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Amen, l'émouna comme certification du divin

Le mot Amen relie le Nom du tétragramme à notre monde, et l'émouna se définit comme certifier l'infini dans le réel.

47 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : L'amour du prochain comme vertu, non comme devoir, 54 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Tov. Mes attachés, vous savez qu'il existe plusieurs noms de HaKadosh Baroukh Hou. Chaque nom fait référence à un vêtement, c'est-à-dire à un dévoilement de Son identité infinie. D'une manière générale, le nom de l'essence, c'est le nom que vous voyez dans vos livres de prière ou dans la Torah: le Yud Ké Vav Ké, le tétragramme. Ces quatre lettres représentent, en fait, le domaine qui est au-delà du temps, de l'espace et de l'homme, mais qui fait vivre le temps, l'espace et l'homme. Ce nom-là s'appelle en hébreu Chem Havaya, le nom de l'existence. Ce n'est pas le nom de quelqu'un, c'est tout simplement le téour, c'est-à-dire la description de la fonction que ce nom génère dans l'univers.

Donc le nom d'Hachem que vous voyez, Yud Ké Vav Ké, c'est le nom de l'être. C'est le nom qui vous fait être ce que vous êtes, qui fait être toute chose. À l'infinitif, lihiyot: être. Chem Havaya, c'est le nom de cet être-là. Donc tout vit de Son existence, béni soit-Elle. En hébreu, Ani Hovee Mehavayato: je suis de Son être. Cette capacité est donc une capacité qui embrasse tous les temps. Elle n'est pas limitée, cette force, à un temps précis, pour montrer que l'Infini, béni soit-Il, peut

appartenir au passé, au présent et au futur de la même manière. C'est pour ça qu'avec ces quatre lettres du tétragramme, Yud Ké Vav Ké, vous pouvez écrire le nom du passé, Hayah, le nom du présent, Hové, et le nom du futur, Ihye. Tout ceci dans ces quatre lettres. Avec la combinaison différente de ces lettres, vous pouvez écrire « il était », « il est », « il sera ». Donc tout est de Son être. Seulement, ce nom est tellement élevé qu'il est transcendant, qu'il dépasse notre

capacité à concevoir les choses.

Qu'a fait l'Éternel, béni soit-Il ? Il nous a donné un vêtement sur ce nom-là, un vêtement qui va habiller ce nom du tétragramme, c'est-à-dire un autre nom. Comme s'il y avait un étui, et à l'intérieur de cet étui vibre et vit le nom qu'on vient de dire. C'est pour ça que lorsque vous voyez ce nom-là dans le texte, vous ne le dites pas. Vous dites le nom que je viens de dire maintenant. C'est-à-dire que vous voyez quatre lettres et vous dites quatre autres lettres. Ce qui est bizarre.

Vous ne vous êtes peut-être jamais posé la question, parce que vous avez grandi comme ça, mais un bébé qui commence à parler, lorsqu'il est face à ce nom-là, va le dire: Yého. Et son papa ou sa maman lui dit: « non, non, on ne dit pas ça. On le voit, mais on dit Adon. » Il faut se poser la question: pourquoi ? Ce n'est pas normal de voir quelque chose et de dire autre chose. Ce « pas normal », c'est par rapport à notre monde d'aujourd'hui.

Notre monde d'aujourd'hui n'est pas encore capable de comprendre et d'assimiler ce tétragramme. Alors, pour ce monde-là, qui n'est pas encore capable d'assimiler ce nom, D.ieu nous a donné un deuxième nom, comme un filtre, comme un vêtement. On va dire ce nouveau nom, mais on va penser en même temps au nom qui est à l'intérieur, le tétragramme. Nous sommes donc ici face à un jeu qui va associer les deux noms: on dit un et on voit l'autre.

OK ? Vous êtes avec moi ? Alors, on va jouer. On va prendre la valeur numérique des lettres du premier nom: le Yud, le Hé, le Vav et le Hé. Vous connaissez tous la valeur numérique des lettres. Chaque lettre a un poids, et donc elle a une certaine structure. Étant donné que c'est un nom qui dépasse l'entendement, rappelez-vous que nous avons déjà dit à plusieurs reprises que le monde dans lequel nous sommes est lié au chiffre 7. Pour rappel, c'est le nom de l'existence. Mais au-dessus du 7, il y a ce qu'on appelle la neshama. La neshama, c'est le 8; ce sont les mêmes lettres que Shmoné. Que je dise en hébreu Shmoné ou Neshama, ce sont les mêmes lettres. Donc, au-dessus de ce monde, il y a un monde de l'ordre du 8.

Alors, reprenons la valeur numérique du nom Yud, Ké, Vav, Ké: 26. Je rassemble tout: 2 plus 6 égale 8. C'est-à-dire que je suis face au 8. D'accord ? Le deuxième nom, en valeur numérique: Alef, Dalet, Nun, Yud, Adon, avec un Yud à la fin, 65. 6 et 5, 11. C'est-à-dire que nous sommes face à un 2: 1 plus 1. Le monde dans lequel nous sommes est un monde de dualité, un monde qui commence par un Beit. Donc le deuxième nom, Adon, correspond bien à notre monde.

Donc nous avons deux noms: le tétragramme Yud Ké Vav Ké, qui fait 26 en valeur numérique, et l'autre nom, qui a pour valeur numérique 65. Et puisque je vois l'un et que je dis l'autre, je dois les associer. 26 plus 65 égale 91. C'est un chiffre secret qui écrit un mot nouveau: Amen. Aleph, c'est 1; Mem, c'est 40; Nun, c'est 50: 91. Donc le mot Amen est tout simplement la conjugaison des deux noms que je viens de vous donner. Celui qui transcende et celui qui est à l'intérieur de notre monde, dans l'immanence.

Si je suis capable de faire venir le tétragramme, Yud Ké Vav Ké, dans le monde dans lequel je suis, Alef Dalet Nun Yud, eh bien, je suis quelqu'un de Ma'amin. Je suis un croyant. Dans un mauvais français, dans une mauvaise traduction, on appelle ça « croire ». Ani Ma'amin: je viens de vous montrer que le mot Amen est la racine de trois lettres du mot émouna. Ce n'est pas « croire en quelque chose ». C'est faire venir, acheminer quelque chose qui était très, très loin dans le monde, qui est très, très proche de moi. Donc quand je dis en hébreu « ani ma'amin », je ne traduis pas par « je crois », comme vous avez peut-être l'habitude de le faire, mais je fais venir. Je suis acteur pour faire dévoiler la chose en laquelle j'ai émouna. Vous êtes avec moi, ou je réexplique ? Je réexplique.

Par exemple, est-ce que je peux avoir émouna en moi ? Oui ou non ? C'est la émouna la plus basique. Donc je ne traduis pas « je crois en moi », mais je fais circuler à travers mon être la vie. Avec des mots simples: je vis. Donc, comment traduisez-vous Ani Ma'amin ? Je vis, je certifie la vie par le fait même que je sois là. Donc ni « je crois », ni « j'ai la émouna ». Toutes ces traductions sont fausses. Car, encore une fois, le mot Amen vient du mot « faire venir », comme « amener » en français. Si ça peut vous aider, c'est un jeu de mots: Amen, amener, acheminer. Le degré en lequel j'ai émouna: si j'ai émouna en moi, je vis ma vie, …

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