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Le nom caché d'Hachem et la lecture de la Méguila

Le Talmud (Méguila 25a) et le décalage entre le nom écrit et le nom lu, expliqué à partir de Pourim.

51 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Pourim : pourquoi deux jours de fête ?, 1 h 24

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

On va parler maintenant de la Méguila, et il y a quelque chose de très, très important dans cette Méguila, qui est un secret, en fait, un grand secret. Dans le Talmud de Babylone, à la page 50, il est dit: « Ceci est mon nom à jamais, vezeh zikhri ledor dor: et voici mon souvenir, génération par génération. »

Si vous remarquez, ce texte est écrit d'une manière défective: Olam s'écrit sans Vav, et Dor Dor aussi s'écrit sans Vav. Les Hachamim nous disent: ne lis pas comme je viens de le lire. Amar HaKadosh Baroukh Hou: HaKadosh Baroukh Hou nous explique, car c'est lui qui parle: Zeh Chmi, voici mon nom, le'olam, à jamais. Lo kecheh ani nichtav, ani nikra: pas comme je suis écrit, je suis lu. Nichtav ani, on écrit mon nom be-yod, hé, vav, hé (je vous ai mis entre parenthèses le nom d'Hachem): on me l'écrit de cette manière-là. Venikra: mais on me lit Bé Alef Dalet, Alef Dalet, Nun, Yud. Vous voyez les deux noms d'Hachem ?

Autrement dit, HaKadosh Baroukh Hou est en train de nous dire qu'il y a un décalage entre ce qui est écrit, ce qui est dit et ce qui est lu. Pourquoi ce décalage ? Si vous donniez aujourd'hui à lire à un enfant un texte où il y a le nom d'Hachem, Yud, Hé, Vav, Hé, naturellement il essaierait de dire le nom, d'accord ? Et pourquoi le faites-vous taire et lui dites: non, non, non, non, non, on ne dit pas comme ça, on dit Adonaï, ce n'est pas

ce qui est écrit ? Donc l'enfant a raison. Il veut lire ce qui est écrit. Et la Guemara s'occupe de ce problème. Elle dit: il y a un problème dans ce monde. Il y a marqué Yud, Hé, Vav, Hé, et nous disons Alef, Dalet, Nun, Yud. Donc je suis écrit d'une manière et on me lit d'une autre manière. Pourquoi ? Je reprends maintenant le début de la Guemara.

Zeh Chmi le'olam. Pourquoi je vous ai dit le'olam ? Qu'est-ce que ça veut dire le'olam, en fait ? Ou bien, ou bien, ou bien caché: he'alem. He'alem, c'est une cachette. C'est-à-dire que mon nom est caché. Zeh chmi me'ilam: voici mon nom, mais on ne peut pas le dire. Alors que si tu veux dire quelque chose, vezeh zikhri, zikhri et zikharon, tu peux mentionner un autre nom, alors que tu vois un premier nom. C'est une complication. Je résume tout ce qu'on vient de dire: c'est une Guemara codifiée, et elle nous dit simplement que le nom d'Hachem n'est pas lu comme il est écrit. Jusque-là, c'est clair ? OK.

On est encore dans un décalage apparent entre l'idée qui a précédé la création du monde, qui est à la source même de la création du monde, et ce qui s'est révélé jusqu'à maintenant, réellement, dans le monde. Si la première idée, celle qui a précédé la création, était déjà dans le monde, on aurait déjà terminé l'histoire. On est d'accord ? Tant que le nom d'Hachem, tant que les idées qui ont précédé la création ne sont pas encore dans la création, on n'a pas terminé le travail. Quand est-ce que Guemar Hatikoun, la fin de la réparation de ce monde, aura lieu ? Lorsque toute l'idéologie divine se dévoilera complètement sur terre. En tout cas, ce qu'ils voulaient que se dévoile sur terre. Tant qu'il y a un décalage, il y a un problème. Ça veut dire qu'on n'est pas en train de vivre réellement ce que Dieu a voulu.

Maintenant, vous comprenez pourquoi il y a un décalage entre le nom d'Hachem, Yud, Hé, Vav, Hé, et celui que vous dites. Il y a marqué Yud, Hé, Vav, Hé, et vous dites Alef, Dalet, Nun, Yud. Ce n'est pas normal. Moi, je m'appelle Yoël. Il y a marqué Yud, Vav, Alef, Lamed. Vous ne dites pas autre chose quand vous lisez Yoël.

Pourquoi, quand vous regardez le nom d'Hachem, vous dites un autre nom ? On dit un autre nom, et je réponds déjà: parce qu'il y a encore, dans notre monde, un décalage entre ce qu'il voulait donner à ce monde et ce que ce monde dévoile réellement pour l'instant. Ce décalage fait en sorte qu'il y a un nom, le nom de Yud, Hé, Vav, Hé, qui est l'idée première, et le nom de Alef, Dalet, Nun, Yud, qui est capable de se dévoiler sur terre.

Qu'est-ce que... Très bonne question. Le nom qu'on prononce, Chem, que veut dire le mot Chem en hébreu ? Non ? Pas non ? Non ? Le pourquoi ? Comment dit-on pourquoi en hébreu ? Non, c'est un diminutif: lama. Les Chema ? Pour ne pas dire lechema à chaque fois, on dit lama. On a enlevé en fait le mot Chem de dedans, sachez-le. Donc, à chaque fois que vous dites à quelqu'un lama, vous disiez lechemma. Donc lechem, c'est quoi ? C'est au nom de quoi ? Donc, au moment où je ne prononce pas le véritable nom, c'est comme si j'avais perdu quelque part l'idée première, qui se cachait, le pourquoi.

Comment tu t'appelles ? Yonatan. Si je viens et je te dis Chalom, est-ce que c'est la même chose, le même poids, que si je te dis Chalom Yonatan ? Ce n'est pas le même poids. Pourquoi ? Parce que le nom que je viens de donner t'a donné une force. Donc, pour donner à HaKadosh Baroukh Hou un poids dans ce monde, j'aurais dû normalement dire son nom. Mais je ne dis pas son nom. On disait son nom un jour par an, le jour de Yom HaKippourim, et c'est le Cohen Gadol qui le disait, même pas: le nom même sortait de sa bouche.

Ce n'est pas lui qui le disait, le nom sortait. Pourquoi ? Encore une fois, on est paralysé, on est incapable de dire, et encore moins de vivre, le Yud, Hé, Vav, Hé, le tétragramme. Alors qu'est-ce qu'on vit en attendant ? Alef, Dalet, Nun, Yud: Adonaï. Donc même quand on voit le nom de Yud, Hé, Vav, Hé, on dit Adonaï. Et pour nous, c'est la même chose. On s'est habitués. Mais ce n'est pas vrai.

Ba-yom ha-hou, un jour, Ihyé Hachem Ehad ou-Chmo Ehad: un jour viendra où le nom que vous voyez, c'est le nom que vous direz. Pourquoi ? Parce que le monde d'en bas sera identique à la volonté de HaKadosh Baroukh Hou qui a précédé la création. Il n'y aura pas de décalage. Vous êtes avec moi ? OK. Ra'inu amourim ich'ora likro et Chem Yud, Hé, Vav, Hé, mamach ke-fi chehou katouv: normalement, on aurait dû lire ce nom-là que vous voyez partout comme il est écrit. Ve-chébim komzé, cependant, à la place, anachnou omrim chem acher: nous disons un autre nom, Alef, Dalet, Nun, Yud.

Alors c'est bien beau, vous vous êtes habitués, vous vous êtes dit: non, non, on ne le dit pas, ce nom-là on ne le dit …

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