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Roch Hachana, le jour du souvenir et la joie du jugement

Pourquoi le peuple d'Israël s'habille en blanc et mange joyeusement le jour du jugement, selon la Guemara et le Tour.

55 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Yom Hakippourim au pluriel : Léa, Rachel et la neshama, 52 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Aujourd'hui, sur Roch Hachana, nous allons étudier le jour de Roch Hachana comme étant le Yom Hazikaron, le jour du souvenir. La Guemara nous l'enseigne dans le Talmud de Jérusalem, Roch Hachana, premier chapitre, première halakha, et c'est repris aussi dans le Tour Orah Haïm, au Siman 581. Amar Rabbi Simon, (en gras).

Rabbi Simon nous enseigne et cite un verset: « Quelle nation est aussi grande, et qui a un Dieu aussi proche de cette nation ? » Comme nous avons cette chance d'avoir cette proximité, chaque fois que nous appelons notre Créateur, Il est là pour nous répondre.

Rabbi Hanina et Rabbi Yehoshua disent: « Connaissez-vous encore une autre nation qui ressemble à celle-ci ? » Magnifique expression: « qui connaît la nature, le... de son Dieu ». C'est-à-dire qu'il n'y a aucune nation au monde qui ait ce genre de relation avec le Créateur, et le peuple d'Israël connaît la Divinité et le rapport avec Elle.

Et donc, comment Rabbi Hanina et Rabbi Yehoshua vont-ils prouver ce qu'ils viennent de dire ? Eh bien, dans l'habitude du monde, lorsqu'un homme normal est appelé à être jugé, il s'habille en noir, il laisse pousser sa barbe, il s'entoure de noirceur, il ne se coupe pas les ongles, car il ne sait pas comment il va être jugé. Aval Israël einam kén, et Israël n'est pas comme cela.

Rabbi Hanina et Rabbi Yehoshua prouvent ce qu'ils sont en train de dire. Pourquoi ? Lovshim levanim: tout simplement, le peuple d'Israël s'habille en blanc le jour de Roch Hachana, le jour de son jugement. Mitatfim levanim, ils sont enveloppés de blancheur. Megalchim zekanam, ils se rasent la barbe. Umechatzim tzipornehem, et ils se coupent les ongles. Ve'ochlim ve'shotim, ils mangent et ils boivent. Vesmechim le jour de Roch Hachana, et ils sont heureux ce jour-là, alors que c'est un jour de jugement. Yod'in shehaKadosh Baroukh Hou ya'aseh lahem nes, car ils savent, ils ont conscience que le Saint, béni soit-Il, leur fera un miracle. Incroyable, cette assurance.

C'est pour cela que nous avons l'habitude d'aller nous couper les cheveux la veille de Roch Hachana et de faire beaucoup de plats pendant Roch Hachana. C'est-à-dire que la nourriture change de niveau: il y a beaucoup plus de douceur, beaucoup plus de simanim, et tout ce que nous mettons sur la table.

C'est le récit d'une relation très spéciale entre Israël et HaKadosh Baroukh Hou, à tel point que nous avons une assurance incroyable de venir le jour de notre jugement vêtus de blanc, en étant sûrs que nous sortirons quittes de ce jugement. Ve'ilu tzarichim berou, malgré tout, les paroles du Orah Haïm...

Ce n'est pas quelque chose de léger. Ce jour-là, on va décider de qui vivra et de qui ne vivra pas. Et la nature des choses aurait voulu que quoi ?

Que chaque homme, ce jour-là, normalement, soit dans une grande angoisse. Et nous voyons que le peuple d'Israël n'est pas dans cet état. C'est donc très étrange. Je répète ce que nous dit la Guemara et le Tour Orah Haïm: ils s'habillent en blanc, ils se rasent la barbe, ils se coupent les ongles.

