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La prière de Rabbi Kalonymus Shapira dans le ghetto

Rabbi Kalonymus Shapira explique pourquoi les prières de Roch Hachana perdent leur ferveur sous l'occupation.

4 min

Rav Kolonymus Fin

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom. Dans cette veille du jour de l'Holocauste et de l'héroïsme juif, Yom Hazikaron, la Shoah et la Guevoura, un homme a laissé des empreintes indélébiles à travers ses écrits, sur les événements qu'il a vécus et traversés dans le ghetto de Varsovie. Si vous permettez, je vous y emmène. Rav Kalonymus Shapira, Admour de Piaseczna, a écrit entre 1940 et 1942.

Je vous emmène en cette fin d'année 1942, à quelques mois de la révolte, alors que les rafles ont déjà commencé. J'avais pensé que dans de telles souffrances, quand la nouvelle année viendrait, les prières d'Israël feraient grand bruit, et que nos cœurs se déverseraient tel un courant doux. Mais bien que nous ayons émouna en Dieu, et soyons sûrs que nos prières ont eu un effet, nous constatons néanmoins de nos propres yeux qu'avant la guerre,

nos prières pour la nouvelle année étaient plus fortes et animées d'une plus grande ferveur. Nous y déversions nos cœurs bien davantage que ce fut le cas cette année. La raison en est simple: c'est à cause de la faiblesse des corps d'Israël. Israël n'a plus de force. Mais même en tenant compte de cela, nous constatons que nos prières, tant pour la nouvelle année que pour le Chabbat Chouva,

ne se font pas avec la même crainte et le même enthousiasme que jadis. Maintenant que j'écris cela, je peux ajouter que d'autres personnes m'ont dit et entretenu de la même chose. Quelles en sont les raisons ? Une première raison se réfère à ce que dit le roi David: quand j'ai prié, que ma prière a été entendue, mon âme s'est élargie et a retrouvé ses forces.

Ainsi, quand un homme d'Israël prie et que sa prière est entendue, il retrouve de la force et de l'enthousiasme pour ses autres prières. Mais quand nous voyons que nous prions et que non seulement nous ne recevons pas de réponse, mais que nos souffrances s'accroissent encore, à Dieu ne plaise, alors le cœur de l'homme s'effondre et il ne peut plus se réveiller. Une autre raison:

comme je l'ai dit et je l'ai indiqué, elle vient de ce que pour toute chose, pour la émouna comme pour la joie, il faut qu'il y ait un homme, au moins un homme qui ait la émouna ou se réjouisse. Mais quand tout le monde est brisé et broyé, il n'y a plus personne pour se réjouir. Ainsi, pour ce qui concerne la ferveur dans la prière, chacun d'entre nous est en ta tête prostrée, broyée. Il n'y a personne pour dire la prière avec ferveur.

Mais le roi David a dit: « Des profondeurs, je t'ai appelé, Éternel. » Non d'une profondeur seulement, mais de deux. Car je t'ai appelé en tombant dans la première des profondeurs, et non seulement je n'ai pas reçu de réponse et je n'ai pas été sauvé, mais je suis tombé dans une seconde profondeur. Une profondeur dans la profondeur. Et pourtant, même là, je rassemble mes forces. Je t'appelle.

Kalonymus Shapira, Admour de Piaseczna. Octobre 1949

Cours de Machon Meir

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