La techouva, retour naturel de la créature vers son Créateur
Pourquoi la bénédiction de la techouva ne parle pas du péché, mais du retour inscrit dans la condition humaine.
Rav Oury Cherki
Ensuite : La huitième bénédiction de la Amida : la guérison, 53 min
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Tov, bonjour à tous. J'aimerais rappeler que la cinquième bénédiction de la techouva n'a rien à voir avec ce qu'on appelle les péchés. La techouva sur les péchés est mentionnée dans la bénédiction d'après. Quand on dit « Selah lanou Avinou ki hata'nou », nous pardonne-nous, notre Père, parce que nous avons péché. Tandis que la bénédiction de la techouva se réfère à un mouvement naturel de l'âme humaine, qui n'a rien à voir avec le péché.
A priori, je ne suis pas censé être pécheur. Je suis un être normal. Un être normal, conscient du bien et du mal, conscient de son devoir, ne fera pas de transgression. Je suis donc a priori un tsadik. Contrairement à l'opinion selon laquelle nous sommes tous pécheurs. Non, nous ne sommes pas tous pécheurs. Nous sommes tous normaux. Dans la mesure où nous avons péché, il y a également un moyen de réparer cela. Le moyen de réparer cela,
c'est de faire techouva sur le péché. Mais le mouvement d'origine de la techouva n'a rien à voir avec le péché. Comme nous avons déjà étudié ce thème, techouva veut dire retour. Retour à quoi ? On pourrait dire retour à Dieu, ou bien retour dans le droit chemin. Ce n'est pas vrai que c'est un retour dans le droit chemin; c'est le retour à Dieu dont il est question. La Torah nous dit: tu reviendras à l'Éternel ton Dieu.
Et seulement après, tu feras les mitsvot. Le mouvement du retour est donc un mouvement qui vient du fait même que je suis loin. Je suis éloigné. Et on est éloigné parce qu'on a été créé. Le fait même d'être une créature, c'est être loin du Créateur, n'est-ce pas ? Je suis sorti de l'infini, maintenant je suis à l'extérieur. Le mot hébreu qui veut dire créer, bara,
Et donc, dès que je suis conscient d'être une créature, et précisément parce que je suis tsadik, je suis naturellement porté au retour. Donc je veux revenir. D'accord ?
Ce désir de retour n'a rien à voir avec le péché. Dans la mesure où je commets un péché, je m'éloigne encore plus. Alors je dois faire du rattrapage. Je dois rattraper la distance que j'ai rajoutée par moi-même, celle du péché, et ensuite je dois continuer à rattraper la distance qui me sépare de l'Infini. D'accord ? Il y a donc un mouvement profond qui vient de tout être, un mouvement de retour permanent.
Est-ce que vous suivez ? Très bien. Ça s'appelle Hachiven. Pourquoi la bénédiction de la techouva vient-elle après celle de la connaissance ? Parce que si je n'ai pas la connaissance, je ne sais pas que je suis loin. Il faut donc d'abord avoir la connaissance. Dès que j'ai la connaissance, je prends conscience de mon éloignement, et donc je veux revenir. C'est tout bête, hein ? C'est tout simple.
Donc, Hachivenou Avinou, ramène-nous, notre Père. Le Père dans le sens de l'origine. À quoi voulons-nous exactement revenir ? On avait dit que nous voulions revenir à Dieu, mais la bénédiction donne plus de détails: Hachivenou Avinou LeToratekha, ramène-nous, ô notre Père, à ta Torah. Cette prière est dite également par des Talmidei Chachamim, des sages.
Les sages connaissent la Torah ? Alors pourquoi ont-ils besoin de faire, de revenir à… Ah ! Donc ils connaissent leur Torah, ils ne connaissent pas la Torah de Dieu. Votre double réaction me fait penser que nous avons déjà étudié ce texte. Alors pourquoi m'avez-vous dit que nous en sommes arrivés… À ta Torah. À ta Torah, pas à la Torah, à ta Torah. Donc, s'il y avait uniquement la techouva dans le monde juif, cela impliquerait la mort, comme tu l'as si bien fait remarquer.
