La parasha de Chemot
Rav Yossef David
Ensuite : La parasha de Hayé Sarah, 55 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Donc, paracha Chemot, on commence un nouveau livre de la Torah. On va parler un peu de ce que veut dire ce livre de Chemot, de ce dont il parle, et de ce dont parle la paracha. À partir du livre de Chemot jusqu'à la fin de la Torah, le principal héros, c'est Moshé Rabbeinu. On va voir Moshé Rabbeinu naître, on va voir de quelle manière il apparaît dans l'Histoire, et on va voir l'évolution de Moshé Rabbeinu, comment il avance jusqu'à devenir le guide du peuple.
On va voir aussi comment le peuple a évolué en Égypte. Les Bné Israël n'étaient pas mélangés aux Égyptiens. Ils étaient sur la frontière égyptienne, dans une terre qui s'appelle … C'est la terre de Gochen. Ils n'étaient pas vraiment, forcément, mélangés avec les Égyptiens. Dans ce cours, dans les paracha qui vont venir jusqu'à peu près là, on va parler pas mal d'archéologie.
Je vais vous donner des clés pour répondre aux gens qui vont vous poser des questions: comment on explique d'un point de vue historique et archéologique tout ce qu'on raconte dans la Torah. Vous imaginez bien que s'il y a des juifs, des étrangers pour les Égyptiens, qui habitent pendant deux ou quatre cents ans dans un pays, c'est forcément laissé des traces. Et parfois, il y a des historiens, des archéologues, qui vont dire que non, ce n'est pas possible, il y a ceci, il y a cela, et il va falloir savoir quoi répondre à ces gens-là.
Moi, j'avais envie de vous raconter l'histoire d'un jeune, Kevin Kippa, qui étudiait l'archéologie. Là-bas, les archéologues sont particulièrement anti-juifs, et tout ce qui est religieux, ils s'en moquent. Il n'arrêtait pas de se moquer de lui: « Ouais, si tu es pratiquant, regarde, en archéologie on voit bien que… » Il venait me voir à chaque fois qu'on se rencontrait, avec les questions qu'on lui avait posées. Et moi, je ne savais pas, alors j'allais voir l'archéologie, et je lui donnais les réponses.
Au bout de quelques années de milouïm qu'on a faites ensemble, il m'a dit: « Tu sais, si tu n'avais pas été là, j'aurais enlevé ma kippa. » Parce que les questions qu'on lui posait étaient tellement méchantes, et il n'avait tellement pas de réponses… Attends, si ça ne tient pas debout, ce qu'on écrit dans la Torah, alors dans ce cas-là, on se trompe. Donc, il faut que vous sachiez répondre, parce que vous allez rencontrer des gens comme ça dans vos vies. Et si vous avez des bonnes réponses qui tiennent debout, qui expliquent ce qu'on a trouvé ou ce qu'on n'a pas trouvé dans l'univers archéologique, alors vous saurez répondre. Bien.
Donc, on commence avec le livre de Chemot. Au début du livre de Chemot, souvent on clôt un peu le livre de Béréchit. On dit que la différence entre Béréchit et Chemot, c'est que dans Béréchit, on parle de la famille d'Israël, et dans Chemot, on va parler du peuple juif. C'est-à-dire qu'on va passer du stade de la famille à celui du peuple. Ça va se passer dans la paracha de Chemot: on va passer de soixante-dix personnes à 600 000 personnes, enfin 2 millions de personnes.
Et Béréchit nous amène le Midrash, vous savez. Il y est écrit: Vayivrou, Vayirbou, Vayichretsou, Vayirbou, Meod, Meod. Il est écrit comme ça. Et cela veut dire combien d'enfants chaque femme avait ? Six, mais six par accouchement. Mais elle n'a pas couché forcément une seule fois. Il est écrit Chichim Bekeres Ehad: dans son ventre, elle en avait six. D'accord ? Mais elle n'avait pas forcément couché une seule fois. Alors comment fait-on pour savoir combien il y avait d'enfants en moyenne ? Eh bien, disons qu'ils étaient là-bas
deux cent dix ans. Quand on est sortis, il y avait 600 000 hommes, entre vingt ans et soixante ans, sans compter les femmes. Donc disons qu'il n'y a pas beaucoup de dieux, comment peut-on dire qu'il n'y a pas beaucoup de dieux pour agrandir ? Quand même, à moitié, c'est encore des femmes, et encore tous les enfants. Donc on a facilement deux millions de personnes. Donc on a soixante-dix personnes, vous y allez deux cent dix ans plus tard, et vous avez deux millions de personnes. Forcément, vous
n'avez pas six enfants par femme, ça ne suffit pas.
Alors ça, ici, bon, uniquement sur le workshop, hein. Parce que c'est le Midrash, et il y a un cinquième, un cinquantième, ça va beaucoup plus loin encore. Je vais vous expliquer ce qu'est un Midrash. Le Rambam l'explique dans l'introduction du Moré Névoukhim. Comment étudie-t-on le Midrash ? Il y a trois sortes de personnes. Il y a ceux qui disent que le Midrash, ce sont des histoires pour enfants, ceux-là, on n'en parle pas. Il y a ceux qui croient que le Midrash, c'est exactement le Pshat, ceux-là,
ce sont des… Et la troisième catégorie, qui sait que ce n'est ni l'un ni l'autre, est très rare. Il y en a peu, comme le soleil est rare… Je ne savais pas beaucoup de gens qui sont comme ça. Ceux-là comprennent que le Midrash est une histoire qui vient nous donner un renseignement, mais qui n'est pas forcément historique. C'est important à savoir. Donc quand on parle d'un cinquième, on parle du Midrash.
Moi, je parlais du minimum, ce qui est écrit dans la Torah. Si vous voyez le nombre de personnes, à l'époque, l'humanité n'était pas très nombreuse. Ça ne faisait pas longtemps qu'on avait dépassé les quelques millions d'habitants. Donc le fait qu'il y ait deux millions de juifs, ça veut dire que le peuple juif était l'un des plus grands peuples de la Terre à l'époque. Imaginez ce qui s'est passé pour qu'il ne nous reste que ça, trois, quatre mille ans après. On n'est que… combien ? Treize millions ? Bientôt moins, parce que les assimilations, elles ne disent pas grand-chose. Vous imaginez qu'il y a beaucoup de juifs qui n'ont pas… il y a beaucoup d'assimilations, beaucoup de persécutions, et ça donne ce que ça donne.
Si vous faites le calcul, entre Yaakov et Moshé, il y a disons quatre, cinq générations. Chaque femme avait en moyenne… quarante enfants. Même pour trouver les noms, c'était dur. Vous imaginez: c'est deux cent dix ans, le nombre de générations, vous divisez, vous faites la racine, disons au maximum sept générations, vous faites la racine septième de deux cent dix… de deux mille cent, disons, pas cent dix, deux millions, deux mille cent, et vous trouvez à peu près ça. Aujourd'hui, je fais le calcul, je trouve que c'est… c'est chaud.
Donc beaucoup d'enfants, et là, qu'est-ce qui va se passer chez les Égyptiens ? Ils vont prendre peur. Et ils vont décider de ne pas laisser les juifs se reproduire, d'avoir autant d'enfants. Quelle va être la décision ? Vous pouvez le rappeler: qu'a dit Pharaon au Chemot ? Il a dit: il faut faire quelque chose contre ces juifs. D'abord, ils ont commencé par leur mettre des impôts très durs, pour leur faire …
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