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La kedoucha : Kadosh, Baroukh et Hou selon Rav Kook

Les anges disent Kadosh, les Ophanim disent Baroukh, Israël réunit les deux dans le Hakadosh Baroukh.

53 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La techouva, retour naturel de la créature vers son Créateur, 49 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Je propose que nous continuions notre étude de la Chmona Essré. Ça vous va ? Il y a un problème: je ne me rappelle plus exactement où nous en sommes arrivés. Au début de la Kedoucha ? D'accord. On a déjà fait Kadosh et Baroukh ? Ah, d'accord. Dans ce cas, nous n'avons pas le choix, nous allons donc entreprendre la Kedoucha. La Kedoucha est une participation de l'homme avec les anges.

Les anges ont des habitudes variées. Il y en a qu'on appelle les Séraphim et qui disent Kadosh. Ils disent même Kadosh, Kadosh, Kadosh. D'où savons-nous que les Séraphim disent Kadosh, Kadosh, Kadosh ? C'est décrit dans Isaïe, n'est-ce pas ? Le prophète Isaïe dit qu'il a vu les Séraphim dire: Kadosh, Kadosh, Kadosh, Hachem Tsevaot, Moloch Halaretz Kevodot.

— Hein ? J'ai rien compris.

— L'infinité, effectivement. C'est infiniment saint, ça veut dire loin. Oui ?

Dans la Kedoucha, on dit une seule fois le nom de Dieu, Hachem Tsevaot. On dit qu'il est Kadosh. Mais de qui dit-on qu'il est Kadosh trois fois ? Du même Dieu, donc je ne vois pas très bien le problème. Maintenant, par tradition, nous avons du prophète Ézéchiel que les Ophanim, eux, disent Baroukh Kevod Hachem Meqomo.

Il y a donc ici, en fait, deux conceptions de la divinité, l'une des Séraphim et l'autre des Ophanim, ceux qui disent Kadosh et ceux qui disent Baroukh. Ça pose un problème: celui qui dit Kadosh n'est pas capable de comprendre ce que signifie le Baroukh, mais malgré tout, ils se donnent l'autorisation l'un à l'autre. Notnim Rechout Zéla Zé, c'est-à-dire que les Séraphim sont conscients de leur manque, de leur incapacité à inclure le Baroukh dans leur conception, et les Ophanim sont tout à fait conscients de leur incapacité à introduire le Kadosh dans leur conception. Donc ils s'autorisent les uns les autres. Notnim Rechout Zéla Zé.

Par contre, les hommes, en particulier Israël, sont capables de faire l'union des deux. C'est la raison pour laquelle nous nommons Dieu HaKadosh Baroukh Hou, c'est-à-dire qu'il est aussi bien Kadosh que Baroukh. Bien que Kadosh, il est Baroukh. HaKadosh, Baroukh: le Saint, il est Baroukh. C'est-à-dire que l'éloigné est proche, le transcendant est immanent, n'est-ce pas ? C'est un peu ce que l'on veut dire dans les initiales de Hou, Ushmo, Echad: lui et son nom sont un, ça donne en initiale Hou. Hou, Ushmo, Echad donne Hou. Jusque-là, vous me suivez ? Bon.

Hou signifie la troisième personne du singulier: c'est lui. Je parle de lui, et en hébreu je dis Hou. Ça veut dire que, quand un concept est inaccessible, on en parle à la troisième personne. On dit Hou au lieu de dire Ata, toi. N'est-ce pas ? C'est donc ça, en fait, que nous faisons dans la Kedoucha. Maintenant, il y a plusieurs modes de Kedoucha. Il y a une Kedoucha dans laquelle nous nous associons aux déclarations des anges, et il y a une Kedoucha dans laquelle les anges s'associent à nous. C'est la différence entre Naqdichakh ou Naqdichra, ou bien Nekadèche, et le Keter. Oui ? Oui, ça devient accessible. On commence par Hou et on continue par Ata. D'accord ?

Nous avions déjà vu, au début, Baroukh Ata. On avait dit Baroukh Ata dès le début, mais on avait expliqué que Ata veut dire « qui vient à moi »: la source de bénédiction qui vient à moi, Baroukh Ata. Et l'innovation, après la Kedoucha, c'est qu'on est capable de dire exactement Ata Kadosh: c'est le Kadosh qui vient à nous. Au début, on dit Baroukh Hou.

Dans le Naqdichakh, par exemple dans le texte séfarade que vous avez devant les yeux, on dit: Naqdichakh ve-na'aritsakh, ke-noam serafim, ha-kodesh. Nous te sanctifions à la manière de la parole agréable des saints Séraphim. C'est-à-dire que nous imitons les Séraphim. Mais dans le Keter, c'est le contraire: Keter yitenou lekha, Hachem Elohénou, on te donnera une couronne éternelle, notre Dieu. Malakhim... Amo ha-Malakhim, les anges, des multitudes d'en haut, Im amekha Yisraël, avec ton peuple Israël. C'est-à-dire que, à la suite de tes enfants, le peuple d'Israël, ce sont les anges qui prennent notre suite. Ça dépend du niveau où l'on se trouve. Vous avez compris la différence entre le Keter et le Naqdichakh ?

Dans la tradition du Minhag Ashkenaz, on ne dit jamais le Keter, mais les Hassidim, eux, disent le Keter à la manière des Sefaradim. Le Rafouk, dans sa jeunesse, bien qu'ayant grandi dans une famille de Mitnagdim, faisait des escapades dans le minyan des Hassidim pour entendre le Keter. Comme disait le Rav Tsvi Yehouda Kook, son fils: c'est le yetser hara, d'aller écouter les Hassidim. Bon.

Donc vous avez ici les trois versets: Kadosh, Kadosh, Kadosh, qui représente l'éloignement; Baroukh, qui représente la proximité; et le Yimlokh, qui est la synthèse entre les deux. Ça, c'est en public. La Kedoucha ne réside que dans le public. C'est pour ça qu'il faut être dix pour dire la Kedoucha. Mais l'individu solitaire peut dire Ata Kadosh, il doit le dire: Ata Kadosh ve-Chimcha Kadosh, tu es saint et ton nom est saint. Ça veut dire quoi, ton nom ? Ta renommée. D'ailleurs, le mot « renommée » et « nom » ont la même racine, n'est-ce pas ? En hébreu, nom et renommée, c'est le même mot: Chem. D'accord ? Par exemple, ma renommée, Chmi, comme mon nom: en hébreu, c'est le même mot.

Donc Ata Kadosh et Chimcha Kadosh: tu es saint et ta renommée est sainte. Ça veut dire quoi, « ta renommée est sainte » ? Ta finalité, c'est de révéler ta sainteté. Et le résultat, c'est Ve-kedoshim be-khol yom yehalelukha selah, des saints te louent tous les jours. Qui sont les saints qui te louent tous les jours ? Ça peut être les anges, mais ça peut être nous. Yehalelukha Selah, c'est-à-dire: te loueront éternellement. C'est la raison pour laquelle tu réponds, tu exauces nos prières, pour que ta sainteté se manifeste. Baroukh Hachem, Ha-El ha-Kadosh, source de bénédiction qui vient à moi en tant que miséricorde.

Le Dieu abstrait, Kadosh, est saint. Oui. Parce que c'est une question de conscience: ça peut être dit même en privé. C'est dit en public et en privé. La Kedoucha, elle, ne peut être dite qu'en public, parce que la sainteté ne se manifeste que dans la multitude. D'accord ? C'est le principe: Be-ekhod aseret ma'amarot, le chiffre dix représente la perfection.

Ce qui est parfait est en dix. C'est pour ça que la création du monde se fait avec dix paroles. Oui ? — Il n'y est pas non plus. — Non plus. L'unité, c'est une des manières d'appréhender l'infini, mais l'infini inclut en lui toutes les conceptions, aussi bien l'unité que la multiplicité. D'accord ? Il y a un midrash qui raconte que les premiers à avoir dit Hachem Elohénou, Hachem Echad étaient les fils de Yaakov.

Pourquoi Yaakov lui-même n'a-t-il pas dit ça ? Pourquoi seulement ses enfants ? Eh bien, le Maharal de Prague explique que …

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