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La libération d'Israël dans la bénédiction du shofar

Pourquoi « Teka beshofar gadol » parle de la Gueoula et non d'une trompette de liberté, selon le texte d'Isaïe.

51 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Oumloch alenou : Dieu seul roi et la politique, 55 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à tous. J'ai pu discerner, dans l'assistance, une tentative, heureusement avortée, de chanter Yamim alei yamim tossif. Mais puisque vous en avez parlé, je tiens à faire une rectification qui sera peut-être utile. Vous savez qu'il est d'usage de chanter Yamim alei yamim tossif, mais de se tromper dans la suite. C'est quoi la suite, Chnotav ? Hein ? Je n'ai pas entendu.

Kemo dor vador, exactement. Et non pas bechol dor vador, comme il est d'usage de le dire, malheureusement et malencontreusement, dans certaines yeshivot, étant donné l'ignorance des versets de Tehillim. Donc je reprends: le verset dans Tehillim, c'est kemo dor vador, d'accord ? Et non pas bechol dor vador. Et puisque c'est comme ça, nous allons continuer notre étude du Shmona Esrei. Je crois que nous en sommes arrivés à…

La bénédiction de Tekaa bechofar gadol, ou nous avons été plus loin ? Où en est-on ? Peut-être que je me trompe. On est arrivé à Tekaa bechofar gadol ? On l'a déjà étudiée, ou pas ? Pas encore. Eh bien, c'est très bien. Tekaa bechofar gadol, je crois que nous avons expliqué pourquoi elle se trouve après Birkat HaShanim, n'est-ce pas ? N'est-ce pas ? Bon. Et nous avons réfuté en cela l'opinion erronée selon laquelle la Guemara, qui dit que la résurrection agricole d'Erets Israël serait un signe de la Gueoula, serait fausse.

C'est une erreur, c'est tout à fait vrai. Bon, je reprends donc Tekaa bechofar gadol lecheroutenou: sonne d'un grand shofar pour notre liberté. D'accord ? À partir de la dixième bénédiction commence une série de requêtes qui concernent la libération d'Israël. C'est ça ? À partir de ce moment-là, ça commence, d'accord ?

Tekaa bechofar gadol lecheroutenou, sonne d'un grand shofar pour notre liberté. Il y a une traduction… Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il ne va pas ? Qu'est-ce qu'il ne va pas faire ? Quelque chose qu'il ne va pas faire ? Bon. Il y a une traduction en français du Sidour dans laquelle j'ai pu voir qu'il était écrit: « sonne, fais retentir la trompette de la liberté ».

Comme s'il s'agissait d'une valeur de la Révolution française, par exemple, n'est-ce pas ? Liberté, égalité, fraternité. Alors, faire retentir la trompette de la liberté. Alors que ce n'est pas du tout ce dont il est question dans la bénédiction. C'est notre liberté. Il s'agit donc de la libération d'Israël, c'est-à-dire le retour à l'indépendance politique, ce qui est le premier stade critique et indispensable de la rédemption. La Gueoula implique un retour à l'indépendance politique. C'est la définition du terme Gueoula en hébreu.

Maintenant, d'où vient cette expression, Tekaa bechofar gadol lecheroutenou ? Sonne d'un grand shofar pour notre liberté. Comment ? Oui, mais d'où est-ce que ça vient ? Il y a un shofar qui doit retentir. Où est-ce que c'est écrit ? C'est écrit dans le livre de Yeshayahou. Yeshayahou, en français, Isaïe.

