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Sarah, Hagar et la voie de la descendance d'Abraham

Pourquoi Sarah est stérile, et ce que l'épisode d'Hagar révèle sur Abraham, la servante et l'héritage.

55 min

Rav Uri

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Mais, ce n'était que pour plus nous languir mutuellement. Bonjour à tous. Je crois que nous sommes dans Béréchit, n'est-ce pas ? Dans quel chapitre ? Tet Vav ? On est encore dans Tet Vav ? Tet Zayn ? Bon, c'est sûr qu'on est dans Tet Zayn ? Tet Vav ? Décidez-vous. Bon, nous passons au chapitre Tet Vav, au verset Vayehi.

On avait parlé de la nature, de l'essence de la galout, n'est-ce pas ? Et on avait vu que la galout était une nécessité historique pour le rassemblement des étincelles. Vous vous rappelez de ça ? Bon. Alors passez au verset Vayomer. Bayom ha-hou, chapitre Tet Vav, au verset Vayikrat. Daniel, on n'attend que vous.

— Non, non, non, c'est… c'est…

Nous respectons l'âge. Bon. Bayom ha-hou, en ce jour, Karat Hachem et Avram brit. Dieu a conclu une alliance avec Avram, en ces termes: Lezarakha natati et ha-aretz hazot, « C'est à ta descendance que je donne ce pays. » Min-nehar Mitzrayim: depuis le fleuve d'Égypte, ad ha-nahar ha-gadol, jusqu'au grand fleuve, nehar Perat, le Euphrate.

Et Hakéni, veet Hakenizi, veet Hakadmoni, le Kénéen, le Kenizéen et le Kadmonéen. Veet Hahiti, veet Haperizi, veet Harefaïm, ainsi que le Hittite, le Périzzite et les Réfaïm. Veet Ha-Emori, veet Ha-Kenaani, veet Ha-Girgachi, veet Ha-Yevousi, ainsi que l'Amorite, le Cananéen, le Girgasséen et le Jébuséen.

Bon, vous avez remarqué que c'est énorme. La promesse est gigantesque. Il y a une alliance. Abraham se voit déjà l'ancêtre d'une descendance qui va remplir un empire. Il y a ici dix peuplades mentionnées. C'est donc un territoire immense, depuis l'Égypte jusqu'à l'Euphrate. Est-ce que vous voyez le verset juste après ?

Vesarai ishto lo yalda lo, et Saraï, femme d'Abraham, n'avait pas enfanté. En français, ça se dit « patatras ». C'est-à-dire qu'il y a un projet gigantesque et qu'il s'écrase face à la dureté du terrain. Sarah n'a pas d'enfant. Pas d'enfant, pas de promesse, pas de descendance. Tout ça tombe à l'eau. C'est un schéma classique dans la Torah, et même dans l'histoire: l'écart entre l'idéal et la réalité.

C'est ça ? On voit que d'une part on nous promet quelque chose d'énorme, et que dans la réalité, ça ne marche pas. C'est le moment où il y a un problème de confiance. Quelque chose s'affaiblit. Il y a un fléchissement de la confiance chez celui qui est le porteur de la promesse. Et le problème, c'est: mais pourquoi ? Pourquoi, si Abraham a pour idéal d'être notre ancêtre, l'ancêtre des enfants, pourquoi n'a-t-il pas d'enfants ? Par définition, un père a des enfants.

La question est claire ? Alors pourquoi est-ce que vous n'avez pas de réponse ? On vous pose une question toute simple. Oui, vas-y, essaye.

— Il a demandé à Dieu.

Il doit demander à Dieu. Pourquoi devrait-il demander à Dieu ?

— Dieu lui a promis.

Pourquoi devrait-il demander ? Ah, ça veut donc dire qu'il y a, je vais traduire ça de manière plus simple, quelque chose qui doit mûrir. C'est vrai, il y a un fruit qui est promis, mais le fruit doit mûrir. Et donc quelque chose dans l'identité d'Abraham doit évoluer. Il ne peut pas, à ce moment de sa vie, être le père d'Yitzhak, parce que quelque chose en lui n'est pas encore fait pour engendrer Yitzhak.

Maintenant, pour avoir un enfant, il faut être deux. Il faut un homme et une femme. Et s'il y a un problème pour le couple d'avoir un enfant, c'est peut-être parce que celui qui n'est pas mûr, c'est ? C'est la femme. Donc il y a ici un problème: est-ce parce qu'Abraham n'est pas encore prêt, ou est-ce Sarah qui n'est pas encore prête ? Pour savoir la réponse, qui a dit les deux ? Peut-être. Mais nous avons un principe: pour avoir des réponses à des questions sur des sujets qui apparaissent dans la Torah, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut lire dans la Torah. Donc nous allons essayer de lire la Torah. Vesarai…

Eshet Avram. Or, Saraï, femme d'Avram, Lo yalda lo, n'a pas enfanté. Donc on pourrait se dire que c'est à cause de Sarah, n'est-ce pas ? Mais je vois qu'ici il y a un mot en trop. Lo, veSarai eshet Avram lo yalda: elle n'a pas enfanté pour lui. Ça veut dire que ce que la Torah nous révèle, c'est que celui qui n'est pas encore prêt, ce n'est pas Sarah. C'est lui. C'est donc Avram. Mais est-ce qu'elle le sait ? Elle n'a pas lu la Torah, elle. Donc elle pense que c'est peut-être de sa faute. On pourrait presque dire que c'est aussi de sa faute.

Regardez le mot qui vient juste après: velah. Lo yalda lo velah. Elle n'a pas enfanté, ni pour lui, ni pour elle. Ce n'est pas vraiment le pchat, étant donné que le mot velah est le début d'une autre phrase. En tout cas, il y a quelque chose chez Sarah qui est empêché, mais essentiellement ce n'est pas à cause d'elle, c'est à cause d'Abraham. Velah: elle a une chifha mitzrit, une servante égyptienne, Houchma Hagar. Et son nom, c'est Hagar.

Maintenant, pourquoi l'histoire d'une servante égyptienne ? D'où vient-elle ? D'Égypte. Les hachamim vont jusqu'à dire que c'était la fille du Pharaon. Dans le texte ce n'est pas écrit en toutes lettres. Mais en tout cas, ça veut dire qu'il y a une présence égyptienne dans la famille d'Abraham. Dans l'entourage d'Abraham, l'Égypte est là.

— Le mal, l'Égypte, c'est le mal.

Je veux bien, mais il faut le prouver. En tout cas, Abraham n'a pas l'air de comprendre ça comme ça. Nous vivons dans un monde un peu manichéen: il y a le bien et il y a le mal, le blanc et le noir. Excusez-moi, je ne pouvais pas… vous communiquer l'erreur. Mais enfin, vous pouvez prendre place. Notre auditeur n'a pas de livre. Que faire ? Il faut lui donner un livre.

Un fromage, un fromage serait utile. Voilà, très bien. C'est un texte connu, je sais, mais c'est bon de le lire dans le texte lui-même. Alors je reviens à l'histoire de l'Égyptienne. Ce que tu dis, c'est une intuition juive: l'Égypte, c'est le mal. Mais ce n'est pas si simple. L'Égypte, c'est maman. C'est de là que nous sommes sortis: de notre mère. Donc la mère patrie des enfants d'Israël, c'est l'Égypte.

D'ailleurs, on voit que plus tard la Torah va appeler l'Égypte d'un drôle de nom: Erva ha-aretz, « la nudité de la terre ». Erva, la nudité, c'est le lieu d'où vient la vie. On peut donc dire que l'Égypte n'est pas n'importe quoi: c'est l'origine de toute vie. Sans aller si loin, du temps d'Abraham, l'Égypte est la plus grande civilisation du monde. C'était une civilisation énorme. Il faut bien comprendre ce qu'était l'Égypte de l'époque.

Et qu'est-ce qui gênait Abraham ? Vous vous rappelez qu'il y avait chez Abraham une gêne par rapport au projet de Dieu. C'était quoi ?

— Je n'ai pas compris.

Cours de Machon Meir

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

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La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

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