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Gomel Hassadim Tovim : bonté utile et bonté nocive

Pourquoi la bonté divine est dite « bonne », et ce que le peuple d'Israël apprend de l'exil selon le prophète Ézéchiel.

56 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La tefila entre sentiment et intellect selon Rav Kook, 47 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Et bien, après une très longue interruption, insupportable, insoutenable en vérité, nous pouvons continuer notre passionnante et trépidante étude du texte de la prière. Si je ne me trompe, nous avons étudié toute la première bénédiction, ou presque entièrement, n'est-ce pas ? On l'a finie ? On est arrivé à où ?

D'accord, donc nous en sommes à Gomel Hassadim Tovim, n'est-ce pas ? On avait vu Baroukh Ata Hachem, ça veut dire source de bénédiction qui vient à moi en tant que miséricorde. Elohé Noum, c'est notre Dieu tel qu'il est conçu par notre génération. Elohé Avoté Noum, c'est la chaîne qui nous relie au d'Israël, la chaîne personnelle. Et après, vous avez Elohé Avraham, Elohé Yitz'hak, Elohé Yaakov, les fondateurs de l'identité d'Israël.

Et après, ça devient, dans l'Histoire, Hagadol, Hagibor, Véhanora. C'est ça ? On avait étudié Fousa ainsi que El Elyon. Maintenant, nous passons à l'action de la Providence dans le présent. Gomel Hassadim Tovim, Konè Hakol, Vézokhèr Hassdei Avot. Gomel Hassadim Tovim, qui pourvoit de bonne bonté. C'est-à-dire que Dieu pourvoit de bonne bonté.

Ça suppose qu'il y a des bonnes bontés. S'il y a des bonnes bontés, c'est qu'il y a des mauvaises bontés, évidemment. C'est quoi une bonne bonté ? C'est une bonté utile, efficace. Une mauvaise bonté, c'est une bonté nocive. Il y a des bontés nocives. Par exemple, si vous demandez à quelqu'un de faire un geste de générosité pour vous: « Est-ce que tu peux, s'il te plaît, me prêter ton revolver ? J'ai besoin de me suicider. Et je n'ai pas les moyens. Est-ce que tu peux, s'il te plaît ? Oh, ce sera une seule balle, hein. T'as pas 100 balles ? Une seule balle, cette fois-ci. » Alors, c'est une mauvaise bonté que de lui donner.

Et, effectivement, on est parfois amené à recevoir des bontés. On se demande si les bontés en question sont bonnes. Mais quand elles viennent de Kadosh Baroukh Hou, nous savons que ce sont des bonnes bontés. Gomel Hassadim Tovim. Il y a, dans la Guemara, à plusieurs endroits, ainsi que dans le Midrash, trois…

Il y a trois signes pour reconnaître un juif. Shelosha Simanim. Il y a trois signes pour reconnaître un juif. C'est qu'un juif, dit la Guemara, a trois qualités. Il est Bayshanim, Rahamanim, Gomlei Hassadim. Les juifs sont Bayshanim, ça veut dire qu'ils sont honteux. Rahamanim, ils sont miséricordieux. Et Gomlei Hassadim, ils sont généreux. C'est ça ?

Honteux, ça veut dire… Ah, justement, alors ce sont en fait trois mauvaises choses. Le Bayshan, le Rambam fait la différence entre Bayshan et Bosh Panim. On dit Bosh Panim de Gan Eden. Celui qui a la honte sur le visage va au paradis: Bosh Panim de Gan Eden. C'est quoi le Bosh Panim ? C'est le contraire du Az Panim. Az Panim, c'est l'effronté.

Et Bosh Panim, c'est celui qui a une certaine timidité, qui fait attention à ce que son identité légitime n'empiète pas sur une autre identité tout aussi légitime. C'est ça le Bosh Panim. Il y a par contre le Bayshan. Le Bayshan, c'est celui qui remet en question la légitimité de son propre être. « Est-ce que j'ai le droit d'être ? »

C'est une question qui est posée en permanence par les juifs. Les juifs passent un temps fou à expliquer que le peuple juif a le droit d'exister. Non seulement l'État d'Israël, mais le peuple juif de manière générale. Notre existence est légitime. Ça s'appelle bayshanout. On travaille à ça. Se poser la question en permanence, « est-ce que je suis légitime ? », c'est la question du Bayshan. Ça, c'est une maladie, oui.

Elle vient d'un fait très important: le peuple d'Israël est le seul peuple de l'histoire qui a été fondé par une décision. Eh bien, HaKadosh Baroukh Hou dit à Abraham: « Je te demande de fonder le peuple d'Israël. » Abraham dit: « D'accord, j'y vais. » S'il avait dit non, il n'y aurait pas eu… Donc, c'est le fruit d'une décision. Une décision, on peut toujours se demander si elle était bien fondée ou pas. « Est-ce que je ne me suis pas trompé ? » Et alors, non, c'est la réponse d'Abraham.

De même, l'État d'Israël a été fondé par une décision de l'Assemblée des Nations. Est-ce qu'on a eu raison ou pas ? Quand Herzl a décidé de fonder l'État juif, il n'y avait aucune donnée sur le terrain qui permettait de fonder un État juif. Et donc, on a toujours cette idée que peut-être qu'on n'a pas bien fait. Tandis que les autres nations de la Terre sont le fruit de la nature. C'est-à-dire: la France existe parce qu'elle existe, point. Les États-Unis existent parce que ça existe. C'est né d'un fait de nature. Et donc il n'y a pas de question: est-ce que c'est bien que ça existe ou pas ?

D'accord ? Donc la question du Bayshan, la question du peuple d'Israël, c'est de savoir si son existence est légitime, et c'est une maladie particulière aux juifs. Oui, quoi encore ? Une seconde. La deuxième maladie, c'est Rahamanim. Rahamanim, en français, on dit miséricordieux.

Mais la Guemara nous dit: Harahamanim chayehem einam chayim. Les miséricordieux, leur vie, c'est pas une vie. Bien sûr, lui, il peut se permettre… Il y a une différence en hébreu entre le Merahem et le Rahaman. Merahem, c'est celui qui prend en pitié. D'accord ? Or, ça, c'est très bien de prendre en pitié, parce que ça nous amène à faire quelque chose. Il y a quelqu'un dont j'ai pitié, eh bien, je vais faire quelque chose pour lui. Ça s'appelle Merahem.

Tandis que le Rahaman, c'est celui qui est ébranlé dans son être par la souffrance du monde. Il ne peut pas la supporter. Il en est donc paralysé. Ça, c'est le Rahaman. Et la Guemara nous dit: Rahamanim, chayehem einam chayim. La vie des miséricordieux n'est pas une vie. Donc c'est le deuxième défaut des juifs.

Troisième défaut: Gomlei Hassadim. Les juifs sont généreux, ils sont bienfaiteurs. C'est très grave, parce que le juif ne fait pas la différence entre les bons bienfaits et les mauvais bienfaits, n'est-ce pas ? Comme on a dit ici: Gomel Hassadim Tovim. Alors comment est-ce qu'on fait pour guérir de ces trois défauts qu'ont les juifs ? Il y a une réponse à ça: la Torah. La Torah vient rectifier les exagérations du tempérament des Hébreux. Ce qui explique plusieurs mitsvot…

… qui viennent réparer, rééquilibrer la sensibilité hébraïque, n'est-ce pas ? Bon. Donc c'est le Gomel Hassadim Tovim. Je reviens ici au texte de la Tefila: Gomel Hassadim Tovim, qui pourvoit de bonne bonté, ou de bon bienfait. Parce qu'il y a des bienfaits qui sont nocifs.

Konè Hakol. Ça veut dire: il possède tout. Il n'achète pas tout, ça ne lui appartient pas comme à quelqu'un qui est à la Bourse. Il est l'auteur de tout. C'est-à-dire qu'ici, il y a plusieurs manières d'acquérir un bien: soit de l'acheter, soit d'en être le producteur. Il y a la propriété qui vient …

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