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La parasha de Ki tavo

51 min

Rav Yossef David

Ensuite : La parasha de ki tétssé, 47 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Donc, paracha Ki Tavo. On est rentrés dans la paracha quand vous arrivez en Israël, et donc dans le livre de Devarim. Devarim dure en tout cinq semaines. C'est-à-dire qu'entre le moment où Moshe commence à parler dans le livre de Devarim et le moment où il meurt, il s'est passé cinq semaines. Cinq semaines, pleines d'halakhot. Moshe Rabbeinu nous donne tout ce qu'il peut nous donner avant de partir. Ces parachot sont donc très riches, non seulement en mitsvot. On va parler un peu de la paracha de Ki Tavo.

On va parler du thème de cette paracha, un thème dont on va être obligé de reparler, tellement c'est un thème important, et qui est le thème le plus difficile, vous verrez, à aborder quand vous parlez avec des gens pas religieux. Quand vous parlez avec des gens pas religieux, vous pourrez leur parler du Chabbat, ils trouveront ça sympa. La cacherout, ils diront oui, c'est très bon pour la santé de manger cacher. Ils vous diront des choses comme ça. Mais il y a une chose qui est la plus difficile à accepter pour eux: c'est le concept de l'élection d'Israël, Am Segoula, qui apparaît dans la paracha, et dire qu'on est le peuple élu. C'est ça le plus difficile à accepter. Évidemment, on va en parler, puisqu'on aime bien parler des choses difficiles.

Donc on commence par le début de la paracha de Ki Tavo. La Torah nous dit que, quand vous viendrez en Israël, vous devrez amener vos bikourim. Qu'est-ce que les bikourim ? Les prémices de la récolte. Aujourd'hui, on n'a pas de mitsva de bikourim, parce qu'on n'a pas encore de Beit Hamikdash. Mais celui qui veut, il peut. Il a un jardin. Dès qu'il se promène dans son jardin, il voit le premier arbre qui commence à sortir une fleur, un bourgeon, quelque chose qui a donné un fruit.

Il met un ruban là-bas. Ce n'est pas sur tous les fruits, c'est sur les sept fruits d'Erets Israël. Et après, le fruit qu'il a repéré là-bas, parce que vous ne pouvez plus savoir lequel c'est au bout de trois jours, car au bout de trois jours la récolte a déjà bougé... La première branche qui commence à bourgeonner, à donner un fruit, on met un ruban. Ensuite on prend, de chaque série d'arbres, ces fruits-là, et on les amène au Beit Hamikdash.

Et là, il y a toute une mitsva, c'est la mitsva de la Torah qui a le plus de détails. Vous connaissez une mitsva avec autant de versets pour l'expliquer ? « Quand vous viendrez en Israël, tu viendras devant le Cohen, tu lui amèneras, tu lui diras », et tout et tout et tout. C'est super détaillé. Vous ne voyez pas beaucoup de mitsvot qui sont détaillées comme ça. Je reprends, c'est vite fait, et là on a vraiment un enseignement très long, et je voudrais en parler. Il y a pas mal d'enseignements qu'on va tirer de cette mitsva, et pourquoi elle est détaillée comme ça.

Déjà, la terre d'Israël possède des mitsvot. La terre possède des mitsvot. Mais qu'est-ce qui est plus grand, la terre ou les mitsvot ? Vous comprenez, c'est la terre, parce qu'elle est kédoucha, parce qu'elle est sainte, qu'elle donne des mitsvot. Il est écrit mitsvot téluyot ba-aretz. Vous connaissez le terme en hébreu, mitsvot téluyot ba-aretz ? On parle de mitsvot qui sont liées à la terre. Par exemple, quelque chose qu'on lit, un mur, on l'attache à un... Là, on parle des mitsvot qui sont liées à la terre. Toutes les mitsvot ne sont pas liées à la terre. A priori, les mitsvot ne sont pas liées à la terre, d'accord ? A priori.

Mais les mitsvot qui sont liées à la terre, elles sont liées à la terre. Toutes les mitsvot de bikourim, par exemple les prémices, les térouma, les maasser, ce sont des mitsvot qui sont liées à la terre, d'accord ? On parle de ce qui est grand, de ce qui est petit, de ce qui est moins grand, et de ce qui est lié à quelque chose de grand. Vous comprenez ? Dans la halakha, il est écrit qu'on parle de mitsvot téluyot ba-aretz. On ne parle jamais de Erets téluya be-mitsvot. Vous avez compris ? Donc ça veut dire que les mitsvot sont moins importantes que la terre, puisque c'est la terre qui donne l'importance aux mitsvot. On dit des mitsvot liées à la terre, oui, on parle de ces mitsvot-là. On va parler d'autres mitsvot après.

Il y a un concept dans la halakha, qui apparaît dans la Guemara, qui apparaît dans le Chakh. Ce ne sont pas des mitsvot qui sont liées à la terre. Il y a des mitsvot qui sont liées à la terre, il y en a une centaine. Justement, on aurait pu croire que la terre d'Israël est importante parce qu'il y a plein de mitsvot. En vérité, c'est le contraire. Être ici, ça ferait partie des mitsvot, si tu veux. Mais on parle des mitsvot qui dépendent de la terre.

Par exemple, je te donne un exemple: prélever, quand il y a un champ, laisser un coin du champ que tu dois laisser pour les pauvres. On appelle ça la mitsva de pea. C'est une mitsva qui n'existe pas en Diaspora. C'est une mitsva qui est liée à la terre. Il y a donc des mitsvot qui sont liées à la terre, et des mitsvot qui ne sont pas, a priori, liées à la terre. Maintenant, ce que je veux dire, c'est que dans certaines visions du monde, du judaïsme

même, enfin pas du judaïsme authentique, ni chez les Richonim ni chez les Aharonim, il y a des gens qui s'imaginent que la terre est importante, pourquoi ? Parce qu'il y a plein de mitsvot. En vérité, c'est le contraire. Parce que la terre est importante, elle a une sainteté en soi, intrinsèque, et à cause de ça, il y a des mitsvot. Vous comprenez la différence ? Vous voyez qu'il y a deux visions du monde qui s'opposent ?

Donc, c'est-à-dire que, là, on dit mitsvot téluyot ba-aretz, des mitsvot attachées à la terre. C'est-à-dire que la terre est plus forte, c'est elle qui tient ces mitsvot-là, vous comprenez ? Vous comprenez le parallèle ? Et pourquoi y a-t-il des mitsvot qui dépendent de la terre ? Parce que la terre, en soi, il est écrit Ki Li kol ha-aretz, la terre appartient à Hachem. La terre possède une kédoucha, elle possède une sainteté. Et comme elle possède une kédoucha, il y a toutes sortes de mitsvot qui en

sortent. Je vous donne un exemple: un premier-né, chez les Juifs, a une kédoucha, une sainteté, comme tous les premiers. Donc on doit lui faire le rachat du premier-né. Quelque chose qui a une sainteté en soi, lui-même a des mitsvot qui sont liées à ça. Par exemple, un Cohen a une sainteté même s'il ne fait rien. Vous comprenez ? Donc il a beaucoup de mitsvot, et d'interdits aussi. Vous comprenez comment ça marche ? C'est quelque chose qui a une sainteté.

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