La techouva avant la création du monde selon Orot
Le cours montre que la techouva précède les fautes, et qu'elle est le retour de Dieu dans sa création.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Voir le divin dans toute la réalité, 1 h 04
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Ezrat Hachem. Aujourd'hui, nous allons avancer dans notre étude concernant le mois de la techouva, c'est-à-dire Eloul. Je rappelle certains points que nous avons développés au dernier cours. Nous avons dit que la techouva était, à la base, à l'origine même de la création du monde, puisque la Guemara, dans le traité de Pessahim, à la page 54, nous dit que la techouva a précédé la création du monde. Cela veut dire qu'en réalité elle était la raison pour laquelle le monde fut créé.
Si j'emploie le terme de « précéder », on ne peut pas parler de « précéder » avant la création du monde, car le temps n'existe pas. La création du monde, c'est elle qui a commencé à faire apparaître dans notre monde la notion de temps et d'espace. Ces notions n'existent pas avant. Vous êtes d'accord ?
Et donc, quand on dit que la techouva a précédé la création, cela ne veut pas dire qu'elle a précédé au niveau du temps, puisque le temps n'existe pas, mais qu'elle a précédé au niveau de la pensée. C'est-à-dire qu'elle était la raison de toute la création. Moralité: toute la création du monde ne vient que révéler la raison qui a précédé la création. Le monde a donc été créé pour révéler la techouva. D'accord ?
— Tout à fait. — Non, ce n'est pas un monde de techouva. En fait, là, tu es en train de dire que la notion de rahamim, de midat harahamim, c'est la techouva. Tu es d'accord ? Parce que le terme de techouva n'est pas utilisé dans la Guemara que tu apportes maintenant, dans le midrach que tu apportes. Je vais te citer le midrach tel qu'il est dit, bikesh:
HaKadosh Baroukh Hou livrou et ha'olam bemidat hadin ra'a she ein ha'olam mitkayem bemidat hadin ba veshitef midat harachamin. Il n'y a pas de notion de techouva là-dedans. — Non. Alors justement, c'est ce que je suis en train de t'expliquer. Tu as employé un terme de techouva dans une notion qui ne rapporte pas cette notion. Moralité, le monde, effectivement, comme tu le dis, et c'est vrai, a été créé à la base avec ce qu'on appelle une mida tadim, une mesure de hemet, de rigueur totale, où dès que tu fais quelque chose, tu as la récompense ou la punition, entre guillemets, de ce que tu fais, de tes actes. Effectivement.
Mais ce que HaKadosh Baroukh Hou a rajouté, c'est une notion qui s'appelle la notion de rahamim, qui est en réalité une notion de temps. Et la techouva, elle, est en dehors du temps. Non, la techouva, non. — Dans le temps, mais ce n'est pas le temps lui-même. — Si, parce que la techouva n'est pas reliée directement à une faute. C'est ce qu'on a expliqué la fois dernière. Toi, tu es en train de dire que la techouva est la conséquence d'une faute. On est d'accord ? C'est-à-dire: il y a la faute, il y a techouva. Et moi, je te dis le contraire. La techouva a précédé le monde, donc elle a précédé les fautes. Il n'y a pas encore de faute et il y a déjà la techouva.
C'est autre chose. C'est pour ça qu'il faut laisser expliquer les inyanim. D'accord ? Je sais que vous avez l'habitude, on a tous l'habitude de penser que la techouva est là parce qu'il y a faute. Pas de faute, pas de techouva. On n'a pas besoin de la techouva s'il n'y a pas de faute. Et là, ce que je vous dis, ce que les Sages nous disent dans cette fameuse Guemara de Pessahim 54, c'est que la techouva est là avant les fautes. Il n'y a même pas de faute, il n'y a même pas de monde, il n'y a même pas d'homme pour fauter. Il n'y a rien, et il y a déjà la techouva. Vous comprenez ? Il faut donc comprendre ce que cela veut dire.
D'accord. Il y a donc un fait. Si tu vas dans cet inyan, HaKadosh Baroukh Hou, makdim refou'a lamakka, c'est-à-dire qu'il a précédé le remède à la maladie en question. Cela veut dire que toute la création du monde, si je vais dans ton sens, c'est la création d'une maladie, d'une grande maladie. — Ok. Donc le monde est une grande maladie, à laquelle a précédé une grande guérison, qui s'appelle la techouva. — Ok.
