Le déluge, la Torah et les mois du calendrier
Pourquoi le récit de Noa'h compte les mois de trois façons et ce que la Torah donnée alors signifie.
Rav Oury Cherki
Ensuite : La Shoah, le Kadish Haklali et le 10 Tevet, 47 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chapitre Zayin, verset Youdalef. Ou si vous préférez, chapitre 7, verset 11. Bichnat chèch meotchana, lé'haï Noa'h, en la six-centième année de la vie de Noa'h, lors du deuxième mois, le dix-septième jour du mois, en ce jour, toutes les sources du grand abîme furent éventrées, les cheminées du ciel furent ouvertes. Qu'est-ce qui se passe ? Quel est le problème ? C'est quand même pas sorcier, tout de même.
Ce qui veut donc dire que la Torah a été donnée. Oui, quand les cheminées du ciel sont ouvertes, c'est quoi ? C'est que la Torah est donnée. Eh bien, Mayim est la Torah. Les Chachayim ont dit: l'eau, c'est la Torah. Maintenant, regardez le verset d'après, au verset Youdbet: « La pluie fut sur la terre quarante jours et quarante nuits. » Ça vous rappelle quelque chose, ça, quarante jours et quarante nuits ?
Ah bien oui, le Sinaï, Moshé qui monte quarante jours et quarante nuits. Donc on voit bien que la Torah a été donnée. D'ailleurs, vous vous rappelez qu'on s'était posé la question de savoir où était Moshé ? Et on a trouvé Moshé dans le récit du Déluge, n'est-ce pas ? Bechagam ou Bassar: Bechagam, en guématria, ça vous donne Moshé. Donc on voit bien que Moshé était là-bas.
— Comment ?
Eh bien, il était présent, mais il n'a pas pu se manifester. Il était en Noa'h, en fait. On avait déjà vu que Noa'h, en fait, était un Moshé dans son être. Et donc la Torah a été donnée, mais c'est une catastrophe. Quand la Torah est donnée, on est jugé par rapport à elle, donc il y a anéantissement.
Vous savez qu'il y avait, dans l'Europe antique, une nation qui ne craignait qu'une seule chose: que le ciel leur tombe sur la tête. Et ça veut dire quoi, ça ? Ça veut dire ce qu'ils appellent, en hébreu, Yirat Shamaïm, la crainte du ciel. C'est quoi, le ciel qui tombe sur la tête ? D'abord, c'est quoi, le ciel ? Le divin. Oui, mais Dieu, il n'est pas le ciel. Il a des valeurs. Les valeurs que Dieu nous impose sont dans le ciel. Quand on a la crainte du ciel, ça veut dire qu'on accepte sur soi l'autorité de ces valeurs, n'est-ce pas ?
Maintenant, moi, je ne suis pas au ciel, je suis sur la terre. La terre, c'est le lieu de la réalisation, là où je dois réaliser les valeurs. Mais la terre ne ressemblera jamais au ciel. C'est-à-dire que le ciel est un absolu, moi je suis du relatif. Et donc, si le ciel me tombe sur la tête, ça veut dire que je suis mis au jugement des valeurs, et je ne peux pas tenir. Donc ils avaient raison, les Gaulois, quand ils se disaient qu'il était dangereux que le ciel nous tombe sur la tête. Or, c'est ce qui est arrivé lors de la génération du Déluge: les cheminées du ciel furent ouvertes, n'est-ce pas ?
Bon. Et donc la Torah est donnée pendant quarante jours et quarante nuits. Ça commence, oui ? Parce que c'était le moment de la faire venir, puisqu'il y avait Noa'h sur la terre, et qu'il avait engendré les Gibborim, comme vous vous rappelez du dernier cours, d'accord ? Ce n'est pas la peine de répéter à chaque fois les choses qu'on a déjà étudiées.
Et donc, je reprends: ça s'est passé lors du deuxième mois. C'est quand, le deuxième mois ? Iyar, ou bien ? Marcheshvan ? Ça dépend: si vous comptez à partir de Tichri, alors ça vous donne Marcheshvan; si vous comptez à partir de Nisan, ça vous donne Iyar. Quelle est la bonne réponse ? C'est une mahloket entre deux grands maîtres d'Erets Israël, Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua. Rabbi Eliezer dit que le deuxième mois, il s'agit ici de Marcheshvan, et Rabbi Yehoshua dit que le deuxième mois, c'est Iyar. Alors, ça pose problème, parce que la Torah nous a donné deux débuts de l'année: il y a l'année qui commence en Nisan, il y a l'année qui commence en Tichri. Alors, le récit du Déluge se réfère à laquelle des deux années de la Torah ?
Il y a une mahloket, et Rachi, dans le Houmach, amène les deux opinions. Cependant, pour des raisons de commodité, nous allons suivre, dans l'étude du texte, l'opinion de Rabbi Eliezer. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas l'opinion de Rabbi Yehoshua, mais pour des raisons de commodité, nous allons suivre l'opinion de Rabbi Eliezer. Donc nous allons dire que le deuxième mois, il s'agit de Marcheshvan. Jusque-là, vous suivez ? Très bien.
— Oui ?
Oui, bien sûr. C'est-à-dire que la Torah est catastrophique, parce qu'elle met l'homme face à sa responsabilité, face au divin. Donc le fait que la Torah nous ait été donnée et qu'on n'ait pas tous été exterminés par ça est quasiment un miracle, n'est-ce pas ? Le midrash nous dit que lorsque Dieu a dit Anokhi, « Je suis », toutes les âmes des enfants d'Israël sont sorties de leur corps. Donc la Shoah, c'était rien à côté de ça. Flouc, tout le monde est mort. Et alors la Torah s'est plainte devant le bon Dieu. Elle a dit: mais enfin, à qui tu me donnes, à des vivants ou à des morts ? Eh bien, je te donne à des vivants. Alors ressuscite-les. Et la rosée de résurrection est tombée, ils ont ressuscité, d'accord ?
C'est-à-dire que recevoir la Torah n'est pas une chose évidente. Et si vous voulez, ça nous désigne, nous autres, les enfants d'Israël, comme étant les ramoneurs du bon Dieu. C'est-à-dire que notre travail à nous, c'est d'entretenir les cheminées qui lient le ciel et la terre. Si vous voulez, entre la transcendance et l'immanence. Ce qui explique pourquoi les Juifs sont parfois un peu noirs de suie: parce qu'ils nettoient les cheminées du monde.
— Oui ?
Non, il y a des générations où la Torah est donnée, mais pas à toute génération, d'accord ? Ce qui a été donné à ce moment-là, c'était précisément la Torah écrite. La Torah orale a été donnée une deuxième fois, lors de la tour de Babel. On va voir que ça a des conséquences, mais pour l'instant, laissons ça comme ça.
Donc, non, ce n'est pas à cause de ça qu'on dit ça. Bon, maintenant je reviens ici, parce que la Torah a été donnée, mais personne n'était là pour en témoigner, et tous ont été zigouillés à cause de ça.
— Sous forme d'eau ?
Oui, d'eau, sous forme d'eau. C'est-à-dire que, si on est digne, ça devient des Loukhot; si on n'est pas digne, ça devient de l'eau. Que d'eau, que d'eau, n'est-ce pas ?
Donc je reviens ici. Ça s'est passé lors du deuxième mois, le vingt-septième du deuxième mois. Après, vous avez tout un récit: comment ça tombe, quarante jours, cent cinquante jours, tout le bazar. Et j'en arrive au chapitre Khet, au verset Aleth: Vatanah HaTéva bachodech hachevi'i. La Téva se posa lors du septième mois, le dix-septième …
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