Seulement, la techouva, dans le judaïsme, n'est que la moitié du chemin. C'est en fait à double sens. Il y a la techouva, et le retour de la techouva. On fait techouva d'avoir fait techouva. C'est-à-dire qu'on monte et on descend, et on remonte et on redescend, et on monte et on descend. D'accord ? C'est pour cela, par exemple, que dans l'échelle que voit Yaakov Avinou dans son rêve prophétique, il voit des anges qui montent sur une échelle et qui descendent.
A priori, les anges, où sont-ils ? Ils sont en haut. En principe, on devrait donc dire qu'ils descendent et qu'ils remontent. Mais ici, l'ange dont il est question, c'est le rêveur lui-même. Des anges de Dieu montaient et descendaient. Beau, ça veut dire quoi, beau ? En lui. Ça veut dire dans l'échelle ? Ça veut dire dans le rêveur. Le rêveur lui-même est une échelle, et dans cette échelle on monte et on descend. Comme quoi, le but
du jeûne de Kippour, c'est le repas après le jeûne. C'est-à-dire, oui, il faut revenir. L'épreuve de la techouva: comment est-ce que je sais que la techouva a réussi ? Eh bien, je le sais grâce au repas d'après le jeûne. C'est là qu'on voit comment on a acquis la dimension de la Kedoucha, et que l'on est donc capable de sanctifier l'alimentation. C'est tout simple. Bon.
Donc, Hachivenou Avinou LeToratekha, nous voulons revenir à ta Torah. Le Zohar emploie une belle expression: Torah dile'ela, la Torah d'en haut. C'est-à-dire qu'il y a un manquement chez les enfants d'Israël: nous nous occupons de notre Torah et pas de la Sienne. Il faut donc faire cet effort de revenir à la Torah de Dieu. Dans le livre de Tehilim, au premier chapitre, on dit: BeToratō … yehegeh yomam valayla. Il désire la Torah de Dieu et il s'occupe de sa Torah. C'est-à-dire qu'il y a un désir, mais dans la réalité, c'est le contraire.
Donc nous demandons: Hachivenou Avinou LeToratekha. Vekarevenou Malkenou la'avodatekha, rapproche-nous, ô notre Roi, de ton service. Nous avons ici deux termes différents pour parler de Dieu: Avinou et Malkenou, notre Père et notre Roi.
Le père a de la tendresse, de la miséricorde pour son fils. Donc le mouvement qui nous porte vers la Torah est un mouvement d'amour, en hébreu Ahava. En revanche, envers le serviteur, il y a plus de formalisme, de la rigueur, Midat HaDin. Et dans ce cas-là, nous appelons l'Éternel du nom de notre Roi, comme celui qui détient l'autorité. La'avodatekha, ton service. Vous voyez donc que la Torah et le service sont deux choses différentes. Le culte, si vous voulez. La Torah est une connaissance. Le service, ce sont des actions, des mitsvot.
De là, vous pouvez déduire quelque chose de très important: les mitsvot ne sont pas le but de la vie. Les mitsvot sont un moyen, et c'est le moyen qui nous permet d'accéder à la connaissance. La connaissance s'appelle l'amour, Ahava. L'accomplissement des mitsvot, l'obéissance, s'appelle la Yira, en français la crainte. C'est la crainte et l'amour qui vont ensemble faire la connaissance du Créateur. Merci.
Vehachazirenu bitchouva shelema lefanekha, ramène-nous à une techouva entière devant Toi. C'est quoi une techouva entière ? Dans le Rambam, vous avez une expression différente, qu'on appelle techouva guemoura, une techouva achevée. Non, pas du tout. Rien du tout. Pas du tout. Non, pas du …
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