Le roi Ezéchias et le hallel refusé après Sennacherib
Pourquoi Ezéchias refuse de réciter le hallel après la défaite d'Assour, et pourquoi la Guemara juge ses raisons fausses.
Feuillet hebdomadaire
Ensuite : L'intégrité, une vertu morale et un chemin vers Hachem, 55 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
On dit, c'est écrit dans la Guemara, dans Baba Metsia, que l'air d'Erets Israël rend sage. Donc, grâce à votre retour, vous retrouvez la sagesse. Ce qui est quand même remarquable. Je voudrais étudier avec vous un texte de la Guemara dans Sanhedrin, page 94a, Tsadik Dalet, amoud Aleph. La Guemara, c'est le Talmud.
C'est un texte de Haggadah qui parle d'un verset dans Yeshayahou, c'est-à-dire Isaïe, chapitre 9. De quoi ça dit-il ? Pour cela, je vais vous lire le verset dans Yeshayahou. Est-ce qu'il y a ici Yeshayahou ? Vous n'allez quand même pas me dire que non. Ah, ben voilà, c'est très bien. Voilà, je l'ai dit ici. Non, c'est Jérémie. Bon. Yeshayahou, chapitre 9.
Le chapitre dans son ensemble parle de l'arrivée du roi d'Assyrie en Erets Israël. Le roi d'Assyrie s'appelait Sennachérib. Dans les Bibles en français, Sennachérib. En hébreu, Sanhériv. Sennachérib projette d'envahir Erets Israël. Le prophète Yeshayahou annonce qu'il faut lui tenir tête et qu'il y aura la victoire. Il dit: ne vous en faites pas, HaKadosh Baroukh Hou est avec nous. Et une fois que Sennachérib sera écrasé, il y aura un roi qui aura un rôle énorme, un empire immense, et qui sera aimé de Dieu. N'est-ce pas ? C'est ce que dit le prophète. Il parle du roi de Juda, qui fait comme une sorte de…
Je lis ici le texte. Le prophète nous dit: Ki yeled youlad lanou, car un enfant nous est né, un fils nous a été donné. Vahaya hamisra al shikmo, le pouvoir sera sur son épaule. Et là, on lui donnera des noms. Ce sont des surnoms du roi. Pele yoëtz, celui qui a un conseil merveilleux…
Ouléchalom ein ketz, et une paix infinie. Al kisse David, sur le trône de David, vé-al mamlakhto, et sur son royaume. Léhakim ouléhaïkhinah, pour l'établir et l'affermir. Béchpat ouvetsedaka, en justice et en charité. Me'ata vé-ad olam, jusqu'à toujours. Kinat Hachem Tsevaot taassé zot, le zèle du Dieu des armées fera cela. Bon, ce n'est pas très clair, tout ce que ça veut dire. Mais ce qui ressort du prophète, de manière très claire, c'est que le roi de l'époque, en l'occurrence le roi Hizkiyahou, Ézéchias en français, sera le roi…
…le roi espéré, grâce auquel il y aura une paix éternelle. Quand on parle d'un roi du peuple juif qui amène une paix éternelle, ça s'appelle comment ? Le Machiah. Et il est décrit en ces termes: ha-marbé lémisra, celui qui a un pouvoir abondant.
Maintenant, le mot lémarbé, qui veut dire « celui qui a beaucoup », est écrit d'une façon bizarre. D'habitude, dans la Torah, vous n'avez pas un morceau de Tikoun ou un truc comme ça ? Sinon, je peux aller le chercher moi.
Donc, le mot lémarbé signifie celui qui abonde en pouvoir. « Abonder » en hébreu se dit marbé. Maintenant, comment écrit-on le mot lémarbé ? Lamed, Mem, Resh, Bet, He. C'est ça ?
— Oui.
Si vous regardez dans le verset, vous verrez que c'est écrit différemment. Non, pas du tout. Le Mem de la deuxième lettre du mot, lémarbé, c'est le cas unique dans tout le Tanakh où l'on trouve un Mem final au milieu d'un mot. Un Mem final, un Sofit, au milieu. Oui, bon, c'est justement la question que se pose la Guemara. Alors maintenant vous pouvez voir le texte devant les yeux. Regardez dans Sanhedrin, Tsadik Dalet, amoud Aleph.
Vous voyez là où il y a écrit Yeshayahou ? Vous comptez deux, quatre, six, huit, onzième ligne. Il y a écrit lémarbé, vous voyez ? Là, c'est écrit avec un Mem entier, parce que les imprimeurs n'avaient pas les moyens de mettre un Mem final au milieu d'un mot. D'accord ? Non, c'est la pure vérité. À l'époque où ça a été imprimé, le Mem final ne pouvait pas entrer chez les imprimeurs, parce qu'en général on mettait les caractères les uns à côté des autres, et le Mem final laissait toujours un espace après, puisqu'il était à la fin d'un mot. D'accord ?
Bon. Le petit rond, c'est pour nous dire que c'est un verset. D'accord ? Non, non, non. Le petit rond n'a rien à voir, d'ailleurs, avec le légume qui a un nom qui ressemble, mais ce n'est pas du tout la même chose. Bon. Donc, lémarbé lémisra oulechalom ein ketz, celui qui a une abondance de pouvoir et une paix éternelle.
Amar Rabbi Tanhoum, Darash Bar Kappara be-Tsipori. Rabbi Tanhoum enseignait au nom de Bar Kappara, qui enseignait à Tsipori. Mipnei ma kol mem shebe emtsa teiva patouah vezeh satoum. Pourquoi, alors que tout Mem qui est au milieu d'un mot est un Mem ouvert ? Un Mem ouvert, c'est-à-dire qu'il reste un petit espace en bas du Mem. Et celui-ci est un Mem fermé. D'accord ?
C'est comme si un mot avait voulu sortir et s'était coincé. C'est comme si le prophète avait voulu dire un mot, et que ça s'était bloqué. Il aurait dû dire lémachia, « pour le Machiah ». Et quel mot commençant par un M conviendrait à un roi aussi grand que Hizkiyahou ? Machiah. Donc c'est comme si le prophète avait voulu dire le Machiah, et que quelque chose s'était coincé.
Bikech HaKadosh Baroukh Hou, voilà, c'est écrit en toutes lettres: Bikech HaKadosh Baroukh Hou la-assot Hizkiyahou Machiah. HaKadosh Baroukh Hou a voulu faire de Hizkiyahou le Messie, vé-Sanhériv, et faire du roi Sennachérib Gog ou Magog. Faire de lui la dernière grande guerre de l'histoire. Si tout avait marché, aujourd'hui on aurait eu… ça serait vachement chouette, ça ferait des milliers d'années qu'on vivrait dans la paix. On n'aurait eu ni la destruction du Premier Temple, ni la destruction du Deuxième Temple, ni la Shoah. Ni tout ça. Ça aurait été vachement chouette, n'est-ce pas ? L'histoire aurait pu arriver à son achèvement au temps de Hizkiyahou.
— Oui. Qui c'est qui a été bien ? Des bons Juifs, et alors ?
Non, il y a eu… Non, ce qui s'est passé, voilà, c'est raconté dans le Tanakh. L'Empire assyrien dominait à peu près tout le monde civilisé de l'époque, y compris le royaume de Yehouda. Le royaume de Juda avait un roi, mais il n'était pas indépendant, en vérité. Il payait un tribut au roi d'Assyrie. En fait, il faisait partie d'un empire colonial, dont Erets Israël était une partie.
Un beau jour, Hizkiyahou se dit: il y en a marre de payer le tribut, il faut que j'alimente mes yeshivot. Il refuse de payer le tribut. C'est ça ? Le roi Sennachérib arrive avec une armée immense, il fait la conquête de toute la Judée, sauf Yerouchalaïm, et il arrive à Yerouchalaïm, et il fait le siège de la ville. Et le prophète Yeshayahou dit à Hizkiyahou: ne flanche pas.
Une seconde. Hizkiyahou est en détresse, vous vous rendez compte ? Yerouchalaïm n'était pas une très grande ville à l'époque. Il a une armée énorme tout autour de la ville. Qu'est-ce qu'il fait ? Il va au Beit Hamikdash. Il fait la prière. Il n'a plus de soldats, c'est fini. Il n'a pas de troupes. Il …
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