Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Moshé et les trois signes face à l'incrédulité

Pourquoi Dieu répond-il à Moshé par un prodige, et ce que les montagnes et collines du Cantique signifient.

47 min

Rav Élie Kling

Ensuite : Le midrash de Rabbi Akiva sur les vingt-deux lettres, 45 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

On va parler un petit peu de Moshé Rabbeinu. Il est assez curieux que Moshé, qui est le héros de cette histoire, ne soit pas mentionné du tout dans le Sèfer. Kol HaMarbé et sa Péitzav, Mitsrayim, Arezem et Choubach: d'une part, plus on donne de détails, mieux c'est, et malgré tout, on ne parle pas du tout de Moshé. Pour rattraper un peu cela, on va en parler maintenant.

Moshé Rabbeinu n'accepte pas, comme vous le savez, de manière enthousiaste la mission qui lui est confiée au Buisson. Il a un certain nombre de réflexions et d'hésitations. En fait, il en a cinq, cinq arguments qui l'empêchent d'accepter la mission. Dans l'ordre, le premier argument est: Mi anokhi ki eelekh el Paroh, qui suis-je pour aller voir Pharaon, ve-hotsi et Bné Yisraël mi-Mitsrayim, pour faire sortir les enfants d'Israël d'Égypte ?

Le deuxième argument, c'est: disons que j'accepte, ils vont certainement me demander qui m'envoie, qu'est-ce que je dois leur raconter. Autrement dit: comment tu t'appelles ? Ce qui est un peu curieux comme question, parce que le nom du Dieu, on aurait pu le dire facilement: le Dieu d'Israël, le Dieu d'Abraham, d'Itshak et de Yaakov. Mais « comment tu t'appelles ? » Sans doute voulaient-ils dire par là: ils vont me demander quel genre de Dieu m'envoie maintenant. Est-ce le Dieu de miséricorde, ou le Dieu de justice ? Si c'est le Dieu de miséricorde, pourquoi précisément maintenant ? Où était la miséricorde de Dieu avant ? Cela fait déjà 210 ans qu'ils sont esclaves. Et la même chose si c'est la justice: pourquoi serait-il plus juste de sortir maintenant plutôt qu'hier ou qu'avant-hier ? Ça, c'est donc la question de Moshé.

Troisième argument: de toute façon, ils ne me croiront pas. Ve-lo yaaminou li. Quatrième argument: je ne sais pas parler, je bégaye, je ne suis pas doué pour ça. Et enfin, cinquième argument, qui n'en est vraiment pas un: Shelah na beyad tishlah, je t'en prie, envoie quelqu'un d'autre. Il ne le dit pas à ce moment-là dans la série des arguments de la Sneh. Plus tard, cela mènera à l'histoire d'Aharon. Mais en effet, les arguments sont classés, comme vous le voyez, dans l'ordre du plus sérieux, du plus solide au moins solide. Il recule peu à peu jusqu'à son dernier retranchement, et à la fin il dit: je t'en prie, envoie quelqu'un d'autre.

Ce qui va nous intéresser ici, c'est le troisième argument: Ve-hen lo yaaminou li, ils ne vont pas me croire. Alors, qu'est-ce que Dieu répond à Moshé lorsque Moshé dit: ils ne vont pas me croire ? Dieu lui dit: écoute, c'est très simple, s'ils ne te croient pas, j'ai des otot, on appelle ça en hébreu des signes. Trois signes. Premier signe: jette le bâton que tu as en main. Il jette le bâton, et le bâton se transforme en serpent. Ensuite, Dieu lui dit: rattrape le bâton dans la main. Il rattrape le bâton, et le serpent se retransforme en bâton. Regardez dans le texte: « Ils ne vont pas me croire, ils vont dire que Dieu n'est pas apparu. » Qu'est-ce que tu as en main ? Un bâton. Et Moshé prend peur de ce serpent.

Maintenant, envoie ta main et attrape le serpent par la queue. Et le serpent redevient un bâton. Et Dieu dit: tout cela, c'est pour qu'ils croient. Comme si, dans cette histoire de tour de magie, de miracle, de bâton qui se transforme en serpent qui se transforme en bâton, cela pouvait convaincre quelqu'un que c'est le Dieu d'Abraham, d'Israël et de Yaakov qui les envoie. Cela semble quand même un peu curieux. On se serait plutôt attendu, du moins je l'aurais préféré, à ce que, pour montrer la toute-puissance d'Hachem,

on parle plutôt de ses attributs, de la création du monde, de quelque chose de plus fort qu'un simple tour de magie ou un miracle. D'autant que nous sommes, je vous le rappelle, dans un pays de prestidigitation et de magie, et que ce genre de choses, je suppose, ils en avaient déjà entendu parler, et que les spécialistes d'Égypte, comme on va le voir après, sont capables de le faire. C'est un peu curieux. Et puis, évidemment, quel rapport y a-t-il entre ce serpent-bâton et le fait même de

sortir maintenant d'Égypte ? Cela semble un peu bizarre.

Puis le texte continue, comme si Dieu comprenait, entre guillemets évidemment, que cela ne suffisait pas, et lui dit: tu sais quoi, j'en ai un deuxième. J'ai un deuxième truc.

— Et ce serpent ? Mahach Nekhosheth, avec une tête de serpent ?

— Avec une tête de serpent, oui. Sans doute que le serpent représente en effet la même chose tout au long de sa carrière. Ce n'est évidemment pas le même serpent. Le serpent dont vous parlez est un serpent qui n'est pas vivant.

— Non. Mais sans doute, on va voir tout à l'heure ce que le serpent peut signifier, mais il est possible, en effet, que ce soit la même signification, le même symbole. En tout cas, ce serait bien que ce soit le même symbole. Juste après, donc, Dieu dit: voilà, j'ai un deuxième truc.

Le deuxième truc, comme vous vous en rappelez certainement, il dit à Moshé: rentre ta main dans ton sein. Il rentre sa main dans son sein, il la ressort, et voilà qu'elle est lépreuse, blanche comme la neige. Puis il lui dit: remets la main dans ton sein. Il remet la main dans son sein, il la ressort, et voilà qu'elle est guérie. Et là Dieu dit: maintenant, si jamais ils ne te croient pas avec le premier signe, ils te croiront avec le deuxième. Et là, de nouveau, le lecteur ne comprend pas. Qu'est-ce que cela veut dire: si tu ne les convaincs pas avec le premier et que tu ne les convaincs pas avec le deuxième ? En quoi le deuxième est-il plus efficace, plus probant, plus parlant que le premier ? Et si c'est le cas, il fallait commencer par le deuxième. Qu'est-ce que le deuxième ajoute par rapport au premier ?

Et donc: si jamais tu ne les convaincs pas avec le premier, ils te croiront avec le dernier. Dieu continue: si jamais ils ne te croient ni avec le premier ni avec le deuxième, j'en ai un troisième. On comprend de moins en moins. Qu'est-ce que c'est que ce troisième ? Si le troisième est meilleur que les deux premiers, il fallait commencer par le troisième. C'est le fameux sens. Et pourquoi ne continue-t-il pas après ? Si après le troisième il ne te croit pas, j'en ai un quatrième, puis un cinquième, cela peut continuer longtemps comme ça. On ne comprend pas très bien de quoi on parle. Regardez la suite.

Le troisième signe, il ne peut pas le faire sur place, devant le buisson, parce qu'il n'a pas le matériel nécessaire. Alors il lui dit: Ve-lakakhta mi-me ha-yeor. Lorsque …

Cours de Machon Meir

Dans la même série

3 cours du Rav Élie Kling, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Midrash, Abraham, Élection d'Abraham, Rambam, Pensée juive.

  1. 1
    Pourquoi Abraham fut choisi : la bonne question
    Un midrash de Rabbi Yitzhak sur le château en flammes, et la lecture que fait le Rambam du même texte.
    47 min
  2. 2
    Moshé et les trois signes face à l'incrédulité
    Pourquoi Dieu répond-il à Moshé par un prodige, et ce que les montagnes et collines du Cantique signifient.
    En cours de lecture
  3. 3
    Le midrash de Rabbi Akiva sur les vingt-deux lettres
    Pourquoi le Tav se présente le premier à l'appel d'offre divin, et ce que cela enseigne sur la création par la parole.
    45 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav