Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Roch Hachana : le souvenir de la teroua, de l'idéal au réel

Pourquoi la Torah appelle Roch Hachana « jour de la teroua » et « souvenir de la teroua », et ce que le son du shofar doit réaliser.

58 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Hanna, la stérilité et la relation avec Hachem, 29 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Il ne faut pas voir la totalité. Tu t'es fixé la totalité, mais quand tu avances, tout en sachant la totalité, il faut que tu passes pas à pas et que tu respectes les étapes. Si tu veux brûler les étapes pour arriver là-bas, tu vas toujours te sentir en décalage. Donc chaque étape que tu fais sur la grande route, il faut que tu sentes que ça fait partie de cette grande route.

Ne perds pas confiance en chemin. C'est ça la clé. C'est ce qu'on appelle Tefilat HaDerech, on aurait dû dire Tefilat HaYa'at, mais Tefilat HaDerech veut dire que chaque pas fait partie de ce processus. Donc ne t'angoisse pas à chaque fois de voir le vide qui te sépare de la chose en question. Vois ce que tu as déjà fait jusqu'à maintenant et comment tu avances petit à petit. Salam. C'est cette feuille aujourd'hui.

Non, je vais vous faire un petit tour, on va faire sur Roch Hachana.

— Ce n'est pas le même cours ?

Non, j'ai plusieurs cours, c'est pour ça. Celui-là est un cours à part entière. On reviendra sur l'autre.

Est-ce que c'est la manière de vivre des gens du pays ? Il faut savoir quelle est la manière de vivre qui se pratique dans un endroit précis. Si dans un endroit précis, par exemple, les gens travaillent la terre et sont en short, eh bien, ce n'est pas un manque de kavod d'aller prier en short, parce que c'est le derech haéretz. Tu comprends ? Voilà. Salam alaykoum.

Ça dépend de l'endroit où tu te trouves. Il y a des choses qui peuvent être permises alors qu'elles sont interdites ailleurs. Vous êtes prêts ? Fermez la porte, s'il vous plaît. Bonsoir. Prenez des feuilles.

Ceux qui n'en ont pas eu, donnez à vos copains. C'est bon, vous êtes prêts ? Il n'y a pas de souci. Tov. Grishout Arev. Aujourd'hui nous allons parler de Roch Hachana. Et vous savez que Roch Hachana n'apparaît pas dans la Torah sous ce terme-là. Le mot Roch Hachana n'existe pas. La Torah va parler, en voulant parler de cette même journée, de différentes façons.

Elle va considérer que cette journée s'appelle le jour de la sonnerie, ou bien le souvenir de la sonnerie. On appelle cette sonnerie la teroua. On ne sait toujours pas ce que veut dire le terme teroua, mais en tout cas c'est ce que la Torah décide de dire par rapport à cette journée. À tel point que, même dans les livres de prière, vous n'allez jamais voir le terme Roch Hachana, mais Yom HaZikaron, le jour du souvenir.

Il faut donc se poser la question: pourquoi appelons-nous cette journée, qui est une journée double de 48 heures, Yoma Arikhta, un jour long ? C'est pour ça que, même en Terre d'Israël, nous fêtons cette journée deux jours.

La Torah emploie deux noms différents. Dans le livre de Vayikra 23-24, cette journée est appelée le souvenir de la teroua. Pour nous, la teroua, maintenant, c'est ce fameux son du chofar que nous ne connaissons pas pour l'instant. En effet, les sonneries du chofar telles que vous les connaissez aujourd'hui ne sont pas évidentes. D'où les sages ont-ils compris qu'il faut sonner de cette manière-là ? Qu'est-ce que c'est que cette sonnerie ? Pourquoi y a-t-il une autre sonnerie avec des découpages ? Pourquoi y a-t-il encore des découpages plus petits ? Pourquoi y a-t-il un son long et continu ? D'où viennent tous ces sons ?

Comprenez bien que la Torah n'en a pas parlé. Elle appelle juste le jour de la teroua, ou plutôt le souvenir de la teroua. Ça, c'est dans Vayikra. Mais dans Bamidbar, un livre plus avancé, qui s'approche de la fin de la Torah, au chapitre 29, verset 1, cette même journée, Nikra Yom Teroua, s'appelle le jour de la teroua.

Nous avons donc ici deux noms: le souvenir de la teroua, Zikhron Teroua, et le jour, Yom Teroua. Quelle est la différence entre le souvenir de la teroua et le jour de la teroua ? Zikhron Teroua, le souvenir de la teroua, Ouas Goula HaShorshit HaMakifa, c'est l'entité idéale, le souvenir de quelque chose de grandiose, qui n'est pas encore manifesté, qui n'est pas encore réalisé, qui est encore au degré de la pensée, du souvenir, de la mémoire, du cerveau.

