L'homme intègre : tamim, la perfectibilité et le libre arbitre
Onkelos traduit tamim par chalim : l'intégrité comme processus, et non comme état acquis une fois pour toutes.
Rav Rony Akrich
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La semaine dernière, j'ai parlé de ce cours que j'ai préparé, qui doit vous permettre de toucher, à mon avis, pendant ces deux derniers mois, à l'essentiel. J'ai bien dû parler de toi, j'aurais dû parler du Machiah. Et parler de l'homme intègre. Vous avez votre feuille de la semaine dernière, n'est-ce pas ? Donc, parler de l'homme intègre.
Ceux qui n'étaient pas là demanderont à leurs amis de quoi il était question, sinon cela serait un peu difficile, mais vous allez certainement retrouver des choses. Je suis arrivé à la référence 6. La référence 6, qui est bien entendu le propos d'Onkelos. Vous savez, Onkelos est un personnage romain converti au judaïsme, qui a eu l'idée de traduire l'hébreu en araméen.
Seulement, il ne s'est pas contenté de traduire l'hébreu en araméen. Il a aussi mis sa touche particulière. Par exemple, dans cette phrase, mais je vous donne un autre exemple. Au début de Béréchit, lorsqu'il est question que Dieu insuffle un souffle de vie dans les narines de l'être créé pour qu'il devienne l'humain, Onkelos dit Rouach Memaléla, c'est-à-dire un esprit communicateur.
Il se transforme en sociologue de l'histoire et nous fait entendre l'esprit communicateur. L'homme n'aurait donc de souffle de vie réel que s'il était capable de communication. C'est intéressant, parce que bien des années auparavant, Aristote dira que l'homme est un être politique. Politos, c'est-à-dire un être discursif.
C'est-à-dire l'être de l'échange. Il est intéressant de voir comment Onkelos le Romain, devenu juif, traduit Rouach Memaléla par l'esprit communicateur, alors que plusieurs années auparavant, beaucoup d'années, comme je l'ai dit, Aristote disait qu'il s'agit de l'homme politique, de l'être politique. Eh bien, regardez ici, c'est pareil.
Alors, la référence 1 est la source, bien entendu: Tamim tihyé im Hachem Elokecha. Nous avions expliqué qu'il s'agit de l'homme intègre, d'accord ? Tamim, ce n'est pas le « niais » tel qu'on le traduit malheureusement dans la Haggada de Pessah, pour des raisons qui me sont totalement inconnues.
Avec le plus grand respect pour l'ensemble des commentateurs, j'ai toujours une question sous-jacente à leurs écrits: pour quelles raisons ont-ils décidé d'écrire ce qu'ils écrivent ? Vous voyez, je ne suis pas l'esclave de la lecture, j'essaye d'être l'homme libre de la lecture, puisque lecture en hébreu, vous vous rappelez, c'est likro, et c'est aussi kria.
C'est-à-dire que non seulement je lis, mais je suis interpellé par la lecture. En espagnol, on disait de ne pas lire comme un baboso, c'est-à-dire comme un être figé, qui, lorsqu'on lui dit quelque chose, répond « ah bon » et pas plus que cela. Vous comprenez ? Donc, même en lisant l'ensemble des commentateurs qui nous servent de référence, je reste avec un esprit sous-jacent à l'explication,
un esprit qui interroge, qui s'inquiète, qui cherche. Tamim tihyé im Hachem Elokecha. Que dit Onkelos ? Chalim tihyé. Vous avez compris: intègre tu seras. Mais comment traduit-il tamim ? Traduit-il tamim ? Non ? Oui. Dis-moi en hébreu. Chalem. Vous voyez ? Onkelos se permet donc une traduction.
Ce n'est pas simplement une traduction, mais il essaie de ne pas trahir, car vous savez que traduire, c'est un tant soit peu trahir. Il essaie donc de ne pas trahir. Comment fait-il ? Il essaie de coller au plus proche de l'explicatif, c'est-à-dire du signifié du terme. Le signifié du terme ici, tamim, c'est tam. Comment puis-je confirmer ce que dit Onkelos ?
Deux phrases, par exemple, que vous connaissez certainement. Yaakov ish tam yochev ohalim. Yaakov est un homme intègre, résidant sous sa tente. Pourquoi est-il intègre ? Parce qu'il est l'homme qui est sous sa tente, c'est-à-dire dans l'introspection de son être. Bien. Quel autre exemple ai-je ? Torat Hachem tmima meshivat nefesh. La Torah de l'Éternel est intègre. Cela veut dire quoi ?
Il y a la table qui concerne les relations de l'homme à Dieu. Il y a la table qui concerne les relations de l'homme à l'homme. En vérité, ces tables nous ont été données dans un seul et même ensemble. Il m'est donc impossible d'aimer Dieu sans aimer les hommes, et impossible d'aimer les hommes sans aimer Dieu. Il m'est donc dévolu d'aimer Dieu et les hommes. De cette manière, je fais preuve
d'intégrité de conduite, d'intégrité comportementale. Cela vous convient-il jusqu'à maintenant ? Cela résume un peu ce qu'on a vu précédemment. Vous avez des questions ? Ne vous gênez pas, nous sommes un petit comité. Donc, notre cher Onkelos dit Chalim tihyé. Nous avons explicité la traduction du signifié tihyé tamim donnée par Onkelos. Qu'est-ce qu'il dit ensuite ?
Chalim tihyé bedikhilta de Hachem Elokecha. En vérité, j'ai déjà la phrase: chalim tihyé, intègre tu seras, de Hachem Elokecha, avec l'Éternel ton Dieu. Qu'a-t-il ajouté ? Bedikhilta, yirat Hachem Elokei... Vous vous rappelez, lorsqu'on fait la yirat Hachem, on dit toujours mazé bédichilou vérichmou, avec crainte et amour.
Bedikhilta, avec la crainte de l'Éternel ton Dieu. Vous comprenez ? Il s'est permis un rajout. Ce rajout, il l'a fait parce qu'il avait une idée derrière la tête. Il avait d'ailleurs une idée derrière la tête avec Chalim, et il en a une autre avec Bedikhilta. Vous essaierez de me le dire, bien entendu, parce que je ne vais pas tout dire.
Devarim, perek 1: je vous rappelle que Devarim, qui l'écrit ? Moïse, pas l'Éternel. Est-ce clair dans votre tête ? Quels sont les livres que Moïse écrit sous la dictée de l'Éternel ? Béréchit, Chemot, Vayikra, Bamidbar. Stop ! C'est clair ? Quel est le nom du livre de Devarim ? Comment appellera-t-on ce livre ? Non ? Mishné Torah.
Qu'est-ce que Michné Torah ? La seconde Torah. On pourrait dire la seconde Torah. Mais ici, Michné, c'est véritablement ce qui vient après la dictée divine, sous la dictée de l'homme. Et à quoi va servir ce livre de Devarim ? Vous avez raison dans ce que vous dites: il compile toute la Torah. Mais lorsqu'on va aller dans le livre de Devarim, pendant les mois d'été, on va se rendre compte que…
Disons-le: quarante pour cent de la Torah n'y est pas. Quarante pour cent de Béréchit, Chemot, Vayikra, Bamidbar ne se trouve pas dans Devarim. La septième année, Mitzvat Hahakel, le rassemblement sous l'autorité royale: que lit le roi ? Bidouk, le livre de Devarim. Lorsqu'on était sous la royauté d'Israël,
la royauté de Judée, Yoshiyahou fait faire des rénovations dans le Temple, parce que son père et son grand-père, on ne rentre pas dans le détail, ont profané le Temple. Il fait ce qu'on appelle bedek habayit. Bedek habayit, c'est-à-dire qu'on vient vérifier, mais en vérité arranger, remettre en ordre. Qu'est-ce qu'il découvre ? Un Sefer Torah. Quel est ce Sefer Torah qu'il découvre ?
Le livre de Devarim, qui était le Sefer Torah utilisé par qui ? Par les rois. Mais son père et son grand-père l'avaient mis de côté. Vous comprenez ? Il est donc important de savoir tout cela. La plupart du temps, mes chéris, nous sommes dans l'erreur, où nous péchons par inconstance et inconsistance. C'est tout. La plupart d'entre nous…
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