Sefirat HaOmer : du huitième jour à Chavouot
Pourquoi Pessah et Chavouot se répondent, et comment le compte de l'Omer prépare à recevoir la Torah par l'effort.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Le mois d'Iyar, entre Pessa'h et Chavouot, 58 min
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Mesdames et Messieurs, aujourd'hui nous allons traiter du Omer, de la Sefirat HaOmer. Nous sommes dans une période qui relie et non pas qui sépare Pessa'h et Chavouot. Il n'y a pas de séparation dans le judaïsme. Il y a une différenciation, mais là, dans le cas de Pessa'h et Chavouot, il y a une liaison, un lien.
Vous savez que Chavouot n'a pas de date. C'est pour ça qu'on l'appelle Chavouot, c'est-à-dire des semaines par rapport à Pessa'h. Pas seulement au niveau du temps, mais au niveau de la notion. Ce qui veut dire que Chavouot n'existe pas, en fait, s'il n'y avait pas Pessa'h. Il n'est que la suite de la sortie d'Égypte. Il n'y a pas de sortie d'Égypte, il n'y a pas de Torah. Pourquoi ? Tout simplement parce que l'homme n'est pas libre, et un homme libre ne peut pas avoir la Torah. La Torah n'est donnée qu'aux libres.
Donc ceux qui ne sont pas sortis d'Égypte n'ont pas eu la Torah. Ceux qui ne sortent pas d'Égypte, même aujourd'hui, c'est-à-dire qui n'ont pas de liberté de réflexion, ne peuvent pas réellement recevoir la Torah. Ils vont être étouffés par plein d'informations de Torah sans avoir réellement une véritable Torah.
Quand vous étudiez, faites très attention de ne jamais immédiatement plonger dans les commentateurs. Étudiez d'abord avec votre tête, avec votre cœur, avec tout votre système, et après seulement, une fois avoir bien, bien, bien, bien travaillé votre étude, vous allez voir ce que les sages disent de ça. Sinon, ça va vous étouffer, ça va vous scléroser, ça va boucher votre étude.
Ce n'est pas par hasard que les commentateurs, en français, ça s'appelle un commentaire, c'est-à-dire comment se taire. À la place d'étudier, tu utilises ce que Rachi a étudié. Ça, ce n'est pas une étude. L'étude, c'est d'abord de faire un effort toi-même, de développer ton étude, pour arriver ensuite à savoir ce que tel ou tel commentateur a donné sur ce même sujet.
— Ken ? Tout à fait.
La Torah…
Et, en réalité, vécu à ce niveau-là, si tes sens, les cinq sens de ta vie, sont saints, à partir du moment où tes sens redeviennent saints, on n'a plus besoin de l'étude. C'est-à-dire que la Torah est tellement intuitive chez Avraham, chez Yitzhak et chez Yaakov, qu'ils n'ont pas besoin d'un apport extérieur, d'un texte. Ils ont déjà la Torah en eux. Toi aussi, tu as la Torah en toi.
Alors pourquoi tu as besoin de feuilles ? Parce que tu n'es pas encore capable, toi, tout le monde, moi aussi, de sortir la Torah qui est à l'intérieur de moi, dans ma nature, sans chercher un aimant. Ça, c'est un aimant. J'apporte un aimant et je le fais passer dans mon être, et donc il va aimanter ce qu'il y a déjà en moi, il va le faire sortir. D'accord ? Mais c'est déjà en moi. Tout à fait. Et le don de la Torah vient juste révéler ce que tu as déjà en toi.
Et donc Avraham, Yitzhak et Yaakov, dont les saints étaient saints, vivaient la chose naturellement. Donc ils savaient exactement quand était le soir de Pessa'h, sans qu'il y ait encore la sortie d'Égypte. C'est-à-dire que leur Pessa'h à eux, bien entendu, avait un autre vêtement. C'était tout simplement un soir de libération. Ils savaient que ce soir-là, on pouvait se libérer de n'importe quel emprisonnement de l'esprit.
Non. C'était justement objectif. Si c'était subjectif, ça voudrait dire qu'Avraham, Yitzhak et Yaakov ont inventé une religion. Non. C'est la même lumière de l'infini qui descend chez eux, mais par rapport aux événements historiques de l'époque. Ce n'est pas subjectif. C'est toujours la même objectivité divine qui se dévoile à l'époque.
Comme il n'y a pas encore eu de peuple d'Israël, il n'y a pas eu d'Égypte, ni de sortie d'Égypte, reste néanmoins la qualité de l'intériorité de cette journée. Qu'est-ce que tu fais, en fait, à Pessa'h ? Pas la sortie d'Égypte, mais la possibilité de sortir de n'importe quelle Égypte. Un jour, ça s'est habillé dans l'histoire du peuple. C'est ça qu'il faut que tu comprennes. Parce que si c'est juste pour rappeler une histoire, ça ne sert à rien.
C'est pour ça que le Rambam te dit, toi-même, tu dois être capable de sortir de ta propre Égypte: Khayav adam lirot et atsmo. Tu comprends ? Ne confonds pas les faits historiques avec l'énergie de la journée en question.
Yom Haatzmaout, par exemple, même s'il n'y avait pas Medinat Israël, c'est un jour qui existait depuis la création du monde, pas encore révélé chez les hommes. On est d'accord ? Qu'est-ce qui se passait dans cette journée-là, depuis la création du monde, avant qu'il y ait Medinat Israël ? Possibilité de revenir à une indépendance. Tu comprends ? Au moment où le peuple a attrapé ça en l'air, il l'a tout simplement acheminé dans le monde, il en a fait une fête. Il a réalisé quelque chose. Mais cette journée, avec sa qualité, avec son potentiel, existait bien avant.
Et c'est la même chose pour toutes les fêtes. Il faut être capable un jour de déceler cette force et d'en faire quelque chose dans l'histoire. Donc on ne fête pas l'événement historique, mais l'énergie qui circule dans l'air pendant cette journée. Donc même s'il n'y a pas de fête, même s'il n'y a rien du tout, dans les jours qui passent dans l'année, il y a des énergies différentes. Et si tu sais les attraper, tu peux vivre selon leurs véritables énergies.
Bien fait. Tous les jours ont quelque chose de spécial. C'est pour ça que dans la Sefira du Omer, les kabbalistes sont venus te dire qu'il y a des sphères, il y a des éléments. Et si tu sais vivre la journée en question selon la Sefira précise de cette journée-là, tu vas comprendre que ce n'est pas la même chose qu'hier, et qu'avant-hier.
Là, si je suis le 24e jour du Omer aujourd'hui, ça veut dire que je suis dans la 4e semaine et dans la 3e journée de la 4e semaine. C'est d'accord ? Alors, je vais compter Chessed, Guevoura, Tiferet, Netzah. Donc je suis dans la sphère de Netzah et je suis dans la Tiferet du Netzah. Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est du charabia ? Non. C'est une qualité qui circule dans l'air aujourd'hui, dont ceux qui savent l'utiliser vont vivre leur journée différemment de ce qu'ils vont vivre demain et hier.
Non, tous les jours ce n'est pas pareil. Puisqu'il y a six mille ans pour toute la création, Sanhédrin, il y a en fait, tu peux te faire un tableau, c'est ce qui se passe chez les kabbalistes: ils ont un tableau immense de deux mètres d'envergure où il est marqué 1000 ans, 1000 ans, 1000 ans, 1000 ans, 1000 ans, 6000 ans, 6000 ans.
100, 100, 100 de chaque millénaire. 10, 10, 10, 10. 1, 1, 1, 1. Et dans les jours, dans les années, jour, jour, jour, jour. Dans les journées, les heures. Dans les heures, les minutes. Dans les minutes, les secondes. Et ils savent en réalité, à …
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