La grandeur d'une génération et la manière de l'enseigner
Pourquoi commencer par les finalités de la Torah avant d'en enseigner les détails, et comment convaincre par l'intellect comme par le cœur.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : Israël, une terre de vitalité selon le Rav Kook, 54 min
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On n'a pas arrêté de dire qu'il y a une grande génération, une âme extraordinaire, avec un potentiel extraordinaire, etc. Il va expliquer. Donc une grande génération, avec un grand esprit, désire, elle est obligée de désirer dans tout ce qui se tourne, d'écouter de grandes choses.
Alors, qu'est-ce que ça veut dire de grande chose ? Il explique. Ikar gadol shelavarim. Quand on parle de grandeur, de quoi s'agit-il ? Essentiellement, chiyou mesuyamim oumevourarim: que les thèmes qu'on enseigne soient bien définis, bien clarifiés. Il y a des gens qui ont tendance à penser que dire une Torah, c'est enchaîner de manière totalement fortuite toutes sortes de sources de la Bible, du Talmud,
et sans rien expliquer. En vrai, ça n'explique rien. Parce qu'on a un quart d'entre mille, il faut dire des drachot de la Torah. Et le fait même de sortir de ta bouche toutes sortes de paroles saintes fait émaner une énergie positive qui purifie le monde, mais ils n'ont rien enseigné. La Torah, c'est au moins, le moins qu'on puisse dire, aussi important que le Chol. Il ne viendrait pas à l'esprit
qu'un prof de maths rentre dans une salle de classe et dise n'importe quoi. Il a un thème à enseigner bien défini: il y a un début, il y a un développement, il y a une conclusion. Et aujourd'hui on va apprendre, par exemple, comment résoudre une équation à deux inconnues. C'est le sujet. Donc on sait exactement comment on fait, à quoi ça sert, d'où ça provient, où ça mène, etc. Le sujet est bien défini. Eh bien, la Torah
doit être enseignée exactement de la même manière. Au moins de la même manière. C'est clair ? Il ne suffit pas de dire: c'est très bien, il faut être modeste, et la gavasse, ce n'est pas bien. Il répète, il fera la même chose sous plusieurs formes, il essaie d'enthousiasmer les cœurs et d'être modeste. Mais tu n'as pas expliqué ce qu'est la modestie ? Qu'est-ce que ça comprend ? Qu'est-ce que ça exclut ? Qu'est-ce qui ressemble à la modestie et qui n'est pas la modestie ? Faire attention aux homonymes, faire attention à toutes sortes de
falsifications du thème. Il faut les exclure. Une définition ? D'accord ? C'est ce qu'il dit: si vous me souhiamim, vous me vouarim. Il me coûte l'âme, rohvam vekefam: dans toute leur largeur, dans toute leur profondeur, c'est-à-dire expliquer tous les aspects du thème. Mais non, ça, c'est un premier point. Deuxièmement, là il donne des directives opératives sur le thème des hachamim de la génération: comment enseigner la Torah. Deuxièmement, amatarot ayotter p'nimiot.
Ça va, tu vas ? Les objectifs les plus profonds. Donc tout l'enchaînement de la vie morale, religieuse, nationale et tout ce qui en dépend est lié à elle. C'est-à-dire qu'il y a d'abord et avant tout les objectifs, les finalités. De là dérivent toutes sortes de directives:
comment accéder à ces vérités, comment concrétiser ces objectifs, qui sont la halakha dans tous les plus petits détails. Donc d'abord et avant tout, il faut décider une bonne fois pour toutes quelles sont les finalités de la Torah. Qu'est-ce que la Torah attend de ce monde ? Quel est le rôle de la Torah ? À quoi tout cela mène ? C'est la première chose qu'il faut éclairer, clarifier dans ton enseignement. Et quand tu rencontres un public, à plus forte raison un public qui est
écarté de la Torah, qui ne connaît pas la Torah, qui n'a pas grandi dans la Torah: ne te trompe pas, ne commence pas à enseigner les détails de la Torah. Ne commence pas à enseigner le Roch Chabbat, et à plus forte raison les détails du Roch Chabbat, dans les plus petits détails, les plus minutieux: tu es complètement à côté de la plaque. Ce n'est pas ce qu'il faut enseigner. Il faut d'abord leur enseigner quel est l'objectif général de la Torah. Quel est l'idéal de la Torah ? À quoi tout cela mène ?
Une fois que tu auras réussi à leur ancrer ça dans le crâne, et qu'ils seront enthousiasmés par l'idéal grandiose de la Torah, ils voudront dire: maintenant, vous allez nous expliquer comment on arrive à cette finalité. Et ça, c'est toute la sagesse de la halakha, qui vient fragmenter l'idéal en petites mesures, en directives minutieuses, qui, sans elles, évidemment, n'arriveront jamais à l'idéal.
Il ne faut pas tomber dans un autre extrémisme: penser qu'en enseignant seulement l'idéal, c'est comme ça qu'on va changer les choses. Ça, les Goyim savent très bien le faire aussi. Les philosophes en ont tartiné ! En veux-tu en voilà, des idéaux. Ils n'ont pas réussi à améliorer l'humanité d'un demi-centimètre. Et ainsi les autres religions. La Torah, non seulement elle a des idéaux bien plus grandioses que toutes les autres idéologies, pourrait-on dire,
mais elle nous apprend aussi comment accéder à ces idéaux. Comment faire entrer l'humanité en mouvement, de manière qu'elle arrive un beau jour à concrétiser ses idéaux. C'est la halakha.
— J'ai pas compris, répète. La réduction... est-ce qu'on peut éviter que ça s'évite ?
Il faut le rafraîchir tout le temps, sinon il s'estompe. Évidemment. Évidemment. Le réétudier, réétudier, réétudier, réétudier. C'est-à-dire que si tu te laisses aller toute ta vie dans métro, boulot, dodo,
la vie est bien grise. Tu te demandes certainement: à quoi ça sert, ce que je suis en train de faire là ? C'est être dit à la vie en tant que telle. C'est-à-dire qu'on la voit dans son aspect, euh, pragmatique. C'est un gros gag qui ne mène à rien. Vraiment un gros gag qui ne mène à rien. As-tu déjà essayé une fois de parcourir ton itinéraire de vie avec du recul ? Jamais tu ne t'es rendu compte ? Eh bien voilà, tu grandis. Au début tu étais petit et tu faisais dans la culotte. Après tu as appris à être propre. Après tu as appris à marcher.
Après tu vas à l'école, quelle galère. Et les maths, on se prend la tête, et l'histoire, la géographie, etc. Et après vient l'âge où tu dois chercher une femme. Ça, c'est la grosse galère. Jusqu'à ce que tu trouves la bonne. Et une fois que tu as trouvé la bonne, et que tu as fait la fête, tu crois que voilà, tu es arrivé à la poteuse, c'est là que commence la véritable vie. C'est de savoir se musérer aux problèmes qu'on te donne dans la vie, s'accommoder l'un à l'autre: là commence la véritable galère. Et après, la fille optimiste, elle peut le rentrer dedans.
Et après, voilà, bon, Hachem, ah mince, il n'y a pas de gosse. On attend. Le problème, toi, on le fait finir, il y a un gosse. Et après, il faut le faire grandir, etc., et l'amener, lui aussi, à sa communion, comme on dit en France. Et après, le pousser pour qu'il fasse son bac, parce que c'est un fainéant. Après, il faut le pousser pour qu'il fasse des études, etc., etc. …
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