Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Les idéaux les plus hauts pour faire vivre le quotidien

Pourquoi viser la grandeur est la seule voie pour donner sens aux tâches ordinaires et à la mitsva.

44 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : La grandeur d'une génération et la manière de l'enseigner, 56 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Dans le paragraphe précédent, on avait vu que la masse, les grosses foules, avaient tellement chuté qu'elle avait réussi à faire chuter avec elle ses leaders, ses dirigeants, ses hommes de lettres, ses penseurs, ses rabbins. À tel point que ces derniers considèrent que les grands idéaux, les plus hauts, n'ont pas de rapport réel avec la vie. Ça veut dire qu'ils n'y croient plus. Ils se disent: pourvu déjà qu'on réussisse à faire de la maintenance.

Éduquer le peuple à des idéaux trop hauts, aucune chance. Ils ne croient plus aux idéaux, et le pire, c'est qu'ils ne croient plus à la capacité du peuple d'Israël à s'élever à ces idéaux. Lo yamidou. Ils ne sont pas capables de croire. Donc, qu'est-ce qu'on fait ? On fait de la maintenance. Si on nous pose des questions, on répond, c'est tout. Mais essayer d'éduquer le peuple aux idéaux les plus lointains, ce n'est pas réalisable, selon leur conception des choses, qui est évidemment totalement erronée.

Donc, sur ce, dit le Rav: Om Nam, alors qu'en fait, seul le chemin qui tend vers la pensée et l'idéalisme les plus hauts est capable d'éclairer la vie, de la remplir d'éclats et de la faire ressortir

sur son fondement qui lui est adéquat, selon sa nature la plus profonde. Ça veut dire, au contraire: si tu veux renforcer la vie actuelle, il faut parler des idéaux les plus lointains. À quoi vont servir les choses, à quoi vont-elles vivre, s'il n'y a pas en cela un but, une finalité ? Par exemple, comment Hachamim ont-ils fait ? En ce moment-là, il serait… tous les jours.

Par contre, on commence. C'est exactement notre problème aujourd'hui: j'ai mal au dos, j'ai mal aux pieds, je n'ai pas de quoi manger, il n'y a pas assez de pluie, mes enfants sont malades. Il y a des problèmes, a priori, un peu plus urgents que la résurrection des morts. — Non, tu te trompes, Nisra Zan. Si tu n'aspires pas aux hachamim, alors les choses quotidiennes perdent leur sens.

Et tu n'investiras pas même pour combler les manques. Il faut toujours viser les idéaux les plus lointains. Éduquer, s'éduquer, éduquer le peuple aux idéaux les plus hauts et les plus lointains, et après cela, descendre vers les problèmes du quotidien. Tu vois ? Si on opte pour cette démarche,

alors toutes les entraves et les liens intellectuels et moraux s'ouvriront, et la vie commencera à être pleine d'éclats. Qu'est-ce que ça veut dire ? Une des raisons pour lesquelles il y a un abandon de la Torah et des mitsvot dans cette génération, c'est qu'on a l'impression que la Torah est quelque chose de ténébreux, qu'il n'y a aucune explication, aucune logique, que ça ne mène à rien, que c'est juste un tas d'ordres

qui vont dans tous les sens et qui m'étouffent. Et aussi, on a parfois l'impression que la Torah n'est pas tellement morale, qu'elle va à l'encontre de la morale naturelle. Maintenant, cette impression est fondée sur une approche superficielle de la Torah, qui est malheureusement, pour la grande majorité, la manière dont elle est enseignée. C'est de l'obéissance, la Torah. Il faut obéir à Dieu.

## La Torah comme simple obéissance

Il faut obéir à Dieu. Il a toutes sortes de caprices, il faut l'obéir. Et si tu n'obéis pas, tu te ramasseras une raclée: la crainte du châtiment. Fais ceci, fais cela, ça c'est interdit, ça c'est permis. Et il y a des millions et des millions de directives dans l'halakha. Mais si on n'est pas du tout enthousiasmé par la finalité de toutes ces directives, à quoi ça mène ? Quel est le but de tout cela ?

On est assailli de toutes sortes de directives qui nous paraissent un peu étouffantes. On ne comprend pas à quoi ça sert, et en plus, comme on l'a dit, ça a l'air d'aller à l'encontre de la morale. Alors on étouffe et on laisse tout tomber. Voilà ce qui s'est passé, entre autres, dans cette génération. Mais si on opte pour cette démarche, celle qu'il développe depuis déjà quelques paragraphes, de tout expliquer, de montrer

en quoi la Torah aspire aux idéaux les plus grandioses. Toutes les propositions d'idéaux qu'on trouve dans l'humanité aujourd'hui ne sont que des bribes de pensée, relativement au système global de la Torah, qui, lui, tend à résoudre tous les problèmes de l'humanité et à amener l'humanité au bonheur le plus intense. Et tout cela, ce n'est pas balbutier toutes sortes de mots en l'air. Ça doit être développé, compris,

pour convaincre les gens. Et pour cela, il y a toute une étude qui doit se faire. Ça s'appelle l'émouna. Seulement, lorsqu'on opte pour cette démarche, alors tous ces liens, ce qui est dit dans les monotes, intellectuels et moraux, se brisent. On avait l'impression d'être emprisonné dans une religion étouffante, et voilà que tout d'un coup on respire des cimes les plus hautes, de l'air frais.

On se rend compte que dans la Torah il y a la morale plus haute, les idéaux les plus grandioses. Et alors on en arrive à la concrétisation du pesou, la voie de l'allégresse dans l'attente des tsadikim. C'est-à-dire qu'on ne peut pas envisager qu'un tsadik, celui qui accomplit la Torah, se trouve dans la détresse,

dans la tristesse. Et si c'est le cas, ça prouve tout simplement qu'il n'est pas dans la bonne voie de la Torah. Ça prouve qu'il fait la Torah de manière artificielle, parce qu'il est effroyé, effrayé de la menace divine. Il y a un Dieu dans le ciel qui est menaçant, étranger à nous, qui tient sa matraque, et si tu ne fais pas ce qu'il demande, il frappe. Ça, c'est de soi bichère.

## Une image de Dieu déformée

Bonsoir. C'est une approche qui propose une sale ceinture. Vous connaissez les papas qui donnent des coups de ceinture ? Il y en a qui pensent que Dieu est pareil: un saint type, nerveux, capricieux. C'est comme ça qu'il est décrit dans la quasi-totalité des religions, sachez-le. Par exemple, dans le monde arabe: Allahou Akbar. Dieu est grand et puissant, il faut se soumettre à sa force. Bidat ad-din.

Il faut savoir qu'une fausse compréhension du dévoilement divin, ce n'est pas un problème théologique. Tu n'auras pas une bonne note à ton examen. Ça fait que tu vas forger ta personnalité à l'image de Dieu. Si Dieu est fort, puissant, menaçant et capricieux, tu ne vas pas être plus royaliste que le roi. Toi aussi tu seras pareil, au nom de Dieu, et tu ne te sentiras même pas coupable.

Voilà: la moindre déviation, la réaction est rude.

Si un enfant vole un pain, on lui coupe la main, aucun problème. C'est toute une ambiance de terrorisme, mais parce que Dieu est terroriste selon leur compréhension. C'est un terroriste. Donc on forge notre personnalité à l'image de Dieu. Les Arabes, ça ne nous intéresse pas tellement pour l'instant, ce qui nous intéresse, ce sont les juifs. Et bien, les juifs aussi. Si eux considèrent que Dieu est quelqu'un qui …

Cours de Machon Meir

Dans la même série

28 cours du Rav Yossef Benshoushan, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Rav Kook, Pensée juive, Histoire d'Israël, Erets Israël, Émouna.

  1. 12
    Le cheminement des idées en Israël selon le Rav Kook
    Comment le Rav Kook explique le retour du peuple juif sur sa terre comme la fin d'une expiation, et la place d'Israël dans le progrès du monde.
    41 min
  2. 13
    Orot du Rav Kook, page 18 : Israël, louange du Créateur
    Le rôle d'Israël est de chanter la grandeur divine, et l'amour du Créateur pour sa création, par la figure de la gvoura.
    49 min
  3. 14
    Éradiquer le mal : retirer les étincelles des écorces
    Deux voies face au mal (kovets et yachar) et pourquoi la seconde est l'idéal, à la lumière d'Orot.
    51 min
  4. 15
    La force du peuple d'Israël dans la pensée du Rav Kook
    Le Rav Kook relie la mission d'Israël au monde entier et à la purification de la para adouma.
    54 min
  5. 16
    Les idéaux les plus hauts pour faire vivre le quotidien
    Pourquoi viser la grandeur est la seule voie pour donner sens aux tâches ordinaires et à la mitsva.
    En cours de lecture
  6. 17
    La grandeur d'une génération et la manière de l'enseigner
    Pourquoi commencer par les finalités de la Torah avant d'en enseigner les détails, et comment convaincre par l'intellect comme par le cœur.
    56 min
  7. 18
    Israël, une terre de vitalité selon le Rav Kook
    Comment la galout et le retour sur la terre révèlent la mission universelle du peuple d'Israël.
    54 min
  8. 19
    L'air d'Erets Israël et la sagesse divine selon Orot
    Comment l'air de la Terre d'Israël ramène les générations et ouvre la voie du progrès moral.
    59 min
  9. 20
    L'aspiration du peuple d'Israël au tikkoun du monde
    Comment Israël porte le tikkoun du monde entier, par la justice, la bonté et la vie concrète de la communauté.
    51 min
  10. 21
    Le juif moderne face au paradoxe de la grandeur et de l'émouna
    Pourquoi le mal de l'époque est dans la tête et non dans le cœur, selon la pensée du Rav Kook.
    53 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav