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Shimshon, un enfant promis : nazir, Tsora et Dan

Le début de Shoftim 13 : l'annonce de la naissance de Shimshon et ce qu'elle révèle de la consécration.

1 h 05

Rav Rony Akrich

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Tov, prenons le Tanakh, c'est-à-dire Shoftim. D'habitude, on essaie de faire quelque chose d'intéressant, qui puisse nous apporter un message, une actualité pour notre présent. Nous sommes donc dans Shoftim, chapitre Yud Guimel (13), verset Alef. Chapitre Yud Guimel, verset Alef, c'est bien ?

Chapitre 13, verset 1. C'est l'introduction à la venue de l'avant-dernier des juges, c'est-à-dire de Chimchon. Mais cette introduction, c'est-à-dire la prénaissance de Chimchon, est intéressante, et elle va nous permettre d'aborder un certain nombre de points que je trouve opportuns, intéressants, etc.

Juste pour vous rappeler que le livre des Juges est un livre que j'appelle « en dents de scie », pour la simple raison que l'histoire est répétitive. Répétitive, cela veut dire que les enfants d'Israël… Et voilà, toute l'histoire du livre des Juges est rythmée à ce rythme-là: les enfants d'Israël font le mal aux yeux de l'Éternel.

Voyez d'ailleurs l'ouverture: Vayossifou. Cela veut dire quoi ? Non pas « ils ajoutèrent », mais « ils continuèrent ». C'est un phénomène récurrent, dans le sens où l'histoire se répète inexorablement: Vayossifou Bné Israël laassot haraa be-einei Hachem, ils firent le mal aux yeux de l'Éternel.

Il est bien évident que le jugement porté par l'auteur du livre des Juges n'est pas, bien sûr, un jugement humain. Il y a plusieurs hypothèses; il est possible que ce soit Chmouel qui ait écrit le livre de Shoftim, mais nous n'en avons aucune certitude.

Je l'ai déjà dit il y a dix minutes. Chapitre 13, Yud Guimel. Je reprends, essayez de suivre, parce que si on rate le coche, il est très difficile de parvenir à la prochaine étape. Vayossifou Bné Israël laassot haraa be-einei Hachem, ils font le mal aux yeux de l'Éternel. J'étais en train de préciser que le mal vient ici révéler une conduite, un comportement, c'est-à-dire une identité morale falsifiée, mais par rapport à l'identité morale à laquelle aspire l'Éternel. Vous comprenez ? Faites moins de bruit, Toda Rabba. L'identité morale telle qu'elle est entendue et prônée par l'Éternel, Dieu d'Israël. Ce qui ne vous enlève pas, à chacun de vous…

…une identité morale immanente, c'est-à-dire de ce bas monde, à laquelle chacun de nous est à même de se référer, même si l'Éternel ne nous avait pas dit et transmis « tu ne tueras pas, tu ne voleras pas ». Pour donner deux exemples probants, mais essentiels, et tout autant primaires.

Lorsque nous voulons parler d'une identité morale transmise et prônée par l'Éternel, la différence – et c'est là le point important pour vous – c'est que chacun de nous est à même de comprendre et d'entendre pourquoi je ne dois pas voler, pourquoi je ne dois pas tuer. C'est la morale basique. Mais lorsque l'Éternel dit « tu ne tueras pas, tu ne voleras pas », il y a ici une dimension qui veut dépasser l'entendement individuel. Et, de manière beaucoup plus élaborée, la dimension collective, c'est-à-dire la dimension sociétale. Vous me suivez ? S'il y a un problème, vous me le demandez. C'est ainsi que chacun de nous, à son niveau, peut vouloir essayer d'entendre et de comprendre cette identité morale, pour le sauvetage de son être individuel.

