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Pourim, le dévoilement de Hachem derrière l'histoire

Pourim révèle l'étincelle divine cachée dans les événements, à travers le mot Megilat Esther et l'enseignement du Arizal.

55 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Roch Hachana, le jour du souvenir et la joie du jugement, 55 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

On a expliqué qu'en fait, HaKadosh Baroukh Hou est voilé dans les événements de l'Histoire, et que toute la fête de Pourim vient justement pour déceler l'étincelle divine qui se cache dans ces événements. Autrement dit, on nous apprend à voir à travers les vêtements de ce monde: tout ce monde est un vêtement, le dévoilement d'Hachem. Si on prend le mot Megilat Esther, sa traduction, c'est un Guilouï, un dévoilement, à partir d'Esther. Donc un dévoilement à partir d'une cachette.

Ce n'est pas un paradoxe. Pour dévoiler quelque chose, il faut que cette chose soit habillée, et il faut savoir que quelqu'un porte ce vêtement. De la même manière que ma chemise ne bouge pas toute seule: je suis dedans, donc c'est moi qui anime ma chemise. Eh bien, à l'intérieur de ce monde, il y a un grand animateur. Tous les événements historiques, politiques, tout ce qui se passe, tous ces événements sont animés par cette neshama divine, qui est l'Infini, béni soit-Il, qu'on appelle le Moukhlat. On n'a aucune notion humaine qui puisse le définir, mais au niveau de l'histoire humaine, c'est le grand architecte qui fait tout à l'intérieur de cette histoire humaine.

Alors, aujourd'hui, on va voir comment le Ha'Ari HaKadosh traitait ce sujet de Pourim, et justement de cette cachette. Beinyan Ma'amar Hazal: on va prendre une Guemara de nos sages, que vous connaissez tous. Hayav inich lebassem beProurya: l'homme est obligé de se parfumer, donc de boire du vin, de boire de l'alcool à Pourim.

Faites attention: l'expression de la Guemara, ce n'est pas « se soûler ». Chayav inich lishtot, non. Chayav inich labassem: bassem, qui est la racine du mot bossem, donc se parfumer. Pourquoi ? C'est important. Le Rav Kook, zatsal, rappelait toujours cette expression de bossem concernant HaKadosh Baroukh Hou et concernant Notikounim, nos réparations dans ce monde. En effet, à chaque fois que tu fais une bonne action, on dit que tu parfumes le monde. C'est une belle expression: tu es en train d'apporter à ce monde une bonne odeur.

D'où vient cette odeur ? Du jardin, c'est-à-dire de l'Éden, Eden, qui veut dire délicatesse, adin. Donc, à chaque fois que tu es délicat dans ce que tu fais, dans ce que tu penses, dans ce que tu dis, tu parfumes l'univers.

Et le Ha'Ari, dans son livre de kavanot, à la fin du sujet de Pourim, dans le Chaar HaKavanot, regardez ce qu'il dit: sachez qu'à tout jamais, à l'intérieur de l'écorce, toch haklipa, il y a une étincelle de sainteté, nitsotsot shel kedoucha, qui éclaire à l'intérieur de l'écorce, or mehayota, et qui fait vivre l'écorce. Cela veut dire qu'en réalité, cette expression, prise du lexique de la Kabbale, klipa, qui veut dire une écorce, signifie quelque chose qui cache.

Par exemple, vous avez une orange sur un arbre. Vous n'avez jamais vu une orange sur un arbre ? Vous avez vu l'écorce de l'orange. L'intérieur de l'orange, vous allez le voir quand vous allez l'éplucher. Ce qui fait qu'à chaque fois que nous voyons quelqu'un dans ce monde ou quelque chose dans ce monde, qu'est-ce que nous voyons en premier ? La face, qui est le vêtement superficiel. On ne voit pas l'intériorité des choses. Quand tu as rencontré ta femme, tu as d'abord vu son aspect, la première fois que tu l'as vue, c'est ce que tu as vu. Après, tu étudies son intériorité. C'est la même chose dans notre vie.

