La deuxième bénédiction : la Guevoura et la résurrection des morts
Pourquoi la capacité de Dieu se mesure à la résurrection des morts, et ce que signifie Ghibor dans la prière.
Rav Oury Cherki
Ensuite : La prière de Mincha selon Rav Kook, page 3, 53 min
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Shalom. Il me semblerait utile et fort intéressant de continuer l'étude du Chmona Esré. Je crois que nous avons étudié ensemble la première bénédiction, nous allons donc passer à la deuxième.
Shalom. Il me semblerait utile et fort intéressant de continuer l'étude du Chmona Esré. Je crois que nous avons étudié ensemble la première bénédiction, et nous allons donc passer à la deuxième. La première bénédiction répondait à la question « Qui ? », c'est-à-dire: qui est celui à qui la prière est adressée. La deuxième bénédiction répond à la question « Quoi ? », c'est-à-dire: que peut-il me donner ?
La réponse est ce qu'on appelle en hébreu Guevourot, c'est-à-dire la capacité. De quoi Dieu est-il capable ? De tout. Donc il peut tout me donner. Ce qu'on appelle la capacité, la Guevoura, signifie la capacité de renverser l'ordre des choses. Parce que quand je viens faire une prière, je demande que la situation actuelle change, qu'elle soit autre.
Est-ce que vous connaissez un changement absolu ? Oui, c'est quoi ?
— Ce n'est pas un changement absolu, il y avait un papa.
Oui, mais il existait. Quoi ?
— La révolution.
La révolution est toujours sur l'arrière-plan d'une situation antérieure. Changement absolu: la création du monde. C'est le passage du néant à l'être. Cela inclut tous les changements possibles.
— Hein ? J'ai rien compris.
— Ou l'Apocalypse ?
Ah oui, oui, ça aussi, mais ce n'est pas très sympathique, on ne prie pas pour ça. Mais on peut également parler de quelque chose d'analogue: la résurrection des morts.
La résurrection des morts, comment ? Pratiquement, oui. C'est-à-dire que tout changement dans le monde est un peu moins que la résurrection des morts. Par exemple, la guérison: être malade, c'est être un peu moins vivant, mais ce n'est pas être mort. Quand je suis guéri de la maladie, cela ressemble à la résurrection des morts. Quand je suis libéré de prison, cela ressemble à la résurrection des morts. On peut donc dire que tout ce qu'on appelle les capacités de Dieu, en hébreu les Guevourot, sont des dérivés d'une grande Guevoura, qui est la résurrection des morts.
Elle-même dérivée d'une plus grande Guevoura encore, qui est la création du monde.
— Guevoura, ça veut dire leït et gaber, ça veut dire surmonter.
Justement, on surmonte la situation antérieure. Quelqu'un est malade, il va surmonter la maladie, la maladie va devenir la bonne santé. Il a donc fait un acte de surmonter quelque chose: Guevoura.
— Quelqu'un qui était malade et qui…
— Hein ?
On appelle surmonter tout ce qui est transformation de l'état antérieur. C'est tout. Peu importe qui est celui qui surmonte, si c'est la personne elle-même ou quelqu'un d'autre qui le fait pour elle. On parle ici de la définition du mot surmonter. C'est simple.
Donc la bénédiction en question va beaucoup parler de la résurrection des morts, mais on va voir que cela implique beaucoup de choses. Je lis le texte. Je suppose que vous l'avez, soit devant vous, soit en mémoire: Atta Guibor le-Olam Adonaï. Tu es capable. Guibor: vaillant, surmonteur.
On avait déjà vu ce terme dans la bénédiction précédente, n'est-ce pas ? On avait dit d'un Dieu qu'il est El gadol guibor ve-nora, le Dieu grand, vaillant et redoutable. Qu'est-ce qu'on avait expliqué ? C'est quoi, guibor, vaillant ?
