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La huitième bénédiction de la Amida : la guérison

Pourquoi la refoua vient après la délivrance, et pourquoi la circoncision en fait le huitième jour.

53 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La libération d'Israël dans la bénédiction du shofar, 51 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Je pense qu'il serait utile de continuer l'étude du Chmoné Essré. Même si le thé est dénué totalement de sucre, ce n'est pas grave, le cours sera donné quand même. Donc nous en étions, si je ne me trompe, à Kiel Goel Hazaka, Goel Yisraël, n'est-ce pas ? On a vu que la septième bénédiction concernait les problèmes, les misères que nous avons occasionnellement. C'est vrai pour les misères qui ont lieu aussi bien pendant le temps de l'exil que au temps de la Gueoula. De toute manière, bien qu'elle ait été instituée pour les misères, disons relatives, et non pour l'exil lui-même, il est question, en filigrane, de la Gueoula dans son ensemble, n'est-ce pas ?

Pourquoi Dieu doit-Il nous amener la Gueoula ? Tout simplement parce que El Goel Hazaka, parce que, comme ça, Il se manifeste en tant que Dieu libérateur et fort. Le Dieu d'Israël est le Dieu libérateur, pourrait-on dire. Le Rav Tsvi Yehouda Kook avait l'habitude de dire l'Israël véritable et l'Israël libéré: Israël ha-amiti ou Israël ha-nig'al, dit-on en hébreu. Il y a un Israël, mais c'est l'Israël de l'exil qui n'est pas vraiment Israël. Il est une ébauche, une approximation, quelque chose qui est en route, un brouillon. L'Israël idéal, l'Israël véritable, c'est l'Israël libéré, et c'est alors qu'il peut manifester son identité pleinement.

Baroukh Hata Hachem Goel Israël. Nous avons déjà expliqué la différence entre le terme Goel et le terme Gaal. Vous vous en rappelez ? Nous pouvons donc passer illico presto à la huitième bénédiction, celle de la santé, de la guérison, refoua. Dans l'ordre des bénédictions, il y a ici plusieurs choses. Quand on vient demander quelque chose à HaKadosh Baroukh Hou, il faut voir si l'on a veillé d'abord à enlever l'obstacle. Par exemple, HaKadosh Baroukh Hou peut me dire: tu demandes à être libéré d'un malheur, mais tu n'as pas fait techouva. Donc je fais d'abord techouva. Une fois que j'ai fait techouva et que le malheur est encore présent, je dis à HaKadosh Baroukh Hou: alors libère-moi.

De même, si je suis malade et que je dis à HaKadosh Baroukh Hou: je veux être en bonne santé, le Bon Dieu me répond: mais tu ne peux pas être en bonne santé puisque tu es dans le malheur. Alors je prie d'abord pour que le malheur, la misère, soit évacué. C'est évacué et je suis encore malade. Alors je viens voir HaKadosh Baroukh Hou et je lui dis: il faut que Tu me guérisses. Vous avez compris ? C'est l'ordre.

Quand on a des misères, on en est malade. C'est une expression bien connue: j'en suis malade. On dit ça, même pour une misère qui n'a rien de biologique. Par exemple, si j'ai brusquement une exigence d'impôts énormes, ça me rend malade. Alors d'abord je paye mes impôts, je les ai payés, et pourtant je suis encore malade, alors là je viens faire de la tefila.

Quoi ? On a la grippe parce qu'on veut l'avoir. Bien sûr, sinon on n'aurait pas la grippe, c'est évident. En tout cas, à cause des avantages que ça donne, c'est à toi de décider. Si tu as la grippe, tu comprendras tout seul quels sont les avantages que tu as.

Il y a des cas d'épidémies violentes et brusques, ça existe.

— Je n'ai pas compris.

Si ? La preuve, c'est que tu es malade, et que tu ne veux pas aller en vacances. C'est tout. C'est bien mal.