Dans le livre de Yeshayahou, il est dit: « Ce sera en ce jour: il sera sonné d'un grand shofar, et alors reviendront ceux qui sont perdus dans le pays d'Hachour, et ceux qui sont égarés dans le pays d'Égypte. Ils se prosterneront dans la sainte montagne devant Dieu, à Jérusalem. »

Donc on voit que le texte du prophète dit « il sera sonné ». C'est une phrase, disons, indéfinie. Qui va sonner ? Ce n'est pas écrit dans le prophète. Dans la prière, nous demandons à HaKadosh Baroukh Hou de sonner: Tekaa, sonne. Mais dans le prophète, il est dit: il sera sonné. Qu'est-ce que ça signifie ? Alors, qui va sonner, d'après le prophète ? Ce n'est pas écrit. Vous inventez n'importe quoi. N'inventez pas des choses qui ne sont pas écrites, oui.

— Tu n'en sais rien.

Il sera sonné, ça veut dire qu'on ne sait pas qui va sonner. Ah, dans la prière, oui: dans la prière, on dit à HaKadosh Baroukh Hou de sonner. Mais dans le prophète, il n'est pas dit qui va sonner. Tekaa bechofar, c'est « sonne », mais dans le prophète, il dit « il sera sonné ». Alors, si on prend au sérieux les textes du prophète, ça veut dire qu'on ne sait pas qui sonnera. C'est ce que dit Rabbi Tsadok HaCohen de Lublin quand il interprète ce verset. Il dit qu'il viendra un jour où, étant donné que ce que fait Israël et ce que fait HaKadosh Baroukh Hou est la même chose, on ne pourra pas dire qui a sonné. D'accord ? C'est le principe: Koudcha Bérikh Hou vé-Israël ḥad hou. Ce que fait HaKadosh Baroukh Hou et ce que fait Israël, c'est la même chose.

Pourquoi je vous dis ça ? Pourquoi est-il important de comprendre cela ? Parce que vous devez savoir comment la Gueoula doit se faire. Il y a eu, au XIXe siècle, en Allemagne, un des auteurs juifs qui a expliqué que cette prière voulait dire qu'il n'y a que HaKadosh Baroukh Hou, et non pas les hommes, qui peuvent faire la Gueoula. C'est une lecture antisioniste de ce texte, qui dirait: il faut attendre que HaKadosh Baroukh Hou sonne, et alors seulement on peut venir. D'accord ? Il se basait sur le fait que le texte dit Tekaa. Mais il faut toujours se rappeler l'origine des textes de la prière.

Or, l'origine du texte, c'est un verset de Yeshayahou qui dit qu'on ne pourra pas définir qui a sonné. Oui ? D'abord, ça veut dire quoi, sonner du shofar ? Est-ce que ça veut dire qu'il viendra un temps où, dans les informations, on dira: on a entendu un bruit de shofar, on ne sait pas très bien d'où il vient ? C'est ça que ça veut dire ? Un éveil, d'accord ? Le shofar, en fait, est une métaphore pour parler d'un éveil. Il y a quelque chose qui nous éveille à la Gueoula. C'est ça que veut dire sonner du shofar. N'est-ce pas ?

De même, par exemple, les midrashim disent que le Machiah sonnera du shofar. Est-ce que ça veut dire que le Machiah va se promener avec un shofar dans sa valise et qu'il va sonner ? Non. Cela veut dire simplement qu'un éveil sera produit, soit par la personne du Machiah, soit par HaKadosh Baroukh Hou, soit par le peuple d'Israël. D'accord ? Oui. Vous pouvez donc comprendre que les expressions employées par les textes sont toujours à prendre au sérieux, et non de manière infantile. La manière infantile serait de dire qu'il faut absolument qu'il y ait un shofar physique qui agisse, alors qu'en fait le shofar, ici, signifie tout simplement un éveil. Oui. D'accord.

Donc, Tekaa bechofar. Le shofar est un instrument qui, dans l'Antiquité, servait à deux choses: soit à annoncer la guerre, soit à couronner un roi. C'est-à-dire que quand on voulait proclamer quelqu'un roi d'Israël, on sonnait du shofar. D'accord ? Ou bien, quand il y avait la guerre et qu'on voulait avertir les gens, on entendait le son du shofar, et l'on savait que la guerre était déclarée ou que l'ennemi était proche. D'accord ?

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