Ticha BeAv et la reconstruction du Beit Hamikdash
Réparer le mal ne suffit pas : comment bâtir concrètement le Temple, selon le plan céleste et la halakha.
Rav Oury Cherki
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tout le monde. Jusqu'à la fin de l'année d'étude, nous allons étudier un seul thème, celui de Ticha BeAv. De quoi s'agit-il ? Comme vous le savez, l'événement essentiel qui est commémoré le jour de Ticha BeAv, c'est la destruction du Beit Hamikdash, du Temple de Yerouchalaïm. Il est évident que si nous jeûnons, c'est dans l'espérance de sa reconstruction, de son rétablissement. Il y a donc un lien direct entre le deuil et l'espérance. La question qui se pose est de savoir: mais comment sera-t-il reconstruit ? Que faut-il faire pour le reconstruire ?
Il y a à ce propos souvent une grande confusion entre la réparation des causes de la destruction, par exemple la haine gratuite et tous nos péchés, et tout le reste, et ce qu'il faut faire pour qu'il soit construit, qui n'est pas négatif mais positif. Qu'est-ce que, positivement, il faut faire pour construire le Beit Hamikdash ? Indépendamment d'une chose banale et évidente, qui est de prier pour qu'il soit construit. D'accord ? Jusque-là vous me suivez ? — Quoi ? Pourquoi tu n'as pas bien compris ? J'ai pourtant parlé de manière extrêmement claire. C'est les causes de la destruction. Mais non, réparer les causes de la destruction, ça ne veut pas dire qu'on croit que ça construit. Il y a deux choses. Il y a Sour mera vaassé tov, enlever le mal et faire le bien.
Donc, enlever le mal, ce sont les causes de la destruction. Par exemple, la haine gratuite au sein du peuple juif. Ça, c'était une des causes directes. D'ailleurs, on voit historiquement parlant que le Beit Hamikdash a été détruit à cause des rivalités entre les différentes factions de l'armée des Juifs. D'accord ? Ça, c'est très clair. Bon. Donc, il faut supprimer la haine gratuite, il faut s'aimer, tout le reste. Ça, je veux bien. La fraternité. Mais est-ce que ça suffit pour le construire ? Oui, mais est-ce que ça suffit pour le construire ?
Je veux bien. Est-ce que ça veut dire que dès que tu aimes ton prochain d'un amour gratuit, une pierre est posée dans le bond du Temple et que le Temple est en train de se construire ? Est-ce qu'on peut aller examiner, je ne sais pas, l'état des travaux ? D'accord ? Oui ? Bah, il semblerait, disons que quelqu'un, après la guerre des Six Jours, a demandé au Rav Shlomo Zalman Auerbach: est-ce qu'il ne faut pas construire le Beit Hamikdash aujourd'hui ? Il a répondu: il y a assez de makhlokets, de controverses, qui pourraient détruire un Beit Hamikdash déjà construit. Alors, le construire est encore plus difficile. Donc, on peut comprendre, effectivement, il y a un empêchement. Il y a un empêchement à la construction du Beit Hamikdash tant que les fautes ne sont pas réparées.
Mais ça, c'est très clair. Qu'est-ce qu'on fait pour le construire de fait ? Imaginez, tous les problèmes sont réglés, nous nous aimons tous. D'accord ? Il y a une entente, tout le monde, ce sont des tsadikim à bloc. Bon, maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? On le construit ? Est-ce qu'on amène un tracteur ? Est-ce qu'on amène de la dynamite ? Est-ce qu'on attend que ça tombe du ciel ? Qu'est-ce qu'on fait ? D'accord ? Je pense que ce sont deux choses différentes. Ce sont deux thèmes différents. Il faut réparer le mal, ça c'est toujours vrai. Que ça ait un rapport avec la destruction du Beit Hamikdash ou pas, ce n'est pas un problème. Le mal est toujours quelque chose qu'il faut réparer. D'accord ? Maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? Comment le Beit Hamikdash sera-t-il construit ?
Question toute simple, n'est-ce pas ? Est-ce qu'il faut, par exemple, faire passer une loi à la Knesset avec des budgets pour la construction du Beit Hamikdash, la nomination des Kohanim, les sacrifices, et tout ce qui s'ensuit ? C'est-à-dire qu'il y a une infrastructure énorme. Alors, on construit le Beit Hamikdash, ou on ne construit pas ? Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait avec les mosquées ? Qu'est-ce qu'on fait avec l'opinion internationale ? D'accord ? Ce sont des questions. En fait, quand on parle de construire le Beit Hamikdash, il faut toujours se poser la question: mais qu'est-ce que ça veut dire, pratiquement parlant ?
D'accord ? J'étais présent à un congrès rabbinique à Routz Laharetz, où les rabbins étaient très contents de se rencontrer, et à la fin, il y a un chanteur qui a chanté Yibané Beit Hamikdash. Que le Beit Hamikdash soit construit. Mais comment ? Il n'en a pas parlé. Et donc, la question de savoir comment il va être construit se pose, surtout qu'il y a une expression dans les prières qui est assez floue. On dit Yibané, que soit construit. Mais qui va construire ? Parfois on dit Tivné, que tu construises. Très rarement on dit Nivné, que nous construisons. Est-ce qu'il y a un commandement parmi les 613 commandements de la Torah de construire le Beit Hamikdash ? Et si ce commandement existe, il ne faut pas prier pour que Dieu construise le Beit Hamikdash. Ça veut dire qu'il faut que nous le construisions, par exemple. Vous comprenez qu'il y a ici énormément de questions qui se posent.
Par exemple, d'après le Rambam, il y a un des 613 commandements, un commandement positif, de construire le Beit Hamikdash. Pour Rachi, par contre, le commandement concerne uniquement les ustensiles qui sont dans le Beit Hamikdash, mais pour ce qui est de la construction du Beit Hamikdash lui-même, Rachi ne dit rien. Cela a entraîné deux écoles différentes qui, en fait, sont cinq opinions différentes. Jusque-là, vous me suivez ? Bon.
Les deux écoles, c'est que le Beit Hamikdash vient du ciel, ou bien qu'il vient de la terre. D'accord ? Soit il est construit par des hommes, soit il vient d'en haut. Boum ! En fait, ces deux écoles donnent cinq opinions différentes dans la halakha. D'accord ? La première opinion, qui suit le pshat du Rambam, est qu'il y a un commandement positif de construire le Beit Hamikdash. Donc, si c'est comme ça, il faut amener du ciment, du béton, du métal, enfin tout ce qu'il faut, des architectes, des ingénieurs, des électriciens, des plombiers, et s'y mettre. D'accord ? Petite remarque à propos de cette première opinion: à qui incombe le devoir de construire le Beit Hamikdash ? Au peuple. C'est qui, le peuple ? C'est toi et moi ?
Parce que si c'est toi et moi, ça veut dire que, viens, on quitte le cours et on va construire le Beit Hamikdash. D'accord ? Hein ? Donnez de l'argent. Mais à qui donner cet argent ? Qui sont ceux qui peuvent ? Le pouvoir. C'est-à-dire qu'en principe, le commandement concerne la nation en tant que collectivité. Et cette collectivité est représentée, elle a une représentation politique: c'est le gouvernement israélien. Donc, du point de vue de cette option-là, à moins de penser que c'est un truc personnel, dans ce cas-là je devrais moi-même, subrepticement, pendant la nuit, me dérober au regard des policiers et aller construire le *Beit …
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