La bénédiction des Cohanim, bénir avec amour
Pourquoi la bénédiction sacerdotale exige un amour réel entre les Cohanim et le peuple, et non un simple geste rituel.
Rav Rony Akrich
Ensuite : La haine gratuite, l'Aleph et l'unité de la diversité, 50 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
On va travailler sur Birkat Kohanim. J'ai dit que David n'est pas là, donc je n'ai pas de photocopie. Dans Bamidbar, Perek Vav, Pasouk Chavbet, il y a écrit:
C'est-à-dire que l'Éternel s'adresse à Moïse pour lui dire: Daber el-Aharon, parle à Aaron, c'est-à-dire celui qui a été nommé comme étant le premier Mekhaen, c'est-à-dire le premier fonctionnaire. Ve'el banav, et à ses enfants. Lemor, kho tevarekhou et Bnei Israël. Ainsi vous allez bénir les enfants d'Israël. Lemor lahem, tu leur diras:
Yevarechecha vishmecha... Vous connaissez la paracha, on ne va pas la reprendre. Ce qui m'intéresse, ce n'est pas tellement la paracha en elle-même, mais quelque chose de particulier au sein de la paracha, qui devrait d'ailleurs nous étonner. Vous savez comment j'aime toujours trouver ce qui doit nous étonner, parce que les redondances de la connaissance ne nous intéressent pas particulièrement. Mais d'abord et avant tout, ce qu'il y a de particulier.
Alors commençons. Le Baal HaHinoukh, Sefer HaHinoukh, que vous connaissez certainement, écrit cela: avant qu'ils ne se retournent pour bénir les enfants d'Israël, donc le Sefer HaHinoukh, mevarekhim, ils bénissent. Quelqu'un peut fermer la porte, merci.
Baroukh Ata Hachem Elokeinou Melekh haolam, asher kiddeshanou bekdoushato shel Aharon, vetsivanou levarekh et amo Israël be-ahava. Essayez d'imaginer ce qui a attiré mon attention là-dedans. Il ne fallait pas sortir de Saint-Cyr pour s'imaginer que c'est ce qui m'intéressait en premier. Donc, en essayant de chercher, d'entendre et de comprendre,
je veux me poser une question à moi-même: où sommes-nous ordonnés de bénir le peuple d'Israël avec amour ? Je vous ai lu le passage, je vous le relis.
Donc, la question que je pose est celle-ci: où est-ce que nous avons été commandés, ordonnés de bénir avec amour ? Dans le verset que je vous ai cité, de Bamidbar, cela n'est pas dit. Et pourtant, nous allons voir que dans la littérature hébraïque, la conception de la paracha, telle qu'elle est prononcée aujourd'hui, est cardinale. La Michna Broura vient et nous dit: deux Kohanim qui ne se supportent pas l'un l'autre, et qui pourtant auraient promis de se servir l'un l'autre, on les autoriserait à monter sur le tapis, ou sur le Echal, devant le Echal, pardon. Mais aucun des deux ne peut dire à l'autre: nous allons nous partager la tâche, toi le matin, moi l'après-midi. Comme si
il s'agissait d'une réalisation. Qu'est-ce que vous entendez dans la Michna Broura ? Comme s'il y avait une volonté d'agir administrativement. Or, la première chose que je voudrais vous dire, c'est que le seul fait d'avoir été mis face à face avec la bénédiction, où le mot Ahava est inscrit, m'ôte toute possibilité référentielle
d'un agissement récurrent, perroqué, mais d'une responsabilité émotionnelle, sensitive, vis-à-vis de la responsabilité qui m'est dévolue. Vous me suivez jusque-là ? Je continue à regarder mes références, à vous informer, et on travaille ensemble. Si vous avez des choses à dire, il faut le dire, bien entendu.
S'il n'y a pas d'amour, de respect, avant de parler d'amour, s'il n'y a pas de respect entre un Kohen et l'autre, ils ne sont pas autorisés à bénir le peuple d'Israël. S'il n'y a pas de respect d'un Kohen vis-à-vis de l'autre, si les deux Kohanim ne sont pas en entente parfaite, aimable, non. Si, entre eux, ils ne sont pas
en bonne entente, ils ne doivent pas bénir les enfants d'Israël. Au contraire, ils doivent les bénir. Je dis cela pour que vous entendiez ce que l'on va dire par la suite, car la question qui va se poser, avant que je vous le dise, dites-le-moi: quelles sont les deux questions qui, par rapport à ce concept d'agir avec amour,
concernant la responsabilité du Kohen, mettent le mot amour en porte-à-faux ? On a dit: le Kohen avec un autre Kohen, cela ne les empêche pas de devoir bénir Israël. Dans quel cas de figure le Kohen va-t-il être empêché de bénir Israël ?
— Oui, ou disons le Kahal, plutôt que l'individu seulement, mais c'est vrai que la discussion portera sur l'individu aussi. Et le deuxième cas ?