Ils mangent, ils boivent, ils sont heureux. Alors, quelle est la nature de ce jugement ? C'est difficile à comprendre. Lo dai she'hé ein mit'anim be'Roch Hachana, normalement, on devrait même jeûner. Si c'est le jour du jugement, on jeûne pour prouver sa bonne volonté de se rapprocher de son Créateur, afin qu'Il te juge bien. Or, non seulement on ne jeûne pas,

non seulement on ne dit pas de tfilot ni de tachanounim, mais on n'a pas le droit de dire le vidouï, selon le Zohar. Il est interdit de dire « j'ai fauté, j'ai fait telle ou telle chose » le jour de Roch Hachana. Incroyable. Ve'gam lo onim ofelim alpeneihem, il n'y a donc pas de nefilat apayim. Ela'im smehim, c'est tout l'inverse: on mange, on boit, on est heureux, on chante, on s'habille en blanc.

Alors, comment fonctionne tout ce système ? Il y a donc ici une problématique, une contradiction apparente qu'il faut essayer de comprendre. Tout ce que nous venons de dire a une source, et cette source est dite dans cette fameuse Guemara. Incroyable mais vrai.

« Parce qu'ils savent que HaKadosh Baroukh Hou leur fera un miracle. » Qu'est-ce que c'est que cette expression ? Nous savons qu'il y a une interdiction de nous reposer sur le miracle. On le dit. Alors comment est-il possible ici de dire que nous savons d'une manière certaine que HaKadosh Baroukh Hou nous fera un miracle ? Qu'est-ce que cela veut dire ? C'est quoi, cette notion de miracle ?

D'abord, mi mafti achzot: qui nous assure que nous aurons ce miracle-là ? D'où le sais-tu ? Parce que tu l'as dit, et c'est réglé ? Ha'im HaKadosh Baroukh Hou ya'avor... Est-ce que HaKadosh Baroukh Hou passe outre tout ce que nous avons fait ? On n'a pas le droit de dire cela. La Guemara nous dit: kol ha'omer HaKadosh Baroukh Hou ya'avor, celui qui dit que HaKadosh Baroukh Hou passe sur tout... eh bien, on lui arrache les boyaux.

Donc, que sommes-nous obligés de dire ? Quelle est la conclusion ? Tout simplement que ce jour-là est un jour très complexe, qui a en réalité quelque chose de paradoxal en lui.

Vous connaissez le fameux verset de David HaMelech: « Hachem ori veyish'i ». Eh bien, les Hachamim nous enseignent dans la Guemara que Ori, ma lumière, haor sheli, c'est Roch Hachana. En somme, David HaMelech nous révèle un secret: Roch Hachana, c'est le jour où je reçois ma lumière. Et qui est cette lumière ? Hachem. Hachem, ori: si je reçois cette lumière, je peux avancer. Veyish'i.

Qu'est-ce que Veyish'i ? Ma yeshou'a, ma rédemption, ma Gueoula, c'est Yom HaKippourim, qui arrive déjà dix jours plus tard. Donc, selon ce psaume de David HaMelech, nous savons d'une manière certaine que le jour de Roch Hachana, nous avons quelque chose d'extraordinaire: la lumière divine apparaît à Roch Hachana.

Yom shel gilouï or ha-Elohi ba-olam azeh. Donc Roch Hachana, c'est le jour où la lumière divine éclaire ce monde. Yom shenoflim ha-massekhim ha-mavdilim bein olam azeh... le jour où tombent les écrans, les voiles qui nous séparent du divin. Tout ce qui nous cache le divin est ce jour-là enlevé. Donc je vois la lumière, je reçois la lumière d'une manière...

Voilà la nature de cette journée. Si l'homme pense qu'il peut avoir une certaine stabilité dans sa vie, une assurance dans cette existence qui passe, eh bien ce sont des mensonges.

Il ne peut pas y avoir de stabilité, chez l'homme, dans quelque chose de passager. La seule stabilité doit être elle-même éternelle. Donc nous ne pouvons pas nous reposer sur des éléments qui sont eux-mêmes passagers. Alors, sur quoi nous reposons-nous ? Toute notre vie, nous nous reposons sur des éléments qui n'ont aucun sens. La gloire, ça passe. L'argent, ça passe. Le pouvoir, ça passe.

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