Vous vous rappelez que je vous ai suffisamment rabâché la différence probante que je fais entre dat et Torah, entre religion et Torah. Dans la religion, pour revenir à cette terminologie que je dichotomise – que je définis essentiellement comme étant différentielle –, je dirais que le religieux est, ici, en dehors des définitions que j'avais données: que Dieu est le créateur du monde et que nous ne voulons pas un culte à l'Éternel, mais que nous sommes les témoins de l'Éternel. Et sachez que, dans la dimension religieuse, l'individu

est à même de penser qu'il est celui qui est redevable vis-à-vis de lui-même, et non pas au nom de son appartenance à la société, à la collectivité d'Israël, et à travers Israël, de la collectivité universelle, de la collectivité humaine. Vous comprenez ? C'est-à-dire que, en fin de compte, chacun d'entre nous pourrait venir et se dire: « J'ai fait mes bonnes actions, mes béas », et que ces bonnes actions ouvrent devant moi le salut. Le salut, vous savez ce que c'est, le salut ? C'est la délivrance.

La problématique d'Israël, des Hébreux, n'est pas à ce niveau-là. Bien sûr que l'individu est responsabilisé. Mais prenez l'exemple de la tefilah: bien sûr que l'on peut faire sa tefilah tout seul. Mais quelle est la loi ? C'est que la tefilah doit se faire à travers le quorum requis. De combien est le quorum requis ? Et comment l'appelle-t-on dans le texte biblique ? Edah. Vous savez d'où vient l'origine du quorum requis de dix en tant qu'Edah ? Les dix explorateurs, c'est-à-dire ceux qui, par leurs paroles, vont

devenir les insoumis à la volonté du projet divin. Or Edah peut être raa, mauvaise, ou peut être tova, bonne. Mais Edah, vous l'entendez, comme tu l'as très bien dit: c'est le témoignage. Mais non point le témoignage individuel, si ce n'est le témoignage collectif. Vous suivez ce que je dis ? C'est quelque chose de très important, qu'il faut bien intégrer. Cela ne veut pas dire que, individuellement, il me serait permis de tuer ou de voler. Non. Il y a une responsabilité individuelle. Mais il faut entendre qu'au-delà

de cette responsabilité individuelle, l'individu est interpellé par la parole divine.

— Oui, on est entièrement d'accord. Je n'ai jamais dit qu'il y avait une annihilation du témoignage possible de l'individu. J'ai dit qu'il ne faut pas que le témoignage individuel puisse être considéré par l'individu comme n'étant pas le moyen, mais la finalité. Vous comprenez la différence ? Nous ne sommes, vous et moi, que le moyen de nous élever à la dimension de l'Edah. Et à partir du moment où nous donnons, dans ce microcosme de l'histoire, un premier témoignage, c'est pour mieux révéler la dimension populaire, la dimension nationale. Et, à travers la dimension nationale, comme nous l'avons vu des dizaines de fois, la dimension universelle du message divin qui se révèle à travers Israël. Le prophète Yeshayahou dit: Atem edaï, vous êtes mes témoins. D'accord ? Voyez ce qu'on peut dire.

« Et Il les a mis entre les mains des Philistins. » Que veut dire cette phrase ? Cela veut dire que les Philistins ont conquis la Judée. Qu'est-ce que vous entendez par là ? Ils ont continué à faire le mal aux yeux de l'Éternel, et, en conséquence, Dieu les a mis dans une situation dramatique: perdre toute possibilité d'indépendance, de souveraineté, de liberté, d'émancipation. Vous comprenez ? Pour nous, la leçon, en dehors de ce que nous avons dit jusqu'à présent, est de savoir que nous sommes, au niveau collectif, responsabilisés quant au sens que la collectivité d'Israël donne à son devenir.

Et s'il y a des pertes et des fracas dans l'historiographie d'Israël, c'est certainement parce que cette histoire est consécutive d'une histoire collective, écoutez bien, mal assumée. Vous comprenez ce que je dis ? Mal assumée. C'est-à-dire que nous ne pouvons pas regarder l'histoire et l'accuser individuellement, non seulement vis-à-vis …

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