Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Le juif moderne face au paradoxe de la grandeur et de l'émouna

Pourquoi le mal de l'époque est dans la tête et non dans le cœur, selon la pensée du Rav Kook.

53 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : Israël, centre du monde et témoin du divin selon le Rav Kook, 50 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Les symptômes, c'est qu'il y a des éléments contradictoires dans sa personnalité. D'un côté, il a des mouvements de grandeur, de noblesse, etc. D'un autre côté, il est très mal en point du point de vue religieux. Une recherche de la justice: il s'enrôle dans une sorte d'idéologie, il est prêt à donner sa vie. Et même ici, en Erets Israël, il s'enrôle dans le sionisme, il est prêt à donner sa vie pour l'État d'Israël, pour le peuple d'Israël, pour l'État d'Israël.

Ce n'est pas nul. Ce n'est pas un salaud, au contraire. C'est un grand homme. Mais d'un autre côté, du point de vue de la religiosité, il est en dessous de tout. Il faut donc analyser son véritable caractère pour pouvoir lui venir en aide. Là, on n'a pas fait les… Il faut applaudir avant de commencer le cours. D'habitude, on applaudit en fin de cours. Voilà ce qu'on a vu jusqu'à présent. Contrairement aux autres générations, qui lancent…

Et donc, cette génération n'est plus capable d'être nourrie

par des messages bas. Elle aspire à un enseignement très, très élevé. Or, de manière générale, ce n'est pas l'ordre. On ne commence pas par des choses élevées, on commence par des choses basiques. Les Sages nous ont enseigné qu'on n'entre pas dans le monde des idéaux, de la Kabbale, avant d'avoir établi des fondations au niveau des midot, de la halakha, etc. Mais si l'on sentait qu'on allait dans cette démarche, ils ne viendraient pas. Donc montrons-leur

la porte de Yerouchalaïm d'en haut. De manière générale, on ne rentre pas dans Yerouchalaïm d'en haut, mais dans Yerouchalaïm d'en bas. Ici, cela sort de l'ordinaire, on n'a pas le choix. Donc, on va leur montrer comment pénétrer les idéaux les plus profonds de la Torah, les grandes lignes du judaïsme. Après, on verra comment eux-mêmes chercheront à remettre les fondations. Donc, on est à la page 2, numéro 1. Vous êtes avec moi ? Il y a des numéros, mais non, c'est facile.

Montrons-lui le chemin, montrons-lui la porte de la ville, pour qu'il puisse s'y retrouver. Faisons savoir à cette génération qu'elle trouvera tout ce qu'elle recherche précisément dans les frontières d'Israël. Pas besoin d'aller brouter dans les champs des étrangers, c'est-à-dire de se meubler dans toutes sortes d'idéologies étrangères.

Ces véritables idéaux, il faut les trouver au sein même du judaïsme. Il rapporte donc deux ou trois versets (psoukim) de Chir HaChirim dans ce sens. « Anagachah aviyachal betimit lamedeni ». Je te conduirai, je t'emmènerai à la maison de ma mère, c'est-à-dire, je te ramène au Bercail. « Ashikramayin rekach », de ta breuve de vin. Le vin est un symbole de la Torah, de la Kabbale. Ça, c'est la première chose. Deuxième chose.

Hachem, Hachem. En aucun cas nous ne devrions lui spolier toute la lumière et tout le bien qu'il a acquis. Il y a, de manière générale, une démarche de gens qui font faire techouva aux autres: ils leur disent que tout ce qu'ils ont fait jusqu'à présent était complètement nul, « vanité des vanités », tournons la page et tu commences une nouvelle vie.

C'est une grosse erreur, dit le Rav. Ces gens-là se sont investis dans énormément de choses positives. Donc on n'a qu'un seul cas: mettre de côté les éléments positifs qu'ils ont acquis. Pour deux raisons. Première raison: c'est la vérité, tout ce qui est positif est divin, donc il n'y a encore aucune raison d'écarter cela. Deuxième raison, tactique: si quelqu'un est profondément convaincu que ce qu'il fait est bien, et que tu lui dis que c'est complètement nul, il te plante là, il s'en va. C'est clair ?

Donc, en aucun cas, il ne faut spolier tout le bien qu'il a acquis. Ce qu'il nous reste à faire, c'est d'ajouter à leurs idéaux. L'idéal que tu détiens est très bien. Je vais te montrer qu'on peut l'agrandir, cet idéal. Comment l'agrandir ? En prenant sa source dans la Torah: cet idéal figure aussi, mais de manière bien plus large, plus élaborée, plus minutieuse, avec une possibilité de…

d'appliquer cela dans la vie concrète. Voilà, c'est là qu'on en était. La grande maladie redoutable de nos générations ne se situe ni dans le cœur, ni dans nos sentiments, ni dans nos envies, ni dans la débauche, comme le prétendent beaucoup de rabbins.

Ceux qui disent que c'est une génération nulle, qui se laisse aller à tous ces penchants animaux, etc. Donc tout ce discours habituel, le Rav Kook en fait la négation totale. Ce n'est pas la source de sa maladie. Il ne s'agit pas de gens qui cherchent à faire le mal avec leurs mains, ni à courir au mal avec leurs pieds. Bien sûr, tous ces phénomènes existent, mais ils ne sont pas la cause.

Ils ne sont que des effets secondaires de la maladie. Il y a Sod sur la Mahala, le fondement de la maladie, ou Amoah, c'est la tête. Le problème est dans la tête. Le problème est conceptuel. Ce n'est pas une question de faiblesse. Ce ne sont pas des gens incapables de se contenir et de surmonter leurs tendances vives et leurs penchants. Il n'y a qu'à voir que, pour certains idéaux auxquels ils croient, ils sont prêts à tout sacrifier.

Ce ne sont donc pas des gens faibles. Ce sont des gens qui, par principe, repoussent la Torah. Pas par faiblesse. On va comprendre pourquoi, par principe, ils repoussent la Torah. C'est donc un problème conceptuel, pas un problème émotionnel.

— Moi, j'ai l'impression de reprendre le problème de la religion.

— En quel sens ?

— Alors, en commentaire, je me fais de… de repousser par principe. Je fais des négations, si tu peux le dire, pour…

— Continue, continue. Tu es dans le bon sens.

Ce n'est pas loin de ce que le Rav Kook explique dans Orot Israël.

La métaphore qu'on rencontre dans Maassé Béréchit, que Dieu a scindé l'homme de la femme, a nesira. Ils étaient unis de manière naturelle, dos à dos, c'est une métaphore évidemment. C'est-à-dire qu'ils n'ont rien fait pour s'unir, ils sont nés ainsi. À un moment, Dieu les disloque. Pourquoi les disloquer ? Pour qu'ils se retrouvent. Mais comment les disloquer s'ils étaient déjà ensemble ? Oui, mais jusque-là, c'était bekfia.

C'est Dieu qui les a obligés à être comme cela, c'est Dieu qui les a créés ainsi. Ce n'était pas un choix libre. Tu comprends ? Donc Dieu veut qu'ils arrivent à un choix de leur propre liberté, à se retrouver l'un l'autre. Alors il dit qu'en fait c'est une métaphore de ce qui devrait arriver entre le peuple d'Israël et le Saint, béni soit-Il. Il y a un moment où il y a kiphiat har kikipa, Chavouot. On reçoit la Torah avec une montagne sur la tête: ou vous recevez la Torah, ou vous êtes enterrés vifs. On n'a pas le choix. Donc on accepte.

Il faut arriver à un moment où il y a une déchirure. On s'écarte totalement de Dieu. Par principe. Pas par faiblesse. Le jour où je reviendrai vers Dieu, ce sera …

Cours de Machon Meir

Dans la même série

28 cours du Rav Yossef Benshoushan, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Rav Kook, Pensée juive, Histoire d'Israël, Erets Israël, Émouna.

  1. 17
    La grandeur d'une génération et la manière de l'enseigner
    Pourquoi commencer par les finalités de la Torah avant d'en enseigner les détails, et comment convaincre par l'intellect comme par le cœur.
    56 min
  2. 18
    Israël, une terre de vitalité selon le Rav Kook
    Comment la galout et le retour sur la terre révèlent la mission universelle du peuple d'Israël.
    54 min
  3. 19
    L'air d'Erets Israël et la sagesse divine selon Orot
    Comment l'air de la Terre d'Israël ramène les générations et ouvre la voie du progrès moral.
    59 min
  4. 20
    L'aspiration du peuple d'Israël au tikkoun du monde
    Comment Israël porte le tikkoun du monde entier, par la justice, la bonté et la vie concrète de la communauté.
    51 min
  5. 21
    Le juif moderne face au paradoxe de la grandeur et de l'émouna
    Pourquoi le mal de l'époque est dans la tête et non dans le cœur, selon la pensée du Rav Kook.
    En cours de lecture
  6. 22
    Israël, centre du monde et témoin du divin selon le Rav Kook
    Le rôle d'Israël : porter la connaissance de Hachem au monde entier, et réparer la faute par la pureté et la vie.
    50 min
  7. 23
    Rav Kook : la génération du retour et les idéaux
    Pourquoi l'idéal précède le concret, et comment la génération de la Techouva doit rêver Yerouchalayim plutôt que survivre.
    1 h 03
  8. 24
    La sainteté, essence du peuple d'Israël selon le Rav Kook
    Le cœur de l'âme d'Israël est une source de kedoucha, qui s'exprime dans la justice et la vie concrète.
    54 min
  9. 25
    Le vol, la Torah et la nature humaine selon le midrash
    Pourquoi les peuples refusent la Torah : le midrash d'Edom, Moav et Ichmaël, et la question de la nature.
    57 min
  10. 26
    La guerre dans la pensée du Rav Kook
    Pourquoi la Grande Guerre annonce la moisson des tyrans et l'aube d'une nouvelle ère pour l'humanité.
    57 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav