc se dire que quelque chose se passe au niveau de la libération d'Israël dans le monde d'en haut, mais en bas, cela ne se manifeste pas. Et cela peut entraîner des catastrophes, d'accord ?
Alors, de même, je dis ici, pour Sodome. Quand Dieu dit à Abraham: voilà, je vais les condamner, ils sont condamnés, je vais les détruire tout de suite. Entre-temps, il y a un risque d'assassinat de l'hôte à Sodome, qui est sauvé par des anges. Il faut donc être conscient que, quand le Rambam nous dit « tout de suite », il y a un tout de suite et un tout de suite, d'accord ? De même pour le monde entier. Si le monde entier a plus de fautes que de mérites, [06:17] l'individu, la cité, le monde entier, s'il est coupable, est détruit.
Maintenant, il y a tout un problème: indépendamment de ce que j'ai dit sur le laps de temps qui passe, on voit très bien dans la réalité que ce n'est pas comme ça. C'est ce que tu as dit tout à l'heure, d'accord ?
Il y a parfois des gens extrêmement méchants et cruels qui réussissent, c'est ça ? Tandis qu'il y a des gens qui sont de vrais tsadikim, des justes parfaits, et qui souffrent. Cela, c'est la question, la quadruple question qui se trouve dans la Guémara: pourquoi y a-t-il tsadik vétov lo, tsadik véra lo, rasha vétov lo, rasha véra lo ? C'est-à-dire le juste pour qui ça va bien, le juste pour qui ça va mal, le méchant pour qui ça va bien et le méchant pour qui ça va mal.
Combien de questions ? Quatre. C'est vrai qu'il est difficile d'admettre qu'un juste souffre, mais que le juste aille bien, c'est aussi un problème. Ça ne suffit pas à un sadique d'être sadique: en plus, il faut que ça aille bien pour lui. Vous avez donc au moins quatre questions, qui font partie d'une littérature entière. En philosophie, cela s'appelle la théodicée, c'est-à-dire la justification de Dieu.
Il y a des livres qui ont été écrits là-dessus, aussi bien chez les goïm que chez les juifs. Je vous dis simplement que cela existe, mais on ne va pas entrer dans le détail. Mais c'est quand même ta question de tout à l'heure, et je t'ai dit que le rabbin allait y répondre. Il va y répondre, mais partiellement. On va voir.
Cette évaluation, parce qu'il faut évaluer combien de péchés et combien de mérites: elle ne se fait pas selon le nombre des mérites et des péchés. Il y a parfois un mérite qui pèse autant que beaucoup de péchés. Chez Nehémar, ainsi qu'il est dit: « puisqu'on a trouvé en lui quelque …
Cours de Machon Meir
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