Pourquoi prier, si Dieu ne change pas sa volonté
Rav Kook explique que la tefila élève celui qui prie et ne modifie pas l'infini divin.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : Rav Kook : la prière qui fait remonter l'âme, 54 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Donc, on commence le deuxième chapitre, qui est la direction de la tefila et de la halakha.
Elle parle de l'« Éloïse » qui s'applique à lui selon ses modèles et sa grande liberté. Et dans cette liberté, elle découvre la vérité. Elle parle de l'Éloïse comme l'Empereur Moshe, qui est capable de changer, comme l'empereur qui est prêt à des changements, comme le Tsadik et le Nadiv qui ajoutent de la grâce, de la grâce et de la grâce à l'autorité d'un autre esprit. Et quand elle s'applique à l'Éloïse...
Ayirei, Yigvar, Mitala, Birtsona, Viretsona, Nikola, Tsmout, Avayata. C'est bon ? C'est clair ?
Donc, avant la tefila, il faut ressentir le besoin de la tefila et le plaisir de la tefila. Comment le besoin et le plaisir vont-ils de pair ? Le besoin, c'est quelque chose qui contraint. C'est-à-dire que si tu ne ressens pas le besoin de la tefila, tu ne peux pas prier comme il faut. C'est-à-dire, s'il n'y a pas un manque à combler avant la tefila.
Eh bien, la tefila est de trop. C'est comme un repas. Si tu n'as pas d'appétit, si tu n'as pas faim, ce n'est pas tellement agréable de manger quand tu n'as pas faim, quand tu es obligé de manger. C'est comme ça que dit le Kuzari: le temps qui passe d'une tefila à une autre, c'est comme le temps qui passe d'un repas à un autre. Tu as bien mangé, tu as rassasié, tu as comblé, et plus tu t'écartes de ce repas, plus la faim commence à se développer.
Elle se développe de plus en plus, jusqu'à arriver à être affamé, à avoir un besoin ardent d'aller manger. C'est pareil. Tu étais en contact direct avec Dieu, tu avais penché ton cœur, tu as permis à ton âme de s'exprimer librement, de dire ce qu'elle veut. Cette âme a réussi, finalement, à faire en sorte que ta conscience émette sur la même longueur d'onde qu'elle-même, donc elle est en extase. Et après, tu retournes à tes occupations banales,
quotidiennes, parfois idiotes. Et là, elle s'étouffe de ne pouvoir s'exprimer. Donc elle attend avec impatience. Quand est-ce qu'on prie ? D'accord ? Comme des gens qui ont faim: « Mais quand est-ce qu'on mange ? » Ils parlent beaucoup de ce repas-là: « Quand est-ce qu'on mange ? » Ça commence à gratouiller dans l'estomac. C'est pareil avec l'âme, elle ressent: « Quand est-ce qu'on prie ? » Là, on peut prier. Donc, pour pouvoir prier comme il faut, il faut ressentir le besoin de la tefila. On dirait alors: si je ne ressens pas, je ne prie pas. Non.
Organise-toi pour le ressentir. S'il y a une maladie qui fait que tu n'as pas assez d'appétit, ce n'est pas pour autant que je vais te dire d'arrêter de manger jusqu'à ce que tu aies de l'appétit, sans quoi il n'y aura plus personne pour manger, et tu seras bien mort. Donc, va te soigner pour avoir de l'appétit. Voilà, on a déjà développé ça la semaine dernière. Comment se fait-il que tu n'aies pas d'appétit, par exemple, que tu n'espères pas de manière intense la reconstruction de Jérusalem ? C'est parce que tu marches à cause de tes pompes. Ça veut dire que tu n'es pas lié au sens essentiel de la vie.
Donc, organisons-nous en conséquence pour te re-sensibiliser à ces idéaux. Cela se fait par l'intermédiaire de la Torah. Quand tu étudies la Torah, tu rencontres les idéaux divins pour lesquels tu vis dans ce monde. Mais ce n'est qu'une première rencontre intellectuelle, très souvent assez écartée de notre personnalité. Il faut ensuite réétudier, approfondir, etc. Finalement, on s'identifie à ces idéaux
et on devient ému par ces idéaux, et cela développe notre volonté de les concrétiser. C'est le processus: Ched, Regesh, Hatsan. Donc il faut le ressentir. Et si tu le ressens profondément, quand tu pries, tu arrives à une satisfaction, et toute satisfaction procure du plaisir. Ça, c'est la première chose. Deuxième chose, pour répondre à ta question, parce que tu l'as posée avec Wacha Kodesh:
Qu'il soit bien clair: la tefila n'a aucune intention de changer quoi que ce soit dans la volonté divine. Alors si c'est comme ça, à quoi bon prier ? Vous me direz: s'il n'y a de toute manière aucune possibilité de changer la volonté divine, alors pourquoi prier ? La tefila, ça ne sert à rien. Tu parles tout seul. Cause toujours, tu m'intéresses. Tu parles, tu parles, de toute façon tu ne vas pas changer la volonté divine. Évidemment que tu ne vas pas changer la volonté divine, car Dieu est infini.
Il ne peut pas y avoir de changement dans l'infini. Et d'un autre côté, je te le dis de la manière la plus sûre: la tefila agit, elle est effective, et elle change l'existence. Alors comment ça marche ? C'est ça, la question. C'est bien ? Donc, une tefila. D'abord, l'action de base, c'est de savoir. Une tefila ne veut en aucun cas changer quoi que ce soit dans la divinité.
Car la divinité est la source de toute éternité, de toute infinité. Veina begeder ishtanout. Elle ne risque en aucun cas d'être changée. Il n'y a pas plus infini que l'infini, ni moins infini que l'infini. L'infini n'est pas changeable. Ella, donc qu'est-ce qu'elle fait ? Leit allot im kolashimim ma khalim ala nefesh, va al kolor lam kulo, bemidash ha nefesh kurabo, ella ramemout elokit. C'est exactement le contraire: la tefila fait en sorte que toi, tu t'élèves vers la divinité. Qu'est-ce que cela veut dire ?
Ce sont de grands mots que de dire: moi, je m'élève dans la divinité. C'est élever ta personnalité à la hauteur des idéaux divins. Parlons de manière plus simple. Dieu envoie toujours son flux de bénédictions dans ce monde. Supposons qu'on veut que Dieu amène la guérison dans ce monde. Alors voilà: mon petit est malade, Dieu, je t'en prie, guéris-le. J'ai déjà dit ça une fois.
Et comme tu supposes qu'il est un peu sourd, tu répètes une deuxième fois, une troisième fois, une quatrième fois. Tu es un enquiquineur. Tu manques de respect. Tu es audacieux. En plus, tu supposes qu'il est un peu dur d'oreille, c'est pour ça que tu répètes autant de fois. Et plus encore: s'il a décidé que ton fils soit malade, il sait bien ce qu'il fait. Ce n'est pas toi qui vas lui donner des conseils sur quoi faire. Il y a pas mal de questions qui se posent. Alors à quoi bon lui demander qu'il guérisse mon fils ?
À vrai dire, ça marche comme ça. Dieu, de manière constante, envoie dans ce monde un flux de guérison. Après, il y a encore des malades, parce qu'il a construit son monde de cette manière: l'homme est associé à lui, il continue sa volonté. Je vais le dire de manière imagée. Supposons que Dieu, de son infini, envoie dans ce monde, par un tuyau, un flux de guérison. Ce tuyau …
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