Je voudrais maintenant étudier également la place de cette bénédiction. C'est la huitième, parce que huit, c'est équivalent à sept plus un. Sept est le chiffre de la nature: le monde de la nature est créé en sept jours. Quand on surmonte la nature, on en est au huitième. Donc la bénédiction de la guérison, qui vient surmonter les faiblesses de la nature, appartient au chiffre huit.

Deuxièmement, si l'on se comportait comme il le faut, c'est-à-dire si l'on mangeait ce qu'il faut manger, si l'on faisait de l'exercice physique, si l'on évitait les comportements nocifs, en principe on resterait en bonne santé. Donc, si l'on faisait ce qu'il faut, en principe, on n'aurait pas besoin de la guérison. Mais il y a une action que nous faisons contre la nature, et qui exige donc la guérison: c'est la circoncision. C'est une intervention, nous intervenons dans l'ordre de la nature, et donc nous rendons l'enfant malade. Il doit donc guérir. Et ça se passe quel jour ? Le huitième. Donc le lieu de la guérison, c'est le huitième jour, et c'est la huitième bénédiction. C'est là qu'on en a besoin justement: quand on fait la circoncision, c'est là qu'on a besoin d'être guéri.

On dit, non, on dit avant que la maladie arrive. C'est-à-dire que si quelqu'un se comporte de manière saine, il ne sera pas malade. Il y a des raisons pour lesquelles ça arrive. Ça peut être la faute de son arrière-arrière-grand-père.

Je reviens ici au Refaénou Hachem vénérafé, Hochiénou vénivachéa. « Guéris-nous, ô Dieu, et nous serons guéris. Sauve-nous, et nous serons sauvés. » Ki tehilatenou ata, car Tu es l'objet de nos louanges. Cette phrase a pour origine le prophète Yirmiyahou, qui dit: Refaénni Hachem vé-érafé, Hochiénni vé-ivachéa, ki tehilati ata.

Si vous avez l'oreille assez fine, vous avez entendu que c'était dit au singulier. La prière collective, celle instituée par Hachem, transforme le singulier en pluriel, parce que toute prière officielle est une prière qui concerne la collectivité. Donc on dit Refaénou, Hachem vénérafé, Hochiénou vénivachéa, ki tehilatenou ata.

Cette phrase n'est pas claire du tout. D'abord, elle a l'air d'une banalité absolument navrante: Refaénou Hachem vénérafé, « guéris-nous, Éternel, et alors nous serons guéris ». C'est évident que si Tu nous guéris, nous serons guéris. On aurait donc dû dire simplement: Refaénou Hachem. Pourquoi dit-on Refaénou puis vénérafé ? Avez-vous bien compris la question ? Oui ? La question est claire ?

La réponse est aussi limpide que la question était claire. Cela veut dire: quand ce n'est pas Dieu qui nous guérit, eh bien nous ne sommes pas vraiment guéris. On peut être guéris momentanément, mais ça reviendra, il y aura une rechute. Je ne sais pas, ça dépend. Si je m'adresse à un médecin, et que le médecin est un mauvais médecin, et que je n'ai pas prié, alors c'est le médecin qui me guérit, et il me guérit comme il peut. Mais nous savons que si c'est Dieu qui nous guérit, alors il n'y aura pas de rechute. Refaénou Hachem vénérafé, ou bien: guéris-nous de sorte que nous soyons vraiment guéris.

C'est pour cela qu'on dit le mot Hachem, Refaénou Hachem vénérafé. Sinon, nous savons très bien que la prière est adressée à HaKadosh Baroukh Hou. Pourquoi alors dire Hachem ? On devrait dire Refaénou vénérafé. Par exemple, dans Tekiâ bé-chofar guédol, on ne dit pas Hachem. Mais ici, si c'est Dieu qui nous guérit, alors nous serons vraiment guéris.

Il y a deux sortes de maladies: la maladie purement physique, et une maladie de l'esprit, sans que ce soit forcément une maladie …

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