Etz Hadaat Tov vaRa : le mélange du bien et du mal
Comment l'arbre de la connaissance du bien et du mal a mêlé le bien et le mal dans les actes de l'homme et dans sa pensée.
Rav David Partouche
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Donc on est arrivé à la page Membet, Daf Membet, Hamoun Membet, ou Me'az. On est au deuxième paragraphe, ou Me'az. Et depuis lors, c'est-à-dire depuis qu'Adam HaRichon a mangé de l'Etz Hadaat Tov vaRa, d'après le Nefesh HaChaïm: Daat, c'est le Hibour, c'est la liaison. C'était un arbre où étaient mélangés le mal et le bien. Et l'homme, en mangeant de l'arbre de la liaison, du mélange entre le bien et le mal, alors l'homme a intégré en lui, dans sa personne, le mal, alors que jusqu'alors le mal était à l'extérieur.
Et il dit: ou-méas, et depuis, garam al-yadé zé hir bouviak dolab ema asav. Cela entraînait un mélange très grand de ces actes. Qu'est-ce que ça veut dire, un mélange ? Un mélange du bien et du mal dans ces actes. Chikol maasé adam emabir bouviak vijtanout rabim me'od: tous les actes de l'homme...
Les actes sont à la fois mauvais et bons. Pas amtov, pas amra. Des fois bien, des fois tov, ou pas amra. Ou mitaper tamid, mitov lera, umira létov. Et ils changent, les actes. Ce n'est pas parce qu'une personne a fait un acte mauvais qu'elle ne va faire que des actes mauvais: elle va faire des actes bons. Et même une personne qui ne va faire que des actes bons va arriver à faire des actes mauvais. Pourquoi ? Parce que pour lui, le tov et le ra, c'est la même chose.
Et même l'acte bon. Maintenant, une personne a fait un acte bon, dit le Nefesh HaChaïm: Kimat, bilti efshar, c'est presque impossible. Ha-Olam, pour la majorité du monde. Sheti yekoula kodesh: que cet acte-là soit entièrement pur, saint, c'est-à-dire qu'il dévoile pleinement, uniquement le divin. Zaka, limpide. Nekia, propre. Legamré, totalement. C'est-à-dire qu'on ne pourra plus trouver un acte, depuis la faute d'Adam HaRichon, même un acte qui est bon, on ne pourra plus trouver un acte qui est pur, qui est totalement donné et réalisé pour faire la volonté d'Hachem.
Bélichoum netiya, sans aucune déviance. Lézé pounia, ou mar'shavakala legamré, une pensée égoïste, un intérêt dans l'acte que tu vas faire. C'est-à-dire que l'homme, même quand il va faire une mitsva, est-ce qu'elle est pure ? Depuis la faute d'Adam HaRichon, c'est très dur de trouver un acte qui va être tov legamré, bon totalement. Et aussi à l'inverse: un acte qui n'est pas bon, une personne qui va faire un mauvais acte...
Même là-bas, quelquefois il va se trouver une pensée qui est tov. Qu'est-ce que ça veut dire ? Pourquoi fait-il cet acte-là ? C'est un acte mauvais. Oui, mais des fois il va avoir pensé que c'est bien, les fidimiono, selon son imagination. Ça veut dire quoi ? Que c'est ça le problème. C'est-à-dire que l'homme a perdu totalement la valeur du Tov Membet. Il a perdu totalement la valeur. Qu'est-ce que c'est le tov et qu'est-ce que c'est le ra ?
Et même, comme je vous ai dit, on a arrêté de grands assassins: eux pensaient que c'était normal de faire ça. Ou de grands voleurs: ils pensaient que c'était normal de faire ça. J'ai connu une personne qui a grandi dans le 93. Et il m'a dit, quand j'étais jeune, on était délinquants, on volait, et on trouvait ça normal, parce qu'on rétablissait la justice. C'était injuste qu'on ait grandi dans ces quartiers-là. C'était injuste qu'on n'ait pas reçu la même éducation que les autres. Et donc c'est normal que je n'aie pas de métier. Mais c'était le système. Donc en volant les riches, on rééquilibrait, on faisait la justice.
Vous rigolez ? Mais on a tous grandi avec Robin Wood. Pas Rabin Wood: Robin Wood. Robin Wood, c'est quoi ? C'est un voleur. C'est un voleur, Robin Wood. Et même un assassin. Robin des Bois, c'est un assassin. Il va contre la loi, c'est un hors-la-loi. En revanche, sa volonté était bonne: faire la justice. Mais il y a des chemins pour amener la justice. Ce n'est pas faire ta loi. Tu vois, il est allé à l'encontre des lois du roi. Bon, le roi est méchant, d'accord, alors que le peuple se fasse quelque chose, qu'il s'organise. Mais lui fait sa loi comme il veut, la loi qu'il veut, en fonction de ce qu'il pense, en fonction de son dimayon, de son imagination.
Et là, qu'est-ce que ça veut dire ? Une chose extraordinaire. C'est-à-dire qu'on comprend ce que c'est, Etz Hadaat Tov vaRa. Il n'y a plus, comme dira le Rambam dans le Guide des égarés, il n'y a plus d'émettre la vérité et de chercher le mensonge. Il y a tov vera. Maintenant, il faut rajouter, par rapport à ce qui est dit ici d'imayon, un mot après tov: tov li, ra li. C'est-à-dire, ce n'est plus: qu'est-ce qui est vrai ? C'est: est-ce que c'est bien pour moi, ou est-ce que c'est mal pour moi ? Toutes les pensées que l'homme va avoir: tov li, ra li.
Depuis qu'on a mangé de l'Etz Hadaat Tov vaRa, ça marche comme ça. C'est-à-dire que vous allez vous poser des questions. Par exemple, je vais faire telle étude: tu vas te demander, c'est bien, c'est-à-dire, est-ce que je peux réussir là-dedans, est-ce que c'est bien pour moi ? Ça, c'est depuis la faute. Avant, il se posait la question: Ma Hachem rotse, qu'est-ce qu'Hachem veut ? Quelle est la vérité ? Quel est l'acte vrai ? Quel est l'acte pur ? Aujourd'hui, ce n'est pas ça qui nous intéresse. Même quand on fait les mitsvot, on peut avoir une pnia, c'est-à-dire: c'est pour moi, c'est pour le olam aba, c'est pour être bien accepté dans la communauté, ou c'est pour être normal. C'est-à-dire, je suis comme les autres.
Vous savez que c'est très important pour un homme d'être comme les autres. On a l'impression que chaque homme veut être un peu différent, parce qu'il s'habille différemment, il veut exprimer sa différence. Mais il y en a encore plus qui veulent être comme les autres. Tout le monde se sentirait mal s'il se sentait totalement différent des autres. Dans une prison, il y avait des assirei olam, des gens qui étaient condamnés à mort, à perpétuité, comment dit-on ? À perpétuité. Et le ministère de l'Éducation d'Israël proposait qu'ils complètent leur bac. Ils n'avaient pas eu le bac, ils le passent. Bon, mais ils sont condamnés à perpétuité. Oui, mais on sait que la perpétuité, ce n'est pas la perpétuité: tu vas sortir au bout de vingt, vingt-cinq ans. Ce n'est pas vraiment la perpétuité. Et les gens sont condamnés à perpétuité.
Il y avait une professeure qui commençait à leur donner des cours. Et à un moment, il y a un élève qui n'écoutait pas, il dormait, il s'endormait. Elle le menaçait: « Sinon je te punis. » Et je t'ai puni, je t'ai puni, je t'ai puni... Elle va mourir, à perpétuité. Et une personne qui était présente, à un moment donné, dit: « Voilà, parce que tu ne te comportes pas …
Cours de Machon Meir
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