Et quand ce souvenir, cet idéal supérieur, va-t-il se réaliser réellement, sortir de son potentiel pour devenir quelque chose de concret, d'audible ? Le jour de la teroua. Nous avons donc un souvenir qui se réalise dans le jour, un potentiel qui se réalise dans le temps. Quand je dis yom, teroua, j'ai déjà fixé une notion de temps, alors que dans le souvenir Zikhron Teroua, la notion de temps n'existe pas encore. Il me semble que c'est un travail à fournir chez chacun de nous.

Vous avez dans votre cerveau intérieur, au plus profond de vous, une mémoire, un souvenir, un idéal, un rêve, un degré supérieur de pensée profonde. Mais pour que cette pensée soit réalisée dans votre vie, vous devez, à un moment donné, l'habiller dans la réalité du temps et dans la réalité de l'être que vous êtes. Je peux avoir une idéologie très, très haute, mais tant que ce n'est qu'un souvenir, eh bien, ce souvenir n'est pas encore réalisé. Pour que je réalise un souvenir, il faut que je le fixe dans ma vie, dans mes actes, dans une journée, dans un temps et dans un lieu. Vous comprenez la chose ? Vous ne comprenez pas encore.

Par exemple, quand je suis né, j'ai reçu, comme un cadeau du ciel, le fait d'être artiste. Est-ce que cet art va sortir de moi naturellement, sans que je fasse quoi que ce soit ? Il faut que je fasse quelque chose. Donc seulement lorsque je traduis ce don reçu en cadeau dans le travail que je fournis, je vais appliquer le cadeau en question, je vais le vivre. D'accord ? Mais si j'avais été créé artiste et que je ne sois jamais entré dans un studio pour réaliser ce cadeau, eh bien ce cadeau resterait fermé. C'est comme si on m'avait offert un cadeau dans un papier cellophane, avec des nœuds: je le vois, parce qu'il m'a été donné, mais je ne sais pas sa valeur, parce que je ne l'ai jamais ouvert, je ne l'ai jamais réalisé dans ma vie. Vous comprenez ça ?

C'est la même chose entre le souvenir de ce que représente le son du chofar, la teroua, et la réalisation, lorsque je sonne réellement du chofar. D'accord ? Tant que je sonne du chofar, je réalise le souvenir du chofar. Tant que je n'ai pas sonné réellement du chofar dans ce monde, le cadeau que j'ai reçu de ce que peut me donner ce chofar, on ne sait pas encore ce que c'est, mais on suppose que c'est quelque chose de bien. Tant que je n'ai pas sonné réellement, de fait, dans ce monde, c'est comme si le cadeau de ce chofar était resté fermé. Personne ne l'a encore ouvert.

Cours de Machon Meir

Dans la même série

11 cours du Rav Oury Cherki, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Roch Hachana, Pensée juive, Techouva, Shofar, Temps sacré.

  1. 5
    Roch Hachana, le rendez-vous où l'année se décide
    Comment Roch Hachana fixe le lien entre Hachem et le monde, et ce que signifie demander à être plus vivant.
    54 min
  2. 6
    Roch Hachana, fête de la liberté et non de la Création
    Le désaccord entre Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua montre que Roch Hachana commémore la sortie d'Égypte.
    51 min
  3. 7
    Roch Hachana, le temps qui use et la techouva
    Rabbi Eliezer contre Rabbi Yehoshua : deux regards sur le temps, la chute du monde et la techouva qui l'élève.
    54 min
  4. 8
    Le shofar, le roi et le kol intérieur de Roch Hachana
    Pourquoi le shofar relie l'infini au monde : Israël comme canal, et écouter le kol plutôt que le bruit.
    56 min
  5. 9
    Roch Hachana : le souvenir de la teroua, de l'idéal au réel
    Pourquoi la Torah appelle Roch Hachana « jour de la teroua » et « souvenir de la teroua », et ce que le son du shofar doit réaliser.
    En cours de lecture
  6. 10
    Hanna, la stérilité et la relation avec Hachem
    Le midrash d'Eykha sur le mot « Eyn » et pourquoi Hanna ne prie pas avant que Penina ne la pousse à régler sa relation avec Hachem.
    29 min
  7. 11
    Roch Hachana, la haftara de Hanna et l'enfantement de Chmouel
    Pourquoi la haftara de Roch Hachana raconte la naissance de Chmouel, né d'une femme stérile, et ce qu'elle dit de la fête.
    40 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav