Orot HaTechouva, chapitre 8 : la honte qui paralyse
Comment la honte d'une faute peut couper l'homme de lui-même, et pourquoi la techouva peut pourtant le reconstruire.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Orot HaTechouva : la tristesse, porte vers la techouva, 1 h 09
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Bon, le message de Zayin, c'est qu'à travers l'effort de la techouva, on arrive à rentrer en contact avec ce qui, a priori, devrait être l'essence de notre vie, c'est-à-dire la rencontre harmonieuse entre le fond de nous-mêmes et le fond du monde. Il y a une âme dans ce monde.
Et l'homme, en principe, est fait pour vivre en contact avec cette vitalité-là. Quand l'homme pèche, à ce moment-là, il perd le contact avec l'âme du monde. Mais à travers la techouva, se libère ce contact nouveau, et l'harmonie du monde réapparaît dans son cœur. Mais il faut être conscient que…
Au niveau de la création du monde, finalement, l'essentiel du témoin vivant de la grandeur divine, c'est nous, c'est l'homme. Notre rôle essentiel est de capter les noms divins. On dit que dans les textes de kedoucha, de mystique, du grand livre de la Kabbale, la raison d'être de la création du monde…
C'est qu'Hachem veut faire connaître ses noms. On a parlé de ça plusieurs fois déjà, tu as posé des questions, mais on y reviendra encore. Premièrement, ça veut dire que l'essence divine, qui est l'essence de la vitalité par excellence, porte en elle ces dimensions-là qui s'appellent le nom, et qui s'appellent aussi le fait d'être connu.
De la même façon, Havdil… une femme qui est d'une beauté inouïe, il y a quelque chose qui manque si on ne la connaît pas. *Khaval, dommage. Derrière cette réalité-là, il y a quelque chose d'équivalent, en quelques millions de fois plus grand, au niveau de la grandeur divine. Cette immense grandeur divine, une partie de sa vitalité, c'est d'être connue en tant que telle. Ce qui n'est pas du tout notre cas à nous.
Nous, la mida, enfin, oui et non… la mida la plus belle que nous pouvons porter, c'est la mida de l'humilité, qui est la hanava, qui est le fait de prendre conscience que toutes nos forces, en fait, sont un don divin. Le fond de la hanava authentique, c'est d'être conscient que les forces qu'on porte en nous sont un cadeau divin qui se renouvelle constamment. Ça, c'est l'humilité telle que l'homme doit la vivre.
Mais cette dimension-là ne concerne pas le Créateur, dans la mesure où c'est lui qui est vraiment le maître de la vie. Et à son niveau, il y a une dimension qui est d'être connu, qui a son sens, pour lui. Chez lui, ça a un sens. Havdil, plusieurs millions de fois: un Louis XIV qui sent, en tant que roi, qu'il a besoin d'être connu, qui fait des choses belles pour donner un sens à sa royauté.
Mais havdil mille millions de fois: lui, c'est un homme, une créature comparée au maître du monde. Fin.
Dans le thème de la rencontre de Bné Israël avec Pharaon, et les makot que l'on voit actuellement, dans les paracha… à chevaux qui sont actuels, il y a aussi ces dimensions-là: remettre Pharaon à sa place. Que lui ne se prenne pas pour ce qu'il n'est pas. Il est une simple créature.
Il y a toute une trame de réflexion autour de ça, parce qu'on prétend apparemment que celui qui était le roi de Ninive, quand Yonah parle à Ninive, c'était Pharaon. Ce Pharaon-là qui fait faire la techouva à Ninive, après l'expérience qu'il a de ce que c'est que la rencontre avec le Dieu d'Israël. Il peut exprimer que les noms divins doivent être connus, c'est-à-dire que la grandeur divine doit être connue.
Et elle doit être connue à travers toute une série de vitalités, comme par exemple le Chem Havaya, Yud Ké Vav Ké, qui est le verbe être conjugué au futur, au présent et au passé. Et ça, c'est vécu pleinement quand il y a une conscience de l'éternité divine. Nous, les êtres humains, nous sommes profondément conscients de cette dimension-là.
Parce qu'on arrive dans ce monde, on traverse ce monde, on s'en va, et on n'est plus, alors que lui continue. Le fait de la pérennité divine, c'est l'expression de ce nom de Yud Ké Vav Ké. Ce Yud Ké Vav Ké, comme on l'a vu dernièrement, c'est quelqu'un: *Bahéra, Lavraam, Vatiggakol, Béréchit Taddaï, Ouchmi Yud Ké Vav Ké Lo Nodati Lahem. Je n'ai pas été connu par ce nom-là parce que je n'ai pas encore appliqué, je n'ai pas encore complété mes promesses.
Mais la sortie d'Égypte et la rentrée en Erets Israël prochaine, qui se prépare, tout ça, c'est déjà, d'une certaine façon, la réalisation de ce qui était promis à Avraham Avinou en termes de « Yadoa tedaa », « guer ihié Avrahama », « ve-kouda »: ta descendance. La même chose: le fait que le maître du monde a une valeur de maître, de Adom, que l'on sente…
…à quel point le nom de maître lui correspond. Et l'homme est conscient de ce que… Nous, en tant qu'Israël, quand nous citons son nom, en disant Adonaï, nous disons ce nom-là. En principe, il ne faut pas le dire, si ce n'est dans le contexte de la prière. Mais dans le contexte de l'étude, en disant qu'on le connaît: Adonaï, et ensuite *Elohénou, comme vous le savez. Cette dimension-là, c'est le fait que nous disons que c'est un maître, c'est notre maître. C'est essentiel, c'est une réalité essentielle. Ça lui correspond, d'être le maître.
Comme un père de famille, dans une famille où il est aimé, respecté, il est… on le reconnaît comme étant le père de famille. Là, le maître du monde…
Tant qu'on n'est pas encore arrivé à toute l'expression de Yemot HaMachia'h dans sa grandeur, le Nom de l'Éternel n'est pas encore complètement connu de tous, puisqu'il y a encore une attente devant des choses qui doivent venir. Chagos dit: comment ça va être, Yemot HaMachia'h ? Est-ce que ça va être comme on dit ? C'est déjà taché. On commence à le voir.
— Tu connais… ? Oui. On te laisse parler ?
Pour moi, c'est important d'être un homme. C'est ça. C'est une vitalité. Être connu, c'est une vitalité. Je te donne l'exemple, c'est vécu très fort. Je te donne l'exemple, et havdil, mais on peut le comprendre: une femme d'une beauté inouïe, si elle n'est pas perçue, il y a quelque chose qui manque. Chez elle, il y a quelque chose qui manque. Parce qu'elle sait qu'elle porte quelque chose qui est fait pour être vu, qui est digne d'être vu. Et c'est sûr qu'il y a cette chose merveilleuse; on est tellement dedans qu'on ne se rend pas compte que ça aurait pu être autrement.
Mais nous sommes les porteurs d'une conscience. Vous vous rendez compte de ce que ça veut dire ? Quelle intelligence il faut pour mettre en marche des êtres conscients qui comprennent et qui voient les choses ? Pour mettre en marche un petit robot conscient de quelque chose, déjà, pour arriver à faire un « tchouk-tchouk », il faut des têtes immenses. Imaginons-nous ce que ça veut dire, créer un homme qui est plein, complètement conscient de la grandeur divine.
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