La parasha Ki Tissa et Pourim
Rav Yossef David
Ensuite : Pessah, passer au-dessus des lois de la nature, 14 min
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Donc on se retrouve dans la semaine de Pourim. On va prendre plusieurs choses qui sont liées, dans la paracha de Ki Tissa, et dire quelques mots sur Pourim. La paracha de Ki Tissa commence, et ce n'est pas un hasard, par le don des Chekalim. Vous savez qu'il y a un rapport avec Pourim, puisqu'à l'époque de Pourim, Haman est allé voir le roi Ahashverosh et lui a dit: voilà, moi je te donne tant d'argent, et toi tu me donnes la tête des Juifs.
Ahashverosh était un goy antisémite, un goy normal, mais ce n'était pas un Amalékite. La différence entre un goy français ou allemand, et un goy amalékite, c'est qu'un goy français aime bien faire des pogroms, mais il ne veut pas exterminer tous les Juifs de la terre. Pour vouloir exterminer tous les Juifs, il faut être Amalek. Que ce soit en Iran, où l'on a des gens qui parlent comme ça, en disant qu'il faut détruire tous les Juifs de la terre, qu'il faut tous les tuer. Évidemment, tous les Iraniens ne pensent pas comme eux, mais dans la direction de l'Iran, on voit des gens qui parlent comme Amalek. Dans le Hamas aussi, et peut-être même dans le Fatah.
Haman a donc apporté de l'argent à Ahashverosh pour le convaincre de faire son projet. Sans l'argent, il ne l'aurait pas accepté. L'argent n'est pas sans effet, et c'est pratique dans les ententes. Mais si on apporte suffisamment d'argent, ça peut valoir le coup.
La paracha de Ki Tissa tombe avant Pourim, et on lit le début de la paracha à l'époque du Rosh Hodesh Adar, la semaine de Rosh Hodesh Adar. On va donc parler des Israélites qui apportent des Chekalim, pour répondre au Chekel de Haman. D'accord ? Tout cela a un rapport.
Maintenant, on va dire quelques mots sur le Chekel de Haman, le Chekel de la paracha, et en même temps expliquer quelque chose de profond qui a un rapport avec Pourim. Dans le Machatsit HaChekel, l'important, c'est que tout le monde apporte la même chose. Ce n'est pas le cas pour tout. Par exemple, quelqu'un qui apporte des korbanot apporte selon ses moyens: s'il est riche, il apporte ceci, s'il est pauvre, il apporte cela, s'il est très pauvre, il apporte juste un peu de farine. Quand quelqu'un apporte un don au Beit HaMikdach, en général, selon ses moyens, il n'apporte pas tous la même chose. Et parfois on apporte la même chose, mais souvent c'est selon les moyens. Là, justement, avec le Machatsit HaChekel, c'est pareil pour tout le monde. Il y a donc quelque chose d'important qui se cache derrière.
Il y a aussi quelque chose d'étrange, que le Midrash nous dit: (un nom, mal transcrit) ne comprenait pas l'histoire du Machatsit HaChekel, du Chekel HaKodech, tout cela. Il a montré une pièce de monnaie dans le ciel, et là, il a compris. Alors qu'a priori ce n'est pas compliqué: il faut une pièce de monnaie qui pèse tant et qui coûte tant. Chaque famille dit: ils sont quatre, alors j'en amène deux. Et s'ils sont cinq, ils vont avec la famille d'à côté et j'en amène dix. Ça se ressemble, ce n'est pas compliqué, d'accord ? A priori. Et pourtant, il y a quelque chose de difficile là-dedans.
Ce qu'on raconte, c'est que dans le ciel, on a dessiné comme ceci: la moitié d'un chekel en bronze, enfin en argent, puisqu'ils sont en argent, je le connais, et l'autre moitié en feu. D'accord ? C'est le dessin qu'on a dans le ciel. Bon, on est content, mais cela n'éclaire pas beaucoup. Donc on va essayer d'expliquer un peu ce qu'est l'histoire du Machatsit HaChekel, et pourquoi ils doivent tous être identiques.
Cela a un rapport avec un secret dont on parle à Pourim, mais en fait on ne le dit pas, parce qu'il est très dangereux. Il est écrit dans la Guemara que celui qui commence à boire, le monde lui ressemble comme un plan. Le Maharal explique: qu'est-ce que c'est, comme un plan ? Il y a deux sortes de plans: un plan horizontal et un plan vertical. Et les deux plans sont dangereux. C'est pour cela qu'on ne les raconte jamais. Il n'y a que Pourim où personne ne comprend très bien ce qui se passe. On va le raconter.
Un plan vertical, cela veut dire quoi ? Cela veut dire que partout où l'on va, on voit Hachem. Même quand Haman jette les dés, là aussi, alors que cela a l'air totalement d'être quelque chose de hasard. On a expliqué que toute l'essence de Haman, c'est de dire que tout est le hasard, il n'y a pas Hakadoch Baroukh Hou. Amalek, Hachem, Kachab, Adarach: il est venu et il a tout rendu comme un hasard. Quand on est sortis d'Égypte, le monde entier nous regardait comme quelqu'un d'invulnérable, et
Hachem était derrière nous. On ne peut donc pas faire ce qu'on veut. Ce n'est pas le hasard si on a gagné nos guerres et si on est sortis d'Égypte. Amalek nous attaque pour montrer que non: regardez, on peut tuer les soldats de Tsahal, on arrive. On peut... C'est vrai qu'ils ont été maudits, nous aussi nous allons être maudits, d'accord, c'est vrai. Mais c'est possible: ils ne sont pas invulnérables.
Qu'est-ce qu'Amalek a ramené dans l'humanité ? La possibilité de ne pas croire en Hachem, le Mikré. De dire non, je ne suis pas Hachem, regardez. Ils ne réussissent pas tout le temps: regardez, on leur a battu un avion, regardez. D'accord ? Cela veut dire qu'ils vont enlever cette assurance que... Il vient restaurer dans le monde, Amalek, l'assurance que finalement Hachem n'est pas là.
Donc à Pourim, ce qu'on voit, et à la fin de Pourim, on voit que Bemet Hachem était là, puisque Hachem se cache dans la Méguila, il est écrit Méguilat Esther. Esther veut dire caché. La Méguila est quelque chose qui vient dévoiler, faire apparaître, Esther, ce qui est caché. Et Hachem n'apparaît pas: le nom d'Hachem n'apparaît pas dans la Méguila. Mais il apparaît comme quelqu'un qui dirige d'en haut ce qui se passe.
La Méguila d'Esther est, si vous voulez, une introduction à la politique moderne. Le Rambam dit que les Juifs, à la sortie d'Égypte, étaient des gens qui avaient une petite émouna. Pourquoi ? Parce qu'ils avaient besoin de beaucoup de grands miracles pour croire en Dieu. Et un Juif normal n'a pas besoin de grands miracles pour croire en Hachem. Il voit un arbre en Erets Israël, il croit en Hachem. Il voit toutes nos guerres qu'on gagne, Baroukh Hachem, Merabeh Maassé Hachem, tous les miracles qu'il y a tous les jours. Et donc là c'est un juste normal.
Si vous voulez, le dernier livre qui va apparaître dans le Tanakh, dans la Torah, c'est un livre comme ça. Un livre moderne, où l'homme a suffisamment grandi pour faire son histoire, et Hachem dirige d'en haut. Évidemment, si Hachem ne veut pas que cela marche, quoi qu'on fasse, cela ne marchera pas. D'accord ? Mais …
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