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Abraham bénit en tout : fils, fille ou absence de fille

Trois avis du Talmud sur le mot Bakol, puis la question de l'élément féminin dans la famille des patriarches.

54 min

Rav Oury Cherki

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Les opinions sur « bakol »

Alors, passons donc au chapitre, au verset Aleph. Veavraham zaqen, baya bayamim, veHachem beirakh et Avraham bakol. Abraham était vieux, il avait vieilli, avancé dans les jours, et Dieu avait béni Abraham en tout. Ça veut dire quoi, qu'il avait été béni en tout ? Au niveau du pchat, c'est très simple: il avait beaucoup de richesses, il était en bonne santé, etc. Mais dans les Midrachim, enfin dans la Guemara, il y a différentes opinions pour expliquer ce que c'est que ce bakol, ce « en tout ». Je vais le dire tout de suite.

Dans la Guemara de Sota, page, comment est-ce qu'on le sait ? C'est très simple. Vous voyez ici un petit commentaire qui s'appelle Toldot Aharon ? Ça dépend des éditions. Dans certaines éditions, vous voyez, il y a ici Toldot Aharon, Tav Vavalev. Ce sont les renvois à la Guemara. Il y a donc une liste des passages de la Guemara où ce verset est commenté. Maintenant, il y a trois opinions.

La première opinion dit que bakol, ça veut dire qu'il avait un fils. Parce que bakol, en guématria, fait 52, comme ben, qui veut dire un fils. Donc sa bénédiction, c'est qu'il avait un fils. Ce qui explique la suite du débat, puisqu'il doit trouver une femme à son fils.

La deuxième opinion, c'est que Bacol, c'est qu'il avait une fille, et que cette fille s'appelait Bacol. Ce qui a l'air extrêmement évident. Vous allez me dire que Bacol, ce n'est pas un nom pour une fille. Mais dans ce cas-là, pourquoi alors Nicole ? Donc il avait une fille qui s'appelait Bakol.

Le Ramban dit, à propos de cette opinion, que la fille d'Abraham n'est pas une fille, c'est un réceptacle, c'est-à-dire une midda, une caractéristique d'Abraham: il englobait, il était global, il englobait en lui toutes les identités, toutes les valeurs. Donc il était bakol.

Le mot bat, en hébreu biblique, signifie un récipient qui fait à peu près 20 litres. On a retrouvé dans les fouilles archéologiques de grandes jarres sur lesquelles il y a écrit le mot bat. Ce sont des jarres d'à peu près 20 litres, d'accord ? Donc, quand on nous dit qu'il avait une fille, le Ramban nous dit que ce n'est pas une fille.

Troisième opinion: Bakol signifie qu'Abraham n'avait pas de fille. C'était ça, sa bénédiction. Ce qui est absolument incroyable.

— En quoi est-ce que ça ne serait pas bien d'avoir une fille ? Au contraire, toute personne qui a une fille sait quelle joie ça amène dans la famille.

Le fait qu'il y ait un élément féminin, oui. Oui, donc… Exactement. On peut dire qu'on fait des missions si on arrive, d'accord ? Mais dans ce cas-là, selon les trois opinions, celle qui dit qu'il avait un fils, celle qui dit qu'il avait une fille, et celle qui dit qu'il n'avait pas de fille, en fait, Abraham n'a pas de fille.

En quoi c'est bien qu'Abraham n'ait pas de fille ? Tout simplement parce que, s'il a une fille, à qui va-t-il la marier ? Ça amènera un élément masculin de l'extérieur. Or l'identité, en termes publics, est définie par le mâle.

— Avec son frère ?

Effectivement, la question a été posée par les Tossefot. Mais même si elle se marie avec son frère, ça veut dire qu'on reprend l'histoire à zéro, c'est-à-dire comme Adam et Ève, etc. Pour les Chevatim, oui, d'accord. Mais ne compliquons pas trop l'existence. Donc, en tout cas… Laisse-moi finir ma phrase. Un élément qui viendrait de l'extérieur, ça veut dire que tant que l'identité d'Israël n'est pas encore élaborée entièrement, amener un élément de l'extérieur est nocif. Il faut que ça reste en cadre stérile.

— Oui, quoi ?

Oui, ce n'est pas la même chose. La différence est très simple. Si je suis Cohen, Lévi ou d'une tribu, ou séfarade ou Ashkénaze, c'est défini par qui ?

— Par le père.

Par le père. Mon appartenance à la nation d'Israël est définie par qui ? Par la mère. Ce qui veut dire qu'un contenu de sagesse est transmis par le père, et une appartenance à une identité naturelle par la mère. Mais ici, l'identité nationale d'Israël n'était pas encore née, donc tout passe par le père.

— Même quand on est arrivé à la descente…, où la vie d'Israël était là ?

Le même ne s'est pas marié avec… Alors justement, à partir du moment où l'identité d'Israël apparaît avec les douze tribus et une fille, c'est là qu'intervient le problème de savoir qui va fonder la treizième tribu en collaboration avec les nations. Il y a là-bas quatre candidats différents, qui sont Ésaü, Chekhem, Iov et Chimon. En tout cas, l'apparition de l'élément féminin dans la famille de Yaakov est l'invitation à la création de la treizième tribu.

Comment ? Ça ne s'est pas fait. Pourquoi ça ne s'est pas fait ? Et quand est-ce que ça va se faire ? On le verra. Mais rappelez-vous une chose: il y a un midrash dans le Pirqé de Rabbi Eliezer qui dit que du rapport entre Chekhem et Dina est née une fille. Cette fille a été abandonnée, est arrivée en Égypte, et elle a été adoptée par Potiféra. C'est elle, Osnat bat Potiféra, la femme de Yossef, qui va donner deux tribus, Ménashé et Éphraïm, pour compléter la treizième tribu. C'est pour ça que Yaakov dit, à propos d'Éphraïm, « il se remplira des nations ». D'accord ?

Donc il y a cet élément-là. Il fait partie, disons, de tout un projet concernant la treizième tribu, mais il faudra en parler quand on y arrivera. Pour l'instant, on n'en est qu'à Yitzhak et Rivka. Ça nous demande une certaine patience. D'accord ? Bon, oui.

Donc Abraham est béni en tout. Ce qu'il reste à faire maintenant, c'est d'assumer les engendrements d'Israël. Pour ce faire, il faut marier Yitzhak. Avec qui ? C'est ça qu'on va voir.

Abraham dit à son serviteur, l'ancien de sa famille, qui dominait tous ses biens: « Mets ta main sous ma cuisse. » Il doit mettre sa main sous sa cuisse. C'est-à-dire que, quand on fait un serment, on prend un objet de mitsva. Ça peut être un Séfer Torah, ça peut être des téfilines. Dans le cas de la famille d'Abraham, c'est la circoncision. Ce n'est pas très esthétique, cette histoire. Mais ça veut dire autre chose: de ce dont il est question ici, ce sont les engendrements. Or les engendrements se font par la circoncision, par le lieu de la circoncision, et c'est là qu'il va engager son serviteur.

« Je vais te faire jurer au nom de Hachem, le Dieu du ciel et le Dieu de la terre. » Donc qui c'est, Dieu ?

C'est le Dieu du ciel et le Dieu de la terre. Maintenant, est-ce qu'Abraham sait de qui il s'agit ?

On ne lui dit pas directement d'aller chercher Rivka ?

« Peut-être que la femme ne voudra pas venir après moi dans ce pays. » Il dit bien « la femme » …

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