Alors, dans ce sens-là, on va avancer, on va essayer de comprendre. Donc ce monde, en fait, est une maladie. — Ah, là, tu es en train de donner des nuances. Tout à l'heure, tu étais plus direct. — Il y a un fait. Donc il existe un remède, une plaie, mais cette plaie n'est pas obligée d'être activée, on va dire. Elle est potentiellement existante, mais on n'est pas obligé de l'utiliser. Adam Harichon l'a utilisée en consommant du bien et du mal.
Donc il a utilisé cela, et maintenant la techouva, qui existait avant, rentre en jeu. Elle va commencer à s'activer dans le monde. D'accord ? C'est ce que tu es en train de dire. — C'est-à-dire ? — Il y avait d'autres inyanim ? — Alors, nous, ce qu'on avait apporté comme hidouch la semaine dernière, c'était que l'on peut comprendre la techouva comme le retour, car c'est l'une des traductions, on est d'accord ? La chouvah, revenir. Le retour de qui ?
Du Créateur dans sa création. Comprenez-moi bien. La création du monde, c'est comme si Dieu avait accouché du monde. L'infini, béni soit-il, a sorti le monde de lui-même, comme une femme qui accouche d'un bébé. Ce bébé, maintenant, est dehors. Pourquoi suis-je arrivé à cette conclusion ? Parce que le mot livro' veut dire se déconnecter. Donc le mot béria, c'est sortir de. D'ailleurs, en araméen,
et en arabe, « dehors » se dit « bara ». Donc le mot bara veut dire « à l'extérieur de ». Toute la création est donc à l'extérieur de. Elle est donc vouée à mourir. Car si Dieu ne fait pas vivre ce bébé qui vient de naître, ce bébé va mourir. Donc Dieu revient vers son bébé, comme une maman revient vers son bébé pour le nourrir,
pour que ce bébé vive. C'est donc Dieu qui revient en premier dans toute l'histoire de la techouva. C'est le premier qui fait, entre guillemets, techouva, non pas dans le sens « j'ai fauté, je me repens », mais dans le sens « j'ai créé quelque chose qui manque, et maintenant, moi, l'Infini, je reviens dans mon monde ». Donc le premier qui fait l'acte de techouva dans toute l'histoire de la création, c'est HaKadosh Baroukh Hou lui-même. Ok ?
Comment va s'inscrire notre techouva à nous, individuelle, à l'intérieur de cette grande techouva divine ? Tout simplement en exagérant son retour. C'est-à-dire que j'aide HaKadosh Baroukh Hou à revenir de plus en plus dans le monde qu'il a lui-même créé. Je ne monte pas vers lui, je ne quitte pas ce monde. Au contraire, je m'ouvre. Je deviens le canal, en l'occurrence moi-même, je m'ouvre de plus en plus pour que l'Infini me traverse et remplisse de plus …
Cours de Machon Meir
Dans la même série
28 cours du Rav Yossef Benshoushan, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Rav Kook, Pensée juive, Histoire d'Israël, Erets Israël, Émouna.
- 23
Rav Kook : la génération du retour et les idéauxPourquoi l'idéal précède le concret, et comment la génération de la Techouva doit rêver Yerouchalayim plutôt que survivre. - 24
La sainteté, essence du peuple d'Israël selon le Rav KookLe cœur de l'âme d'Israël est une source de kedoucha, qui s'exprime dans la justice et la vie concrète. - 25
Le vol, la Torah et la nature humaine selon le midrashPourquoi les peuples refusent la Torah : le midrash d'Edom, Moav et Ichmaël, et la question de la nature. - 26
La guerre dans la pensée du Rav KookPourquoi la Grande Guerre annonce la moisson des tyrans et l'aube d'une nouvelle ère pour l'humanité. - 27
La techouva avant la création du monde selon OrotLe cours montre que la techouva précède les fautes, et qu'elle est le retour de Dieu dans sa création. - 28
Voir le divin dans toute la réalitéLe Rav Kook invite à percevoir la vitalité divine qui anime la matière, la nature et l'histoire humaine.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav