Yom Hakippourim au pluriel : Léa, Rachel et la neshama
Pourquoi le jour du Grand Pardon se dit au pluriel, et comment passer du désir de recevoir au désir de donner.
Rav Yoël Benharrouche
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Yom HaKippourim se dit toujours au pluriel. La notion Kippour n'existe pas. Dans vos Mahzorim, vous allez voir toujours Yom HaKippourim, Yom HaKippourim, Beyom HaKippourim Azeh. Ça n'existe pas: Beyom Kippourzeh. La raison, c'est que ce jour-là dévoile deux degrés. L'un qui est caché, généralement, l'autre qui est dévoilé, généralement. Le monde caché s'appelle Léa.
Le monde dévoilé s'appelle Rachel. Ces deux femmes, ces deux actrices de la Torah, sont en réalité le fondement de la maison d'Israël. C'est-à-dire qu'avec Léa et Rachel, nous avons toute la forme féminine de ce que le peuple d'Israël représente vis-à-vis d'HaKadosh Baroukh Hou. Léa est un monde caché, et c'est pour ça que, dans la Torah, Léa, ne parle pas de sa beauté. Elle ne parle que de ses yeux.
Alors que Rachel, étant donné que c'est le monde dévoilé, le monde d'en bas, la Torah va parler de sa beauté. Et elle va dire: Rachel était belle.
Alors que, concernant Léa, la Torah ne dit que Ve'einé Léa Rakot, les yeux de Léa étaient tendres. Ces deux formes féminines sont bien entendu, et vous le comprenez, des noms de code: l'une qui s'appelle Léa, l'autre qui s'appelle Rachel. À eux deux, nous avons la neshama, Léa, et le corps, Rachel. Léa est à l'intérieur de Rachel, comme une neshama à l'intérieur d'un corps.
Les sages nous disent que Léa et Rachel étaient jumelles, alors qu'elles n'étaient pas nées le même jour. Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que Léa est la grande, donc c'est la face cachée de l'homme, la face cachée de l'homme, et Rachel est à l'extérieur, c'est la face dévoilée. Lorsque cette face cachée entre à l'intérieur de cette face dévoilée, il y a un ensemble.
Et cet ensemble-là, c'est ce que nous appelons la Chekhina, la Malchout, la royauté d'Israël. Peu importe, ça a beaucoup de noms. Cette royauté d'Israël, nous avons commencé à la construire à Roch Hachana. C'est pour ça qu'au départ elle est petite, et tout doucement elle grandit. Et elle finira d'être construite à Yom HaKippourim.
Pourquoi je vous parle de ça ? Tout simplement pour vous dire que Yom HaKippourim est au pluriel. Et maintenant vous comprenez pourquoi.
Il faut que ces deux degrés féminins, qui sont des degrés de dévoilement, s'accouplent, deviennent un. C'est-à-dire que le corps Rachel soit plein de la neshama de Léa. De facto, qu'est-ce que ça veut dire pour nous ? Parce que tout ça, ce sont des symboles. Eh bien, pour nous, ça veut dire tout simplement que nous devons arriver à Yom HaKippourim en ayant changé quelque chose dans notre façon de vivre.
Généralement, nous sommes dans un désir de recevoir, et le jour de Yom HaKippourim, nous devons transformer ce désir de recevoir en désir de partager. On n'annule pas le désir de recevoir, car nous sommes des hommes et nous avons besoin de vouloir. C'est comme ça que nous existons. Le terme de nefesh, c'est vouloir. Dans la Torah, on ne dit pas imatarotze. Ça n'existe pas dans la Torah. On dit « im yesh et nafshecha »: si ton âme veut, ton nefesh veut. C'est-à-dire que le terme de nefesh veut dire volonté. Et donc il faut avoir cette volonté. C'est très important d'avoir la volonté de recevoir.
Mais la correction de cette réception, c'est de recevoir pour une idée. Pas recevoir pour soi, recevoir pour partager. Et quand vous recevez pour partager, votre réception devient de plus en plus bonne. Vous n'êtes plus les mêmes. Quelqu'un qui étudie un cours juste pour lui, eh bien, ce qu'il pourra retenir de ce cours, comprendre de ce cours, c'est pour lui. Mais si, par exemple, tu es en train d'étudier avec l'intention de redonner ce cours que tu es en train d'entendre, plus tard, à quelqu'un d'autre, ta réception, dès maintenant, sera différente.
Pourquoi ? Parce que ton intention est de faire partager. Donc tu reçois afin de donner. Immédiatement, tu changes la forme de ton intériorité, et ton kli n'est plus un kli fermé, comme un verre qui, lorsqu'il reçoit, est plein et ne peut plus recevoir. C'est comme si on t'enlevait le fond, et tu deviens un canal. Et donc tout va passer par toi, parce que tu veux justement continuer à donner aux autres, comme un tuyau. Tu avais une question ? Ça, c'est arrangé. Ken ?
D'accord. Mais à Yom HaKippourim, nous avons cette union qui nous permet de monter à l'étage du don. Tout à l'heure, j'ai parlé de Léa. Léa, c'est l'étage du don. Léa, c'est l'étage de la neshama. Ta neshama, elle est comme le lait: elle veut donner. Ton corps, il est comme la viande: il veut recevoir. Quand tu jettes un steak par terre, il ne se répand pas. Il reste en bloc.
Quand tu verses du lait par terre, il se répand. Pourquoi ? Parce que le lait, sa nature profonde, c'est le partage. Sa couleur blanche, c'est le désir de partager. Le blanc est un désir de partage. À Yom HaKippourim, tu dois t'habiller en blanc, parce que tu dois montrer que tu es là pour donner. Tu n'es plus dans la réception. Ceux qui sont morts, on les habille en blanc. Pourquoi ? Parce qu'il ne peut plus donner. D'accord ? Mais, en réalité, il ne peut plus recevoir non plus. Donc il est dans le don total, c'est-à-dire le don de soi. C'est le plus grand des dons.
Il est mort. Et donc qu'est-ce qu'on va faire au mort ? On va lui ouvrir les mains. Ok ? Un mort ne reste pas avec les mains fermées. Quand on le lave, jusqu'à 120 ans, ceux qui le lavent lui ouvrent les mains, pour montrer qu'il est là, dans le don total. Donc on lui met un vêtement qui est le vêtement du partage.
Quand tu bois quelque chose de lait, ta neshama, étant donné qu'elle est de la même racine que le lait que tu bois, elle absorbe immédiatement. Donc tu peux manger de la viande immédiatement après. Tu n'as pas besoin d'attendre. Alors que, si tu manges de la viande, étant donné qu'elle est contraire à la racine, à la source de la neshama, elle fait blocage. Donc tu dois attendre l'évacuation de cette viande, l'assimilation de cette viande: tout un système doit travailler pendant six heures pour faire passer ce degré. Puis, après seulement, tu pourras boire du lait.
Eh bien, Yom HaKippourim, c'est cette blancheur-là. Cette blancheur qui est le partage. Donc c'est le jour par excellence où on peut apprendre le plus à devenir des partageurs, et non pas seulement ceux qui veulent recevoir.
Ok ? Donc c'est une journée spéciale. Ok ? C'est la meilleure des compréhensions, l'ilmod ou le lameg. Mais c'est comme ça que tu te remplis. C'est-à-dire que, par exemple, maintenant, au moment où je vous donne le cours, c'est moi qui étudie le plus. Pourquoi ? Parce que je suis en mode de don. Tu comprends le secret ? C'est au contraire: plus je donne de ce que j'ai, plus je me remplis.
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