— Absolument, bien évidemment. C'est d'ailleurs la première chose qui nous vient à l'esprit. Si je ne suis pas l'individu à même d'être porteur de cette valeur, de cette vertu, mida, il m'est difficile
de pouvoir l'offrir. Vous vous rappelez, je vous l'ai dit et répété mille et une fois: je ne peux offrir et donner que ce que je possède. Voilà. Donc, voyons la suite. Aval Kohen chehatzibour sonimoto, ousone etatzibour, sakana uler Kohen imissah kapav. La Michna Broura vient et dit: ce n'est pas seulement si le public ne l'aime pas
ou si lui n'aime pas le public. Et là, s'il n'y a pas cette entente-là, c'est dangereux pour lui. Dites-moi pourquoi. Je pourrais dire: le public, c'est dangereux pour le public. Pourquoi le texte de la Michna Broura vient-il nous dire que si le public n'aime pas le Kohen, le Kohen ne peut pas le bénir ? C'est tout le malheur du téléphone.
Pourquoi est-il dit sakana, le Kohen imissakapav ? Il est dangereux pour le Kohen, dans ces conditions-là, d'étendre ses mains pour bénir Israël.
— Oui, mais ça ne m'explique pas le cas où le public n'aime pas ce Kohen. Ça ne serait pas un danger pour lui.
Alors essayez d'être plus explicite dans le propos. Ce n'est pas faux, ce que tu dis. Maintenant, il faut essayer de disserter dessus, aller plus loin que cela. Pour penser à l'amour que le Kohen doit donner, ou à l'amour que le Kohen pourrait donner si le public l'aimait, et dans le cas contraire non plus, laissons tout cela de côté. Pendant quelques minutes, parlez-moi du Kohen. Parce que si nous n'avons pas, en amont de ce que nous disons,
une idée de qui est le Kohen, il est difficile pour nous de continuer. Le Kohen, c'est le représentant de qui ? Aharon est le fonctionnaire, nous l'avons dit: le fonctionnaire de l'Éternel. Yafé, pouvez-vous me dire d'où vient le Kohen d'Aaron ? Pouvez-vous me dire pourquoi Aaron est celui qui a été choisi pour incarner la Kehouna ?
— C'est vrai aussi, mais bien avant cela.
— Très bien, parce qu'il est Lévi, c'est déjà en amont de ce que tu as dit. Ce n'est pas faux, mais bien avant cela. Y a-t-il autre chose, bien avant le fait qu'ils appartiennent à la tribu de Lévi ?
— Euh, généralement, la Kehouna, ils appartiennent à la tribu de Lévi, mais la tribu de Lévi a été choisie parce que… Ah !
Voilà une chose importante, un raisonnement mathématique, logique: être conscient que, lorsque je suis confronté aux effets, je dois en rechercher les causalités. La première causalité qui nous amène à voir le Kohen sur le parvis, tendant les mains, c'est celle que vous avez dite. Que s'est-il passé ?
— Non, ce n'est pas la raison pour laquelle les Lévi vont être choisis. Quelle est l'épopée historique pour laquelle les Lévi vont être choisis ?
Cours de Machon Meir
Dans la même série
64 cours de Rony Akrich, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Émouna, Rav Kook, Erets Israël, Techouva.
- 9
Étude de la Torah, sciences et lumière cachée de la prophétiePourquoi la sagesse prophétique échappe à la raison seule, et le rôle décisif des midot dans la réception de la Torah. - 10
L'homme, la femme et la fraternité dans la GenèseLe double souffle de l'homme (nefesh et neshama), puis le nom 'Ichah' et la notion de fraternité dans Bereshit 2. - 11
Adam, Eve et la naissance de CaïnComment le verset « Adam connut Eve » engendre Caïn, et pourquoi l'être précède l'avoir. - 12
Se rencontrer soi-même, premier pas vers autruiLe Kouzari définit l'homme de bien (Chassid) comme celui qui se gouverne lui-même avant d'aimer autrui. - 13
La bénédiction des Cohanim, bénir avec amourPourquoi la bénédiction sacerdotale exige un amour réel entre les Cohanim et le peuple, et non un simple geste rituel. - 14
La haine gratuite, l'Aleph et l'unité de la diversitéPourquoi le second Temple est tombé par haine gratuite, et comment l'Aleph relie les Youd et l'unité. - 15
Techouva : la racine du mot et le sens de chouvLe cours part de la racine chouv pour montrer que la techouva est un retour à soi, non un simple aveu de faute. - 16
Qui est l'homme intègre ? Tamim Tiyei et la mission d'IsraëlLe verset cardinal « Tamim Tiyei » expliqué à partir du Devarim, de la Torah et de la mission du peuple d'Israël. - 17
A couper (fin) - 18
Connaître ses vertus et ses sentiments pour se connaître soi-mêmeLe Talmud (Sota 14a) : l'homme peut suivre Hachem en imitant ses attributs, notamment l'humilité, premier trait d'Adam.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav