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Rav Kook : la génération du retour et les idéaux

Pourquoi l'idéal précède le concret, et comment la génération de la Techouva doit rêver Yerouchalayim plutôt que survivre.

1 h 03

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : La sainteté, essence du peuple d'Israël selon le Rav Kook, 54 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Concernant le passage « triage El Hachabat, Levavot, El Baniv, El Abanim, El Avotam », le rapprochement des cœurs des parents avec ceux des enfants concerne la génération qui a maintenu la tradition et celle qui l'a abandonnée. On expliquait qu'il fallait tout expliquer et ne pas compter seulement sur une soumission aux autorités, car la génération n'est plus capable de se soumettre aux autorités.

Ce qu'elle comprend, elle s'y adonne corps et âme. Ce qu'elle ne comprend pas, elle s'en détourne. Il faut donc tout expliquer. Mais après avoir dit qu'il faut tout expliquer, il fait une certaine restriction, sachant que tout n'est pas explicable dans la Torah. Il y a des choses tellement hautes qu'on n'est pas à même de les concevoir avec notre petite intelligence. Il est écrit ainsi: Aïdéalim, ayuternisséim, les idéaux les plus hauts.

C'est ce que tu m'as montré, c'est bon ? C'est ce que tu m'as dit, non ? Ce n'est pas ce que tu m'as dit ? Bien. « Va mitromim et tenket », qui s'élève à l'infini. Adotwa makom she'eina dam mita'ashechet: regarde dans le texte, jusqu'à l'endroit où l'œil de l'homme perd sa vue. C'est-à-dire qu'il y a des choses si hautes que cela devient trouble à nos yeux. « Véina dibur vayigayon, sho les cham mikro beshem prati »: la parole, la logique humaine n'a aucune emprise pour déterminer, et pour donner un nom.

Donner un nom à un thème, c'est le définir. C'est toute la science de la terminologie. Quand tu es capable de donner un terme adéquat à un thème, cela prouve que tu l'as compris, que tu sais le définir. Il y a des choses si hautes qu'elles deviennent imperceptibles à l'intelligence humaine, de sorte qu'on n'est pas capable de mettre des noms sur ces thèmes, tellement c'est trouble à nos yeux. Ce n'est pas que les sujets soient troubles. Les sujets sont très clairs, mais notre capacité intellectuelle n'est pas à même de les comprendre.

Dans cette sphère, on ne peut donc se reposer que sur le fait qu'on sait qu'on a affaire à la vérité absolue. La Torah est la vérité absolue, sans aucune possibilité de rabaisser le sujet et de le désigner par une valeur quelconque, bien définie. Alkani karei behemet, vechem yitromoud goumoura. On appelle cela une élévation parfaite, ami tnaset aderad, qui s'élève vers l'infini. Vechem retson Hachem: on appelle cela tout simplement la volonté de Dieu, ou bien Avodat Hachem, le service de Dieu.

Qu'est-ce que cela veut dire ? De manière générale, tout ce qu'on fait, on le fait parce que c'est Dieu qui l'a voulu, tout simplement. C'est la raison essentielle: faire en sorte que notre volonté soit identique à la volonté de Dieu. C'est la raison la plus convaincante, avant tout et avant tout. C'est Dieu qui l'a voulu, on le fait.

Avec cela, on te conseille, tant que c'est possible, de comprendre. C'est ce que dit le Rambam: tout ce que tu peux rapprocher de ton intelligence, rapproche-le. Parce que tu es un être intelligent, intellectuel, pour que tu puisses t'approcher parfaitement des préceptes de la Torah, il vaut mieux que tu les comprennes. Tu les accompliras avec beaucoup plus d'enthousiasme, plus de motivation, plus de stimulation. Mais avant d'en arriver là, dit le Rambam, il ne faut pas se dire: quelque chose dont tu ne trouveras pas la raison, il ne faut pas se dire que c'est bizarre et donc laisser tomber. C'est par ta faiblesse intellectuelle que tu n'es pas arrivé à le comprendre, ce n'est pas parce que c'est trouble.

Il ne faut pas en conclure qu'il n'y a rien à comprendre. Il faut d'abord faire simplement parce que c'est la volonté de Dieu. Cela ne diminue pas la valeur de l'effort de comprendre. Au contraire, tu veux comprendre la grandeur de Dieu qui est en cela. Si tu fais cela de manière conditionnelle, c'est un autre niveau: « Cette mitsva me plaît bien parce qu'elle noue des liens amicaux entre les gens, je l'aime bien, je la fais. » Ou bien: « Enterrer quelqu'un, ce n'est pas tellement sympa, ce n'est pas pour moi. » Alors ce n'est plus Avodat Hachem, c'est Avodat hatsmi'kra, tu te sers toi-même.

On accomplit donc toutes les mitsvot de toute manière. On les comprend, on ne les conclut pas selon ce qui nous plaît. Qu'elles soient sympathiques ou non, il y a des mitsvot qui ne sont pas tellement sympathiques. Aller en guerre, par exemple, ce n'est pas tellement sympa: tu risques de tuer, ou pire, de te faire tuer. Mais on le fait avec plus de motivation. Comme l'exemple que je donne toujours: ce qui te nourrit quand tu manges, ce n'est pas le goût de la nourriture, mais l'élément nutritif qu'il y a dans la nourriture. Que tu le goûtes ou non, cela te nourrit de toute manière. Salé ou pas salé, sucré ou pas sucré, agréable ou non agréable, cela nourrit de toute manière.

Alors, si déjà, pour mieux manger, avec plus d'appétit, et donc probablement avec une meilleure digestion aussi, il y a en cela un bon goût, ce n'est pas par hasard que Dieu nous a donné un palais pour déceler les goûts. Donc, quand on dit Taamei hamitsvot, qu'on traduit mal par « les raisons des mitsvot », il s'agit en fait des goûts des mitsvot, c'est-à-dire que ce soit appétissant. Et les mitsvot sont bien au-delà de tout goût humain, de toute compréhension humaine, de toute explication psychologique. Les mitsvot appartiennent à un ordre céleste, un ordre divin. Elles ne viennent pas combler un problème ni résoudre un problème psychologique.

On peut dire: tiens, une certaine suggestion mentale, tu fais cette mitsva et hop, tu vas guérir. Oui, c'est possible, mais ce n'est qu'un effet secondaire. Ce n'est pas la raison essentielle de la mitsva. Et les hinot, les zivashrena: c'est d'avoir… Zivashrena, c'est la proximité de Dieu qui te comble de bonheur. Évidemment, tu peux avoir la proximité de Dieu au niveau de l'intellect, au niveau du sentiment.

Par exemple, parfois tu ne comprends pas vraiment ce qui se passe dans la tête de ton papa, mais tu l'aimes quand même, et sa proximité te comble de bonheur. Une des antennes de ta personnalité pour percevoir l'existence, c'est ton intellect. Mais il y a d'autres antennes. C'est clair ? Évidemment, il faut chercher, il faut s'efforcer au maximum. Il l'a développé en long et en large.

Et spécifiquement dans cette génération, les talmidei hakhamim doivent se creuser la cervelle pour être à même d'expliquer toute la Torah dans le langage conceptuel de la génération. Il faut évidemment le faire. Mais il ne faut pas être extrémiste en disant: je suis capable de tout expliquer. Non, on n'est pas capable de tout expliquer. Il y a certaines choses qu'on n'est pas capable d'expliquer, et malgré tout, on les fait avec fidélité et sérieux, parce qu'on a une confiance totale en la Torah et en Dieu.

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