Techouva, capara et le jour de Kippour selon le Rambam
Pourquoi le Rambam ajoute que Kippour expie, alors que la techouva suffit déjà à la capara.
Rav Oury Cherki
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Donc, pour reprendre à la… dans Hilkhot Techouva, au premier chapitre, à la halakha bet, je tiens à rappeler que nous avons parlé la dernière fois de la techouva en tant que mouvement de la volonté. Passer de vouloir le mal à vouloir le bien, c'est ça l'acte de la techouva. Et nous avons abordé un deuxième élément, plus mystérieux, qu'on appelle la capara. La capara, en français, c'est l'expiation. Et nous avons mis en évidence deux points importants. Tout d'abord,
que la techouva, c'est dans la vie intérieure, et que la kapara, c'est dans l'extérieur. De cela, il y a une conséquence, une divergence profonde entre le christianisme et le judaïsme. Pour le christianisme, c'est la kapara qui est fondamentale, et la techouva qui est auxiliaire. Tandis que dans le judaïsme, c'est exactement le contraire. L'essentiel, c'est la techouva, la kapara, si on peut. Si on peut, on fait; si on ne peut pas, de toute manière, la techouva est acceptée.
D'accord ? Jusque-là, vous suivez. Il y a donc un devoir de techouva permanent. Chaque fois que quelqu'un, Hass veChalom, fait un péché, il doit faire techouva. Par contre, la capara a ses moments. Ce n'est pas à tout moment qu'on peut faire la capara. Par exemple, quand il s'agit d'un sacrifice, un sacrifice se fait le jour, il ne se fait pas la nuit. D'accord ? Et puis il y a également, dans le calendrier, un moment de capara pour tout Israël. C'est le jour
de Kippour, d'accord, qui nous sauve. Comme son nom l'indique, c'est le Kippour. Quel est le travail essentiel qui se fait le jour de Kippour ? Non, ce n'est pas un travail, le pardon, ça c'est HaKadosh Baroukh Hou. Qu'est-ce que nous faisons à Kippour ? On ne mange pas. On ne mange pas, ça ne fait pas faire quelque chose, ça veut dire ne pas faire. On jeûne, ça veut dire on ne mange pas. C'est la même chose. Non, ce n'est pas faire. Ne pas manger, ce n'est pas faire.
C'est ne pas faire; c'est, au contraire, ne pas faire. On prie, c'est vrai. On demande pardon, d'accord. Donc on prie, on demande pardon. Depuis quand on fait ça ? Depuis assez longtemps, mais ça n'a pas toujours été comme ça. Dans l'Antiquité, ça se faisait autrement. Il y avait le service du Kohen Gadol, le jour de Kippour. D'accord ? Si vous voulez, il y a quelqu'un qui travaille très dur le jour de Kippour, c'est le Kohen Gadol.
Et que fait le reste du peuple ? Il ne fait rien. Il regarde s'il est présent, mais ce n'est pas une fête de pèlerinage. Donc chacun reste chez lui. C'était avant qu'il y ait les synagogues, à l'époque du Premier Temple. Et le Kohen Gadol, lui, faisait le travail. Il faisait le travail d'expiation de tout Israël. Il ne pouvait pas faire techouva à ma place, mais il peut faire la capara à ma place. D'accord ? Il peut amener le bouc intérieur et le bouc émissaire, et tout le balagan.
Et ça, c'est le service essentiel de Kippour. D'accord ? Vous avez suivi jusqu'à présent ? Bon, oui. Ça se tient, ça se tient. Alors maintenant, comment ça marche ? Qu'est-ce qu'on fait le jour de Kippour, du temps, dans les temps heureux de la nation d'Israël ? La Guemara, la Michna, enfin la Braïta citée dans la Guemara, nous raconte que le jour de Kippour, comme les gens ne peuvent rien faire, les jeunes filles
sortaient dans les vignobles habillées de blanc. Et les jeunes gens sortaient voir les jeunes filles danser et choisissaient leur épouse. Le jour de Kippour. C'était donc un grand chidour. On peut jeûner quand même quand on ne mange pas; on est moins lourds. C'était la grande fête. Et à la sortie de Kippour, on annonçait: un tel va épouser une telle, etc. C'était la joie, quoi.
D'accord ? C'était donc un jour de réjouissance. Mais ça, ça marchait pour les célibataires ? Oui, mais c'était pour les choisir. C'est-à-dire que pour se marier, c'est autre chose. Simplement danser devant les garçons, c'est un problème de tsniout. Mais là, c'est pour le mariage. Par exemple, le fait même de rencontrer une jeune fille pour voir si elle nous convient ou pas, c'est en soi quelque chose qui n'est pas tsnoua, et pourtant on le fait. D'accord ? Donc c'est ça qui se faisait le jour de Kippour. C'était
l'occupation des célibataires ce jour-là. Mais non, il y avait d'autres personnes qui étaient soit mariées, soit qui n'étaient pas intéressées à ce moment-là à se marier. Qu'est-ce qu'ils faisaient le jour de Kippour ? Ceux qui habitaient à Jérusalem allaient au Temple. Ils disaient: « Viens, on va voir. Tu viens avec moi, on va voir au Temple ce qui se passe. » C'est vraiment sympa. Il y avait des compétitions. Par exemple, on faisait la course
sur la pente de l'autel, pour savoir qui allait avoir le mérite de présenter la tête du taureau sur l'autel. Il y avait treize Kohanim qui couraient, et le peuple était là pour dire: « Vas-y, Pou Pou ! » D'accord ? Ils faisaient des paris, bien sûr, des trucs comme ça. Et puis c'était donc l'activité. Et tu as vu comment il a réussi, ça, bon. Ça, c'était ce qui se passait pour ceux qui venaient au Temple. Mais il y en a qui
ne cherchaient ni à se marier, ni à aller au Temple. Qu'est-ce qu'ils faisaient alors ? Dormir ? Pas dormir. On a déjà dormi la nuit, on ne va pas dormir la journée. Alors comment ? Non, pas du tout. Est-ce que je peux répondre ? Parce que moi aussi j'ai le droit de parler ici. Ce ne sont pas les seuls. Je peux exprimer mes opinions quand même. Et ce que faisait, disons, quelqu'un qui avait un champ de concombres ? La Michna disait qu'on a le droit de garder les champs.
Il passait donc sa journée à garder son champ. Maintenant, il y a un problème: pour arriver jusqu'à la petite cabane dans laquelle je vais garder mon champ, je dois parfois traverser un cours d'eau. On n'a pas le droit de se laver à Kippour. Oui, mais c'est ça, on a l'intention de se laver. Mais si c'est pour arriver à la hutte dans laquelle je vais garder mon champ, alors à l'aller, j'ai le droit, mais je n'ai pas le droit au retour. C'est-à-dire que je reste coincé jusqu'à la Neila avec mes concombres.
Ou les courgettes. C'est l'époque. D'accord ? Et parce que les hachamim disent: pour garder ton argent, pour garder tes biens, on te laisse y aller. Mais si tu veux rentrer à la maison, pourquoi est-ce qu'on t'autoriserait à passer dans l'eau ? D'accord ? On passe dans l'eau avec ses vêtements. Le jour de Kippour, on garde les concombres et on attend jusqu'à la Neila. Et puis, pas tout le monde a des concombres à garder.
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