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Le particularisme d'Israël, un bien pour l'humanité

Le Rav Kook explique pourquoi le peuple doit d'abord se réaliser en tant que peuple avant d'éclairer les nations.

52 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : La prière, un service pour le dévoilement divin, 53 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

On avait déjà commencé, avant Hanouka, et on reprend. Je reprends vite fait ce qu'on a déjà vu. Yetsira atsmit Israelit b'masher, outtokeh pachayim oumifal, yefer l'Israel, Béréchit Israël. Donc une créativité essentielle d'Israël. Cela veut dire qu'il vient exprimer l'essence d'Israël au niveau de la pensée et de l'action. C'est totalement impossible en dehors d'Israël. Ceci n'est possible qu'en Erets Israël. Le peuple d'Israël n'est pas capable d'exprimer sa véritable essence qu'en Erets Israël.

En dehors d'Israël, c'est quoi ? C'est le Machiah qui est venu là. Le Machiah est venu à Ouman. Par contre, kol haneassé Israël, Béréchit Israël, tout ce qui est fait par le peuple d'Israël en Erets Israël perd son aspect général, son aspect universel, au profit de son aspect spécifique, israélien. Et ceci est un grand bonheur, aussi bien pour le peuple d'Israël que pour l'humanité.

Vous vous rappelez ce qu'on a expliqué ? Non. Interro surprise. Zéro.

Donc a priori, ce n'est pas tellement compréhensible en quoi le fait que le peuple d'Israël retourne vers son particularisme est un bien pour lui et pour l'humanité. Pour lui, on peut comprendre. Et pourquoi pour l'humanité ? C'est simple. Puisque le peuple d'Israël est, on va dire, le cerveau de l'organisme universel.

— J'avais une question.

— Vas-y.

Réponds, vas-y. D'accord. Et par rapport à cela, il doit s'écarter des autres. Particulièrement, c'est-à-dire se discerner de l'entourage. D'être quoi ? C'est la particularité. Et donc il doit s'écarter des autres, c'est-à-dire affaiblir son aspect universel au profit de son aspect national.

C'est ce qu'il veut dire. Et c'est ce qui nous arrive en arrivant en Erets Israël. Et ceci est un bien, aussi bien pour lui que pour l'humanité entière.

— Donc, selon ce que tu expliques, le Rav ne parle pas spécialement d'Israël, il le pose pour tous les peuples ?

— Non, quand je dis ça, ça veut dire que c'est actuel, ça veut dire aussi pour moi.

— J'ai compris, mais ça serait aussi vrai pour tous les autres peuples. Que leur particularisme…

Alors c'est comme nous.

— Pardon ?

— C'est comme nous. Tu as dit exactement la même chose pour nous et pour…

— Non, c'est ce que j'ai dit: par rapport à l'homme en tant qu'individu, c'est pareil pour tout le monde. Si on n'arrive pas à s'accomplir en tant qu'individu, si moi, untel, j'ai mes particularités, je ne peux pas influencer les autres. Maintenant, au niveau du peuple, c'est pas la même chose pour les autres peuples que pour Israël. Mais ce que je veux dire, c'est que mes qualités…

— Alors quelle est la différence ?

La différence, c'est qu'Israël a un devoir universel sur Terre, mais pour pouvoir l'accomplir, il doit se réaliser. Le peuple doit d'abord se réaliser en tant que peuple.

Tu as raison à 100 %. De manière générale, c'est conçu comme quelque chose d'antagoniste: le nationalisme et l'universalisme. C'est conçu comme un antagonisme. D'ailleurs, aujourd'hui où la pensée universelle est plus développée, on a tendance à estomper le particularisme. Il y a de plus en plus de fédérations entre les peuples, etc. Ça a commencé par l'Amérique, puis la Russie, puis l'Europe.

Donc plus la pensée globale universelle se développe, plus cela se fait au détriment de la pensée nationale. Et là, le Rav explique que le renforcement de leur particularisme, c'est-à-dire de la pensée nationale, est un bien pour l'humanité. Ça veut dire que c'est une démarche universelle. Il faut donc expliquer en quoi ceci n'est pas antagoniste. C'est clair ?

On est en désaccord. Tu as raison. Donc tu dis la même chose que lui, que c'est aussi vrai pour tous les peuples. Mais le Rav parle du peuple d'Israël. Donc vous voulez dire que le Rav, par hasard, parle du peuple d'Israël, mais que c'est vrai pour tous les peuples ?

Ça, c'est bien, mais en quoi… Et en quoi, quand ils se réalisent en tant que peuple, cela ajoute du bien à l'humanité entière ? J'ai finalement réussi à vous faire cracher le morceau, comme on dit.

Je répète. Quand on dit Acher bahar banou mi-kol ha-amim, que Dieu nous a choisis parmi tous les peuples, est-ce que ça veut dire qu'on est différents de tous les peuples ? C'est bien sûr que oui, on est différents. Acher bahar banou mi-kol ha-amim. Peut-être qu'on était comme tout le monde ? Non, mais d'abord, que ce soit bien clair: choisir, dans le langage divin, ce n'est pas comme choisir dans le langage humain. Je m'explique. Si, par exemple, je dis: choisis une chaise dans cette chambre. Tu regardes, tu regardes, y en a aucune qui me plaît. Toi, tu vas prendre la moins nulle, et c'est celle-là. D'accord ? Ça veut dire que c'est mon choix idéal ? Qu'est-ce qu'il y a de moins nul ? Donc je suis, par les contraintes de ce qui existe, arrivé à choisir cette chaise.

Mais Dieu, lui, n'a aucune contrainte. Ce n'est pas qu'il a regardé du haut de son balcon le bloc terrestre, en se disant: il n'y a que des peuples nuls, donc je prends le moins nul, c'est le peuple d'Israël. C'est exactement le contraire. Selon la conception divine, de quoi doit avoir l'air un peuple de la manière la plus idéale ? Selon la conception divine, et pas seulement lui-même: c'est comme ça qu'il le crée. Ça veut dire que le peuple d'Israël est le sommet de la perfection selon la conception divine. Ce n'est pas un choix suite à des contraintes de ce qui existe.

Il n'y a pas de chaise. Je voudrais une chaise avec un manche en or, il n'y en a pas, mais je la crée tout de suite. Le choix humain est toujours fonction de ce qui existe, donc il est contraint par ce qui existe. Le choix divin, comme tout ce qu'on dit à propos de Dieu, n'a aucune contrainte. Donc, d'abord et avant tout, quand on parle de choix à propos du peuple, il s'agit d'une création. Et c'est dit de la manière la plus claire dans le prophète: Am zou yatsarti, dit-il. Ce peuple-là, je me le suis créé. Je l'ai choisi. Ou bien dans les Téhilim, David dit: Am nivra yehalel Yah, un peuple créé pour louer D.ieu.

Donc on revient à Acher bahar banou mi-kol ha-amim. Dire que Dieu nous a choisis parmi tous les peuples, si c'est pour dire qu'on est différents de tous les autres peuples, bon, ce n'est pas un grand sujet, parce que tous les peuples sont différents les uns des autres. D'accord ? Comme dans le corps humain: tous les membres sont différents les uns des autres. Ils sont même indispensables. Alors quelle est la spécificité du peuple d'Israël ? En quoi est-il différent des autres peuples, d'une différence qui ne ressemble à aucune autre différence ? Vous comprenez ? Sans quoi il n'y a pas lieu de dire Acher bahar banou mi-kol ha-amim. Même les Français peuvent dire Acher bahar banou mi-kol ha-amim, il n'y a pas d'autres Français. Et les Belges aussi. Même les Belges …

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