Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Hanouka : le huitième jour, lien entre l'infini et le fini

Pourquoi les huit jours de Hanouka sont contenus dans le 25 Kislev, et ce que représentent les huit lumières.

54 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : La parasha Ki Tissa et Pourim, 40 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Tov. Alors, heureux de vous retrouver. Désolé pour ce long passage en dehors de notre terre. Et aujourd'hui, nous allons, b'ezrat Hachem, parler de Hannouka. Ceux qui n'ont pas de feuilles, les feuilles sont là. Il y a quelque chose d'extraordinaire dans la fête de Hannouka, puisque la Guemara nous parle d'une date.

Et en même temps qu'elle parle d'une date, elle introduit une notion qui est en dehors du temps. Ce qui est complètement paradoxal. La Guemara, en effet, va nous dire: Bé'Kafhé, Bé'Kislev, le 25 du mois de Kislev, Yemei Hannouka, Tmania Inhun, les huit jours de Hannouka. Très bizarre. Le 25 Kislev, c'est un jour. Les huit jours de Hannouka, ce sont huit jours.

Je vous pose la question: comment huit jours peuvent-ils entrer dans un jour ? Les sages savent parler l'hébreu. Ils auraient pu nous dire que le 25 du mois de Kislev commence huit jours de fête. On est d'accord. Ce n'est pas ce qui est écrit. Et il faut toujours faire attention aux précisions et aux nuances de nos sages, car, comme je viens de vous le dire, ils savent très bien s'exprimer. Et s'ils ont choisi de s'exprimer de cette manière-là, cela veut dire: toi, étudiant, cherche ce que moi, maître, j'ai voulu te dire, te dévoiler.

Mais tout simplement, il faut comprendre que le 25 du mois de Kislev contient en lui le potentiel de huit jours. Or, huit jours, c'est un chiffre qui est au-delà des valeurs du temps.

Rappelez-vous: le chiffre qui correspond à la notion de temps, c'est le 7. Le huitième jour est un jour qui est au-delà des valeurs temporelles. Le 8 sous-entend l'infini. En hébreu, Chmoné et Néchama sont les mêmes lettres. C'est-à-dire que le chiffre 8 introduit la notion d'âme et non plus de corps. Alors comment est-ce qu'un jour corporel…

Je viens de vous résumer en fait toute la grandeur de Hannouka. Hannouka, c'est en fait une notion de lien entre l'infini et le fini.

Une victoire humaine qui contient les valeurs qui dépassent le temps. Une victoire humaine qui est complètement miraculeuse. Donc il y a ici un pont entre l'infini et le fini. Entre le transcendant et l'immanent. Vous comprenez donc que le premier jour de Hannouka, qui contient déjà les huit jours,

va se déployer tout doucement, jour après jour, pour nous dévoiler les huit lumières qu'il contient déjà dans son point de départ. Vous êtes avec moi ? C'est-à-dire qu'en réalité, le premier jour contient toute la fête, et le dernier jour va révéler ce qu'il y avait déjà en potentiel dans le premier jour. Prenez les deux extrêmes, le premier jour et le dernier jour: ce sont les mêmes. Tout simplement, c'est le huitième jour.

Donc il est la fin, il est donc le dernier écran sur lequel va se projeter le film qu'il y avait déjà au départ. Sof Maassé Bémahchava Tehila. Chaque fois qu'on arrive à une dernière ligne, la dernière ligne est censée contenir tout ce qu'il y avait auparavant. C'est comme ça qu'on travaille. La dernière étape, c'est la révélation totale de ce qu'il y avait dans la première pensée. Si ce n'est pas le cas, c'est qu'il y a erreur.

Dans le cheminement, dans le dévoilement: si la pensée de Dieu ne se révèle pas à la fin, au dernier écran, c'est que Dieu a raté quelque chose. Et donc c'est impossible. Le dernier jour de Hannouka, qu'on appelle Zot Hannouka, comme si on indiquait: voilà, révèle en fait ce qui était déjà dans le premier jour, mais invisible. Car le premier jour est une seule lumière qui contient certes le tout.

Mais si je ne vous l'avais pas dit maintenant, on n'aurait pas pu voir réellement le tout dans le premier. C'est comme une graine et un arbre. Dans la graine, il y a déjà tout l'arbre, mais tu ne vois rien. Quand tu as la réalité de l'arbre qui est déjà en train de pousser, tu peux voir la conséquence de ce qu'il y avait dans la graine. Donc toi, tu ne sais pas lire les graines. Tu ne lis que les résultats. Dans ce monde, on a du mal à comprendre les causes. On va voir les résultats.