— …
Non, pas du tout. Ça, c'était pour gadol. Il y a une expression dans la Michna: Eizehou guibor ? Hakovesh et yetzro, celui qui domine son instinct. C'est ça, le guibor.
Donc, c'est quoi l'instinct de l'infini ? C'est l'être infini. Et Dieu domine son instinct d'infinité. Il laisse la place au monde. Ce que les kabbalistes appellent le Tsimtsoum, n'est-ce pas ? Eh bien, c'est la même chose avec Atta Guibor: tu es vaillant, le-Olam, pour laisser la place au monde. On va dire: pour toujours.
Le mot Olam a deux significations en hébreu. La signification biblique, c'est « toujours », comme par exemple va-yavo ad olam. Mais il y a également le sens de monde, emprunté au grec kosmos, et chez les Chachamim le mot Olam a la signification de monde. La prière est un texte biblique, mais elle est vécue par les Chachamim: elle se trouve à la charnière des deux. On peut donc prendre les deux significations du mot Olam.
— Et alors ?
Et alors, ce que j'ai voulu expliquer, c'est que le mot Le-Olam a une signification dans le temps, pas dans l'espace. Est-ce que ce temps qu'on appelle Olam est vraiment infini ou pas ? Cela n'a rien à voir avec notre sujet.
Bon. Atta Guibor le-Olam Adonaï: ici c'est le nom de Dieu Adonaï, pas Yod Hé Vav Hé, c'est-à-dire Dieu qui se manifeste en tant que maître. Pour être maître, il faut qu'il y ait une distance. La distance est possible s'il y a un vide, n'est-ce pas ? C'est ça, le monde: un vide de Dieu.
Mehayé metim atta, tu fais vivre les morts. Rav léhoshia, abondant en sauvetage. Mashiv haruach oumoridh hagachem: que veut dire Mashiv haruach ? Décidez-vous. Il y a ici un élève qui a dit que mashiv signifie « qui fait… »
— Revenir.
Un autre qui dit: cela veut dire « il fait souffler ». Qui a raison ? Si on voulait dire « qui ramène », on devrait dire meshiv. Mais mashiv veut dire « faire souffler ». Remarquez qu'il y a un dagesh dans le chine. Quand il y a un dagesh hazak, c'est qu'une lettre est tombée. Quelle lettre ? Le noun. Mashiv, c'est comme s'il s'écrivait manshiv.
Le vent souffle: rouah nochevet. Vous connaissez ? Il y a une chanson qui dit Rouah nochevet, qui est grave. Eh bien, nochevet, le verbe nakhav (noun, shin, bet): comme c'est un hif'il, le noun tombe et est remplacé par un dagesh. Donc mashiv haruach, il fait souffler le vent. La racine du verbe souffler, c'est nakhav, tout simplement. C'est la règle générale dans le hif'il: on fait tomber le noun. Par exemple, un cadeau, en hébreu, on dit matana. Pourquoi pas mantana, puisque le verbe c'est natan ? On a fait tomber le noun et on a mis un dagesh dans le tav. Sinon on devrait dire mantana.
Donc Mashiv haruach, celui qui fait souffler le vent. D'où vient le vent ? Là, c'est une question très importante. On risque de ne pas dormir de la nuit si on ne sait pas d'où vient le vent. Oumorid hagachem, qui fait descendre… c'est quoi, gachem ? La pluie.
Daniel, vous riez parce que vous connaissez les sketches de. Mais pas tout le monde, ici dans l'assistance, les connaît. Ce sont des gens sérieux qui étudient la Torah jour et nuit, vous comprenez ?
Gachem, la pluie. En hébreu tardif, le mot guéchem signifie également « matière », gachmiout. Mais cela n'a rien à voir: le mot guéchem au sens de matière vient de l'arabe jism. Il a été introduit dans l'hébreu au Moyen Âge par la famille Ibn Tibbon. L'origine de l'arabe, c'est …
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