La prière selon Rav Kook : prophétie et intention
Comment la prière des derniers prophètes relie chacun à la prophétie, et pourquoi les anciens Hassidim se préparaient une heure.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Pourquoi prier, si Dieu ne change pas sa volonté, 53 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bonjour tout le monde, nous allons continuer notre étude de la tefila. Pour autant que je sache, nous n'avons eu jusqu'à présent qu'un seul cours sur la tefila, n'est-ce pas ? Nous avons étudié en long et en large les questions et les problèmes que pose la tefila à tout homme un peu intelligent, au point que la tefila apparaît presque impossible. Vous voyez ce que je veux dire ?
Rappelons très rapidement quelques-uns de ces problèmes. Tout d'abord, la tefila est adressée à Dieu. Or nous ne savons pas qui Il est, nous ne le connaissons pas, donc nous ne pouvons pas prier. Sans parler du contenu de la tefila: la tefila est en fait une critique contre l'Éternel, puisqu'on Lui dit « ce que Tu as fait n'est pas bien, c'est insuffisant ». À part ça, il peut y avoir des erreurs dans la tefila: on peut se tromper sur ce qui nous manque. Il était donc dangereux de prier.
Par ailleurs, peut-être que la prière n'est pas possible, étant donné que nous sommes entachés de péchés. Or on nous dit qu'on peut faire la tefila. Jusque-là, vous me suivez ? Je crois que nous avons vu aussi que la première fois où il est question de prière dans la Torah, c'est la première fois où il est question de prophète dans la Torah. Ce qui veut dire que, pour prier, il faut être prophète.
Et nous avons vu qu'effectivement, à l'époque du Tanakh, seuls les prophètes priaient. Ce qui signifie, d'une certaine manière, que seuls les prophètes avaient le droit de prier. Or la situation s'est complètement renversée depuis que les prophètes ont cessé de parler. Depuis qu'il n'y a plus de prophètes, tout Israël fait la prière. De quel droit ? Vous vous rappelez de ce problème ?
Et comment avons-nous résolu le problème ? C'est que le texte de la prière a été institué par les derniers des prophètes. Les derniers prophètes se rendaient compte que la prophétie allait cesser. Très inquiets de l'éventualité que le monde soit privé de la prière, ils ont donc établi un texte dans lequel ils ont introduit tout leur monde intérieur, et dans ce texte,
dans lequel ils ont introduit tout leur monde intérieur, ils nous ont donné la possibilité de nous relier à la prophétie. Ce qui fait qu'en fait, quand on prie, il faut d'abord prophétiser. Nous l'avions prouvé à partir du Choulhan Aroukh, n'est-ce pas ? C'est donc un phénomène qui prend son origine en haut et qui passe par nous, en bas,
et qui revient vers le haut. Est-ce que c'est bien clair ? C'est clair ou pas ? Génial. Si c'est clair, c'est que vous êtes vraiment géniaux. Nous allons continuer.
Petite remarque. Savez-vous ce qu'on appelle les Assara Maamarot, les dix paroles ? D'après la tradition, cela se fonde sur les versets: quand Dieu a créé le monde, Il a parlé dix fois. Par exemple, « que la lumière soit »: une parole, Vayomer Elohim yehi or. Ou bien « qu'il y ait des plantes »: Vayomer Elohim tadshé ha-arets. Combien de fois est écrit Vayomer Elohim ? Neuf fois. Pourtant, la Michna, dans le traité d'Avot, nous dit que le monde a été créé par dix paroles, et nous ne voyons dans la Torah que neuf paroles introduites par Vayomer Elohim. Comment ?
La réponse donnée par la Guemara est la suivante. Je n'ai pas demandé que vous interveniez sur ce point précis. Il est parfois bien d'intervenir, mais mon intention est de vous donner la réponse de la Guemara, car il ne sert à rien de vous fatiguer à chercher alors que la Guemara répond. Ce serait une souffrance inutile, que je veux vous éviter.
La Guemara dit que le mot Béréchit est également une des dix paroles: Béréchit némar maamar hou. Là intervient la question: pourquoi dire Béréchit et ne pas dire Vayomer Elohim ? Si c'est une des dix paroles, pourquoi la Torah a-t-elle changé de style pour la première parole, alors qu'elle aurait très bien pu dire Vayomer Elohim ?
Tout simplement parce que, quand je dis Vayomer, c'est s'adresser à quelqu'un. Or, avant la première parole, il n'y a personne à qui parler, donc on ne peut pas dire Vayomer Elohim. Une fois la première parole, Béréchit, prononcée, à qui Dieu l'a-t-Il dite ? Vous pouvez répondre, n'ayez pas peur. À qui Dieu adresse-t-Il la première parole ? La création n'existe pas encore, les anges n'existent pas encore.
À Lui-même, c'est très bien. Donc, puisque Dieu se parle à Lui-même, il ne peut pas être écrit Vayomer Elohim. Une fois qu'il y a le Réchit, Il peut parler à quelqu'un d'autre. Vayomer Elohim s'adresse donc au Réchit qu'Il a créé. Vous suivez ? Il s'agit d'une négation: cela veut dire qu'Il ne parle pas à l'autre. Il y a donc dans les dix paroles neuf qui nous sont accessibles, intelligibles, et une qui ne nous est pas accessible: Béréchit.
Est-ce que vous avez bien compris ? Petite question de mathématiques: neuf fois deux, ça fait combien ? Dix-huit. Combien de prières et de bénédictions compte le Chmoneh Esré ? Dix-huit, dix-neuf ? À l'origine, c'est dix-huit, parce qu'il y a ici un doublement: il y a la parole qui nous est adressée par le Bon Dieu, et il y a notre relation en retour,
nous qui Lui parlons. Donc tout le mouvement de la prière est double: c'est deux fois neuf, dix-huit. Dans ce cas, comment se fait-il qu'il y ait dix-neuf bénédictions ? La dix-neuvième a été instituée contre les minim, n'est-ce pas ? Les minim se sont permis d'inventer une théologie par laquelle ils essayaient de définir Dieu Lui-même. Ils portaient donc atteinte à la source. Cela fait donc deux fois neuf, plus un.
Un texte de la Guemara demande pourquoi il y a dix-huit bénédictions, parce qu'on dit qu'il y a dix-huit fois le nom de Dieu dans la lecture du Chema. Question de la Guemara: et la bénédiction des minim, elle n'a pas de nom de Dieu ? Réponse de la Guemara: c'est en rapport avec le mot Ehad qui figure dans le Chema Israël: Hachem Elokeinou, Hachem Ehad.
C'est-à-dire que Ehad désigne l'atteinte à l'unité à travers la doctrine de la Trinité et tout le bazar. C'est pour cela qu'il y a une dix-neuvième bénédiction. Oui ? Quoi encore ? Il faut arriver à dix ? C'est dix-neuf ! Donc ça ne pourrait pas arriver à dix ? Tu veux dire à vingt ? Ne faut-il pas dire à vingt ? Bon. Il y a bien sûr une vingtième, celle que l'on dit les jours de jeûne, Ahon El Hamou Israël Etzara. Oui. Je parle des minim historiques, ceux pour lesquels cette bénédiction a été instituée. D'accord ?
Bon. Oui, quoi ? Je n'en sais rien, ce n'est pas mon sujet. J'ai un principe, peut-être un peu borné, qui est de ne parler que du sujet du cours. D'accord ? Vous allez me dire: mais qui décide du sujet du cours ? Je suis là pour …
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