Si j'exagère ce que je viens de dire, cela veut dire qu'en réalité, tout ce monde, on le voit d'abord par son aspect extérieur. On est d'accord ? Seulement, à l'intérieur des aspects extérieurs de la vie, qui sont comme des écorces, se cachent des étincelles divines. Et ces étincelles divines sont celles qui font vivre même l'écorce que tu es en train de voir.

« Lachem pam bashana » dit le Ha'Ari HaKadosh: une fois par an, il faut arriver à dire Baroukh Haman. Tu bénis donc ce qui normalement est à maudire. Comment peux-tu bénir Haman ? Or, bénir ne veut pas dire bénir ici, puisque nous avons déjà étudié dans d'autres cours que le mot baroukh veut dire « relier ». En hébreu, bérekh, c'est le genou. Qu'est-ce qu'il y a dans le genou ? Il y a la partie haute et la partie basse, et c'est le genou qui fait l'axe. Eh bien, le mot bérakha ne veut pas dire bénédiction, ça c'est une traduction en français qui ne veut rien dire. La bérakha en hébreu veut dire un lien. Quand tu fais une bérakha, tu relies à quelqu'un.

Tu ne peux pas dire à Dieu « béni sois-tu l'Éternel », ça ne veut rien dire, depuis quand tu bénis Dieu ? Ça veut dire Baroukh Ata Hachem: tu es relié. Pas « tu es béni ». Qui suis-je pour bénir, moi, HaKadosh Baroukh Hou ? Cela me fait sourire quand on dit en français « béni sois-tu l'Éternel qui nous a… » Pour qui tu t'es pris ? Donc Baroukh Ata ne veut pas dire « béni », mais « relié ». Tu es relié à HaKadosh Baroukh Hou. À quoi ? Tu me relies à toi, donc tu me relies à l'Infini.

Donc Baroukh Haman, cela veut dire quoi ? Relier le mal apparent, parce que Haman, c'est le mal apparent, à quoi ? À quelque chose de supérieur. Avec des mots simples: tu prends conscience, le jour où tu as perdu conscience, que même le mal est relié au bien. Pourquoi ne le fais-tu pas consciemment ? Parce que consciemment, tu n'arriveras jamais à cette conclusion. C'est comme si on te disait: un jour par an, perds ta conscience volontairement. Parce que quand tu auras perdu cette conscience, tu vas arriver à un certain niveau, et cela, c'est interdit de le faire durant l'année, donc une fois par an.

En perdant cette conscience, il y a une protection de la journée elle-même, on le verra tout à l'heure. C'est pour cela que tu peux te laisser aller, tu lâches prise. C'est une journée où on lâche prise. N'ayez pas peur, entre guillemets: il y a une protection. Vous savez que le Soferet n'a pas le droit de faire une Tefila ? C'est considéré comme de la vaïda zara. Mais à Pourim, c'est à un autre degré. Donc: « Lachem pam bashana, tsarikh lomar baroukh Haman », et « Kédé le-hamchikh or el nitsotsa ». Et qu'est-ce que tu fais, en fait ? Tu relies Haman en lui injectant l'étincelle divine qui se cache même à l'intérieur de lui-même.

Pourquoi ? Tout simplement parce que Haman ne peut même pas ouvrir sa bouche si HaKadosh Baroukh Hou n'est pas dedans. On est d'accord ? HaKadosh Baroukh Hou est-Il dans Haman ? Oui. Est-Il dans Pharaon ? Oui: il dit à Moshé « Bo el Paro », viens chez Pharaon, Je suis dedans. Cela veut dire que HaKadosh Baroukh Hou se trouve, d'une manière incompréhensible à l'homme, dans Mordekhaï et dans Haman en même temps. Et plus …

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