Pourquoi la prière est-elle si difficile à tenir
Le Talmud voit dans la prière une position au sommet du monde, que les hommes fuient naturellement.
Rav Oury Cherki
Ensuite : La prière selon Rav Kook : prophétie et intention, 55 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Introduction
Étant donné que nous sommes jeudi, nous allons donc entreprendre l'étude de la tefila. Une partie de notre étude sera basée sur des livres, sur des textes, parfois sur le Sidour. Mais pour aujourd'hui, je ne pense pas que ce soit nécessaire. Nous allons faire une introduction à la tefila, à la prière, et nous allons nous poser essentiellement un amoncellement de questions.
Il est tout à fait possible qu'après toutes les questions que nous allons poser, vous preniez la décision de ne plus faire la tefila. Ce n'est pas impossible. Seulement, je vous demande d'avoir de la patience et de continuer à faire la tefila au moins jusqu'au prochain cours. Si le prochain cours ne parvient pas à vous convaincre, arrêtez de prier. Mais pour l'instant, nous allons commencer par une série de questions.
Et tout d'abord, puisque nous parlons de la prière, il faudrait remettre en place une erreur pédagogique colossale, qui est souvent faite par des enseignants de Kodesh, comme on dit en France. En France, ça s'appelle des cours de Kodesh. Vous connaissez ça ? Les cours de Kodesh, ça veut dire du judaïsme. Et il y a une gaffe gigantesque, qui consiste à dire: « Chers élèves, aujourd'hui nous allons apprendre ce que c'est que la tefila. Il faut savoir, chers élèves, que la tefila, c'est la chose la plus naturelle au monde. » Fin de la gaffe.
C'est absolument ridicule, une chose pareille. Si mon maître me dit qu'il est naturel de faire la tefila, il y a plusieurs réactions possibles. Ma première réaction serait de dire: « Il est fou. Il pense que c'est naturel de faire la prière. » Mais moi je sais — enfin, pas moi, mais un ami à moi — que je préfère rester sous ma couverture, surtout quand il fait froid dehors et chaud à l'intérieur. Donc cette idée que ce serait inné et spontané de faire la tefila signifie que le maître, le professeur de Kodesh, est persuadé que la première chose que je veux faire quand j'ouvre un œil le matin, c'est de me précipiter hors de mon lit pour aller faire la tefila. Or, nous savons par l'expérience qu'il y a, je crois, des comportements alternatifs à ça.
Autre réaction, encore plus grave: se dire que, puisque c'est lui le maître, il sait ce qu'il dit, il a raison, donc c'est que moi, je suis fou. Parce que moi, je ne sens pas le besoin naturel de faire la techouva. C'est donc lui qui a raison, et c'est moi qui suis fou. Quoi qu'il en soit, la première réaction comme la deuxième sont des réactions nocives sur le plan pédagogique.
Nos sages, dans le Talmud, ont pensé exactement le contraire de ce que dit le professeur de Kodesh. Kodesh se dit avec un accent grave, un ch, parce que c'est comme ça que c'est dit avec l'accent français; ce n'est pas comme ça que ça doit se dire, mais ce n'est pas grave. Baroukh Ata Adonaï Eloheinou Mélekh HaOlam, Shehakol Nihyé Bidvaro. Ça fait du bien. Par où ça passe ?
Nos maîtres, dans la Guemara, dans le Talmud, pensent exactement le contraire. Ils se basent sur un verset dans le livre de Tehilim: Keroum Zoulout Livné Adam. Qu'est-ce que c'est que Keroum Zoulout Livné Adam ? C'est presque intraduisible, mais ça veut dire: « Lorsque monte le mépris des fils de l'homme. »
La Guemara interprète ce verset comme voulant dire la chose suivante: il y a des choses qui sont au sommet du monde, Dvarim HaOmdim BeRoum Shel Olam. Le mot roum veut dire ici le sommet du monde. Il y a des choses qui sont au sommet du monde, Oumevouné Adam Mezalzelim Bahem: mais les fils de l'homme les méprisent.
Et de quoi s'agit-il, dit la Guemara ? C'est la tefila. C'est-à-dire que la tefila, bien qu'elle place celui qui fait la prière au sommet du monde, suscite la réaction naturelle de la plupart des hommes, qui est de mépriser la prière. Et si la Guemara dit ça en se basant sur un verset de Tehilim, c'est donc qu'elle n'est pas en train de décrire un phénomène contemporain de la Guemara. Elle parle d'un phénomène permanent: il y a en permanence une fuite par rapport à la prière.
Et pourquoi les hommes fuient-ils la prière ? La réponse est donnée par le verset lui-même: parce que cela place au sommet du monde. Imaginez-vous, par exemple, qu'on vous ait mis, pour un instant, au sommet de la pointe suprême de l'Everest. Autour de vous, il y a des abîmes. Vous avez un mètre sur un mètre pour tenir. L'atmosphère est rare, l'oxygène est raréfié. On vous a mis là-bas pour que vous plantiez un drapeau, et vous dites: « Voilà, je suis arrivé là-bas. » D'accord, vous le faites. Mais qu'est-ce qui vous presse de repartir ? Vous ne voulez pas rester trop longtemps là-bas. Ça fait peur, ça donne le vertige.
La Guemara nous dit: c'est exactement ça, la prière. La prière est une action qui nous met en relation directe avec les éléments les plus élevés de la création. Nous sommes, pourrait-on dire tout simplement, dans un face-à-face avec le Créateur, sans protection, sans écran. C'est terrible.
Or, les Juifs prennent très au sérieux la prière. Ils comprennent véritablement ce que cela veut dire. C'est la raison pour laquelle ils ont peur d'y rester. Ce qui fait que lorsque vous entrez dans une synagogue et que vous voyez des gens qui ont un Sidour ouvert devant eux, vous voyez qu'ils font tout leur possible pour que ça se passe vite, n'est-ce pas ? C'est-à-dire que la majorité des hommes ne font pas la prière. Parmi ceux qui la font, il y en a très peu qui font vraiment la prière. La plupart de ceux dont on dit qu'ils font la prière s'acquittent, en fait, de l'obligation d'être fidèles à la tradition, qui consiste à lire des pages d'un rituel.
Oui, on est tous contents de faire la tefila. Chez nos frères séfarades en particulier, et chez les Hassidim aussi, mais même chez nos frères séfarades on voit que, justement, au lieu de faire la prière, on chante, on danse et on parle. C'est comme si un martien qui viendrait voir une synagogue juive se disait: « Mais enfin, qu'est-ce que c'est que cet endroit ? » Eh bien, c'est un endroit où les Juifs viennent parler entre eux, d'accord ? Accessoirement, le nom de Dieu est mentionné là-bas, mais c'est accessoire, n'est-ce pas ?
Donc ce phénomène est trop général pour être un accident. Il y a quelque chose de très profond qui se cache dans tout ça.
— Oui, vas-y.
— C'est parce que…
— C'est ce que tu crois. C'est pour ça que je te donne un cours, justement. Je te donne un cours pour t'apprendre ce qui se cache dans ton subconscient. Ce dont tu parles, c'est de ton conscient. Moi, je parle du subconscient du Juif. C'est-à-dire que je fais ce qu'on appelle du limoud route.
Cours de Machon Meir
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— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
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La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
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