Si tu vois huit lumières que tu ne voyais pas au départ, alors qu'elles étaient déjà huit, et si tu sais à quoi correspondent ces huit lumières, ce que l'étude normale devrait nous enseigner, alors que malheureusement vous n'avez jamais entendu à quoi sont référencées ces huit lumières, vous avez tout simplement encore une lumière, encore une lumière, encore une lumière. Vous mangez des beignets, c'est très sympathique.

Mais vous ne savez pas quel est le sens de chaque lumière. Et donc ces huit lumières sont en réalité une graduation de toutes les sphères spirituelles de la création du monde, jusqu'à notre monde. C'est-à-dire que la première lumière, qui correspond en fait à la source, c'est la Binah. Binah, c'est Olam Abba, et donc c'est difficile à concevoir. Deuxième bougie, c'est le Hessed, la bonté.

Troisième bougie, la Guévoura, la rigueur. Quatrième bougie, la Tiférét, l'équilibre. Cinquième bougie, Nétsa'h, l'éternité, la continuité. Sixième bougie, Hod, la beauté dans ce que vous faites. Hod, Hé Vav Dalet. La septième bougie, Yessod,

qui est en réalité le fondement, le canal par lequel tout ce que je viens de dire va aboutir à la huitième bougie, qui est la Malkhout, la royauté. C'est-à-dire l'écran, le dernier écran sur lequel va se projeter le film de l'infini. En sachant tout ce degré, tous ces degrés, tout ce développement-là,

vous êtes censés, en réalité, agir chaque jour de Hannouka selon la bougie du jour, selon la qualité intrinsèque du jour en question. Et si vous ne le faites pas, il y a décalage entre ce que vous faites réellement dans l'allumage et ce que vous vivez réellement dans votre vie. Et c'est dommage. Ken. Bé'hadaï. Chemen, c'est la racine du Chmoné. C'est-à-dire que

tout ce que vous allez rencontrer à Hannouka est de l'ordre du 8. Même les acteurs. On les appelle les Hachmonaïm. Vous entendez bien le mot Chemen, vous entendez bien le mot Chmoné, et même le début de leur nom, Khet. Hachmonaïm. Le Khet a pour valeur numérique 8. Tout est 8. Et donc, quand vous pénétrez ce secret, quand vous le décodez, vous commencez à comprendre que Hannouka, en fait, c'est l'au-delà

qui se révèle dans notre monde. Donc l'action de l'allumage, je vous pose la question maintenant: est-ce qu'elle est censée être du bas vers le haut ou du haut vers le bas ? Est-ce que j'allume ma Hanoukia en allant vers le haut, en apportant un feu qui vient d'en bas pour allumer en haut, ou bien c'est un feu qui vient d'en haut que j'allume en bas ? Pas du bas vers le haut, du haut vers le bas. C'est-à-dire que l'action

dévoile quelque chose qui vient du très haut, que je fais descendre sur terre. Donc le mouvement, même le mouvement que j'ai, moi, l'homme qui allume, doit être un mouvement du haut vers le bas. Moralité: …

Cours de Machon Meir

Dans la même série

10 cours du Rav Yoël Benharrouche, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Kabbale, Histoire d'Israël, Pourim, Peuple d'Israël.

  1. 1
    Chavouot : le don de la Torah et le sens du monde
    Pourquoi la fête dépasse le souvenir du Sinaï : la Torah donne au monde une direction, grâce au peuple d'Israël.
    49 min
  2. 2
    Roch Hachana, la tête de l'année et le retour à soi
    Pourquoi Roch Hachana est un temps de pensée, de mémoire et de responsabilité collective pour le peuple d'Israël.
    20 min
  3. 3
    Hanouka : le huitième jour, lien entre l'infini et le fini
    Pourquoi les huit jours de Hanouka sont contenus dans le 25 Kislev, et ce que représentent les huit lumières.
    En cours de lecture
  4. 4
    La parasha Ki Tissa et Pourim
    40 min
  5. 5
    Pessah, passer au-dessus des lois de la nature
    Le Rav Bigon montre comment la sortie d'Égypte révèle une intervention divine au-delà de la nature, et comment transmettre ce récit aux enfants.
    14 min
  6. 6
    Le nom caché d'Hachem et la lecture de la Méguila
    Le Talmud (Méguila 25a) et le décalage entre le nom écrit et le nom lu, expliqué à partir de Pourim.
    51 min
  7. 7
    Pourim : pourquoi deux jours de fête ?
    Villes fortifiées et villages ouverts : la double date de Pourim et ce qu'elle enseigne sur l'exil et la Terre d'Israël.
    1 h 24
  8. 8
    Pourim, le dévoilement de Hachem derrière l'histoire
    Pourim révèle l'étincelle divine cachée dans les événements, à travers le mot Megilat Esther et l'enseignement du Arizal.
    55 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav