Les points d'énergie et les sagesses d'Extrême-Orient
Comment expliquer les ressemblances entre la Torah et le bouddhisme ou le taoïsme, et pourquoi elles réjouissent plutôt qu'elles inquiètent.
Rav Yossef David
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Nous avons maintenant un verset dans la Torah, dans le livre de Chémot, qui va nous poser de grandes questions auxquelles nous allons devoir répondre. Il est écrit: Moshé ordonne à son frère Aaron que, lorsqu'il aura fait un sacrifice, il prenne du sang du sacrifice et le dépose sur le lobe de l'oreille droite des Kohanim, sur le pouce droit de leur main, et sur le pouce droit de leur pied. C'est une partie du travail dans le Beit Hamikdash, à certaines occasions on fait cela. Jusqu'à présent, c'est quelque chose que nous ne comprenons pas forcément, mais qui est écrit dans la Torah.
Ce qui est intéressant, c'est que celui qui connaît un peu le bouddhisme sait que, dans le bouddhisme, il y a trois points d'énergie centraux: le lobe de l'oreille droite, le pouce droit et le pouce du pied droit. On appelle cela les trois points d'énergie qui permettent de communiquer avec des mondes, et ils se trouvent dans le bouddhisme, peut-être même un peu dans le taoïsme. Donc, quand on voit quelque chose d'aussi similaire dans une autre religion que dans le judaïsme, quelle doit être l'approche ? Comment l'explique-t-on ?
Je ne parle évidemment pas de quelque chose de similaire dans l'islam ou dans le christianisme, puisque l'islam et le christianisme avouent eux-mêmes qu'ils découlent du judaïsme. Il est donc normal qu'on y trouve des idées qui ressemblent au judaïsme. Ici, on parle de religions qui, a priori, ne viennent pas du judaïsme, qui n'ont aucun rapport avec lui, et qui sont même anciennes, parfois. Le bouddhisme est quand même récent par rapport à l'époque du Deuxième Temple, mais le taoïsme est ancien, et on y trouve des ressemblances. Alors comment l'explique-t-on, d'où cela vient-il, et qui a influencé qui ? Va-t-on dire que nous aurions été influencés par Raja Shalom ? On est obligés de parler de quelque chose de beaucoup plus profond.
Je voudrais donner plusieurs approches. Un jour, le Rav Zini a pris un livre dont il avait caché la couverture, et il a commencé à nous lire un passage. Dans la salle, il n'y avait que des gens qui avaient étudié pour devenir rabbin, et des gens qui avaient beaucoup étudié la Torah. Il a lu un passage, puis il a dit: « Bon, à votre avis, d'où vient ce livre ? D'où vient ce que j'ai lu ? » Les gens ont commencé à dire: « Ça vient du Rav Kook, ça vient du Gaon de Vilna, du... » À la fin, il a ouvert le livre et il a montré que cela venait du bouddhisme. Les gens sont tombés par terre, parce que l'on avait vraiment l'impression que cela sortait du judaïsme.
Pourquoi le Rav Zini a-t-il fait cela ? Il a voulu montrer que, parfois, il existe certaines idées que l'on peut trouver, qui ressemblent beaucoup à la Kabbale, et qui viennent d'Extrême-Orient. Je voudrais expliquer comment de telles choses sont possibles.
Quand on voit quelque chose comme cela, et que l'on est quelqu'un de religieux, ou même de croyant, on doit être content. Pourquoi ? Au lieu d'être déstabilisé, on doit au contraire être content, parce que c'est quelque chose qui est dans la Torah, on sait que c'est vrai, et on est très content s'il y a d'autres religions qui sont arrivées à cette compréhension.
Lorsqu'il s'agit d'une compréhension d'ordre moral, on dit: bon, d'accord, c'est normal, l'homme a une certaine morale, il peut comprendre des choses. Mais lorsqu'il s'agit d'une compréhension d'ordre spirituel, qu'il existe d'autres mondes, alors comment est-ce possible ? Je vais donner plusieurs réponses, qui sont toutes indépendantes et valables chacune séparément.
D'abord, c'est quelque chose de vrai: il existe une spiritualité, il existe des mondes spirituels, et on peut y accéder de toutes sortes de manières. Pour accéder à ces mondes-là, ou pour les comprendre, il n'y a pas de problème, puisque ces mondes existent et qu'il y a des gens qui peuvent y accéder. Nous y accédons par les portes de la Kedousha, de la sainteté. Il existe d'autres portes, celles de l'impureté, par lesquelles on peut aussi accéder. On sait qu'Avraham Avinu a donné en cadeau à ses enfants, qui sont partis vivre en Extrême-Orient, des noms d'impureté.
Pourquoi leur a-t-il donné cela ? Parce qu'avec cela, ils pouvaient créer des religions. C'est-à-dire que, selon la Torah, les religions d'Extrême-Orient contiennent déjà des traditions qui viennent d'Avraham Avinu et qui ont permis de créer toute une spiritualité là-bas. C'est donc une première idée: il y a des choses que les hommes peuvent comprendre et auxquelles ils peuvent accéder, des vérités très proches du judaïsme.
Deuxièmement, Avraham Avinu a transmis un très grand savoir qu'il possédait à des peuples, à des descendants qui sont partis en Extrême-Orient. Troisième explication: il existait une très grande connaissance humaine des mondes spirituels à l'époque d'Adam et de Hanoch, et elle s'est transmise à leurs enfants. À l'époque d'Adam, on connaissait évidemment beaucoup de choses, puis cela s'est perdu petit à petit. Mais il n'est pas du tout impossible que certaines sagesses n'aient pas totalement disparu.
Il y a donc des choses qui ont été gardées dans toutes sortes de civilisations, où l'on trouve une sagesse qui existe, des choses qui se ressemblent. Par exemple, celui qui connaît les Aztèques et leur religion sait que, dans cette religion, il y a Quetzalcoatl, le dieu principal, le dieu de l'Est, le serpent à plumes, qui vivait au paradis terrestre parmi les hommes, et qui, un jour, a été chassé du paradis terrestre. Il doit revenir sous la forme d'un homme brun, barbu, qui viendrait de la mer.
Quand Cortès a répondu à tous ces critères, il est arrivé, et ils étaient sûrs que c'était le Messie. Et bien non: il est venu justement pour les massacrer. D'où vient cette croyance ? Il est clair que c'est une croyance que nous n'avons pas influencée, parce que les Aztèques étaient très loin de nous, et nous n'avons pas envoyé de gens là-bas. A priori, ils n'ont pas été influencés par nous. Mais c'est une croyance qui se rappelle déjà de Adam à Hachem.
Donc, lorsqu'on trouve une religion, une croyance ou une affirmation d'ordre spirituel, qui ressemble beaucoup au judaïsme, et même si, a priori, elle n'a aucun rapport avec nous, qu'on ne soit pas trop loin pour qu'ils aient pu nous parler, ou qu'elle soit peut-être même plus ancienne, cela ne doit pas nous déranger. Au contraire, on est content qu'il y ait d'autres hommes qui sont arrivés à cette vérité. C'est l'approche que nous devons avoir en tant que personne qui croit en Hachem, lorsqu'on voit tel type de valeur ou tel type de spiritualité qu'on rencontre dans une autre religion.
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