Les guerriers de la Bible et la grandeur d'âme
Comment la guerre des patriarches et de David s'accorde avec leur sainteté, selon Orot 2.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : Orot : la sainteté de la terre d'Israël hors d'Israël, 45 min
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Donc on est à la Milchama, Pérek Bet, Paj, Yud, Gimel. Hein ? On voit les pivots. Nous regardons les premières générations, qui se racontent dans la Torah, dans les Néviim et dans les Ketouvim. Ces générations qui étaient occupées de la Milchama. Et ce sont eux, les plus grands, que nous considérons comme des unités, et une grande sainteté. Nous savons que le zikr spirituel est le fondement.
Le même état du monde qui existait à ce moment-là, où il y avait une guerre tellement extérieure, a causé
« Gam ki elech beguei tsalmavet, lo ira ra. Chanou mitbonenim aleihem, hinenou bikhol hao'ra ruhanit she'anou kol kakh shokkim la, mishtokokim lehitsamtsam, le-kouah ha-hayim ha-hatouv ha-gevouch, ha-eitan le-hitsaker, se-shakham bekerbam. O mitor tsha'ukhazu, kukhenu ha-ruhanim mitametsim, ve-kouah gouvoratenou mita'den, boten ha-neshamot ha-hazakot, hozerot le-hayot banou kime olam. »
Hanou mistaklim, Dorot HaRishonim. C'est-à-dire, quand on observe, quand on contemple les premières générations qui sont racontées dans la Bible, dans les Prophètes, dans les Ketouvim. On dit Ketouvim en français, vous savez, c'est un mot très bizarre. Ces générations-là, qui vivaient et qui faisaient la Milchama. Eh bien, ils faisaient la guerre. On parle énormément de guerre dans les…
Alors, Avraham a fait des guerres. Yaakov a fait la guerre. Moshé a fait la guerre. Yehochoua a fait la guerre. David HaMélekh a fait la guerre. Ils n'ont fait que des guerres, ces rabbins-là. Et ce sont eux, les grands, les grandes personnalités, envers qui nous avons une approche d'amitié et une vénération sainte. Donc vous comprenez qu'il y a une…
Question sous-entendue. Quelle est la question qui est sous-entendue ? De manière générale, un guerrier, c'est un boucher. C'est un boucher.
C'est un mec qui coupe des têtes, qui perce des ventres, etc. C'est pas quelqu'un de très délicat et de très spirituel. C'est une grosse brute, d'accord ? Donc c'est bizarre que les gens les plus grands du peuple d'Israël, qu'on admire, qu'on vénère, s'avèrent avoir été des guerriers. C'est ça, la question. Comment se peut-il que nous, les juifs pieux, religieux et spirituels, nous admirions des gens qui étaient en fait des guerriers ? C'est ça, la question sous-entendue.
Réponse. Il ne le dit pas de manière interrogative, mais il y a une question sous-entendue. Nous comprenons. Dans toute chose, ce qui donne la valeur de toute chose, c'est la tendance de l'âme. Ce ne sont pas les actes qui parlent d'eux-mêmes, mais quelle est l'intention ? Quelle est la tendance de ton âme dans ce comportement ?
Quand tout se faisait comme ça, il en est de même concernant d'autres problèmes. La situation du monde à l'époque, ce qui se déroulait, dans laquelle la guerre était si nécessaire. Sans guerre, tu ne pouvais pas survivre. C'est ou la guerre, ou la mort, il faut choisir. On était entourés de brutes, de gens criminels, de gens vils, assoiffés de sang. Sans guerre,
aucune possibilité de survivre. Dans cette situation complexe dans laquelle ont évolué les géants de la sainteté, qui étaient Abraham, Isaac, Jacob, Moshé, Yehochoua, David, etc., la situation elle-même a entraîné qu'apparaissent des neshamot si grandes. Quel est leur sentiment interne ?
Il était totalement parfait. C'est-à-dire que ce sont des gens qui vivaient dans un antagonisme flagrant, mais dans une unité parfaite au sein de leur personnalité. Ça veut dire que, d'un côté, on le voit sur le champ de bataille: ça a l'air d'une grosse brute assoiffée de sang, qui n'arrête pas de couper des têtes. Après, tu le vois à la maison: il attrape les Sifrei Tehilim en main, il étudie, tout doux,
plein de tendresse et d'amour, un rêveur, un poète, amoureux fou de Dieu. C'est incompatible, ce n'est pas la même personnalité a priori. Donc, de manière flagrante, on a l'impression de voir un dédoublement de personnalité. Parfois c'est une grosse brute, parfois c'est un ange. Mais en fait, c'est toujours un ange. Parce que ce qui l'a mené à se comporter de la sorte, ce n'est pas parce qu'il était assoiffé de ça, bien au contraire,
pour faire en sorte que ce monde soit géré selon la justice de Dieu. Et pour ce faire, il faut mettre sur pied la nation d'Israël, le royaume d'Israël. Car lui seul est capable d'amener ce monde à son but ultime. Et tous ceux qui se tiennent sur notre chemin créent des entraves pour accéder à ce but ultime. Donc David HaMélekh, quand il s'engage en guerre,
ce n'est pas parce que c'était une grosse brute qui avait envie d'assassiner, ni même quelqu'un qui voulait se venger du fait qu'on a tué ses frères. C'étaient des amoureux fous de Dieu, de la bonté de cœur, de la gentillesse, etc. Et c'est seulement à cela qu'ils rêvent. Et vu que, dans ce monde, le seul langage qui est effectif à leur époque, et de manière assez… aujourd'hui aussi, c'est le langage
de la force, tant qu'il était obligé de se déguiser, entre guillemets, en guerrier, pour convaincre les gens qui ne sont pas capables d'être convaincus par des belles phrases, mais qui ne peuvent être convaincus que par des bonnes gifles. C'est clair ? C'est un idéal d'être un guerrier comme ça, ou c'est plutôt un cas d'honnêteté ?
— Honnêteté.
Il faut toujours faire attention. Tout ce qui est mitsva n'est pas automatiquement un idéal. Par exemple, il y a une mitsva de rendre un objet volé. Donc tu vas dire: voilà, toute ma vie j'ai espéré, quand est-ce que je pourrais appliquer cette mitsva ? Eh bien, au nom de Hachem, j'ai compris qu'il y a une banque, et j'ai pu rendre l'argent, et j'ai accompli la mitsva. Et dire: toute ma vie j'ai espéré faire cette mitsva, c'est qu'un beau jour, eh bien, j'ai donné le guet à ma femme. Non, on aurait préféré que tu n'aies jamais à appliquer cette mitsva de ta vie. Si déjà tu t'es embrouillé, parce que, par manque de maturité, tu n'as pas su gérer une vie conjugale normale,
eh bien même là, cette séparation doit se faire dans l'art, et pas n'importe comment. Mais dans cette situation d'impureté, il faut quand même garder le contact avec Dieu. Donc, dans cette situation catastrophique qu'est le divorce, ça doit se faire de manière à ce que tu restes quand même en contact avec Dieu. On doit l'inquiéter. On ne dit pas « salut, casse-toi et c'est fini ». Il y a une manière de le faire. Mais ce n'est pas pour autant l'idéal. C'est une situation de Bedi'avad, Bedi'avad, dans laquelle on doit
trouver le minimum de lumière dans cette obscurité. De même, la guerre n'est pas un idéal. C'est une catastrophe. C'est une Tévéra. C'est quelque chose d'abominable. Ce n'est pas sympa de tuer des gens, de laisser des femmes veuves et des enfants orphelins. Et c'est encore moins sympa de se faire tuer, de se faire tuer plutôt que de faire vivre. Mais s'il n'y a pas le choix, c'est la seule manière de mettre sur pied la nation d'Israël, …
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— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
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