Parachat Bamidbar (30/05/16)
Rav Yossef David
Ensuite : Parachat Bechalach (07/01/14), 56 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Paracha de Bamidbar, on rentre dans le livre de Bamidbar. Avant de parler de la paracha elle-même, qui décrit beaucoup des introductions à notre péripétie dans le désert, j'aimerais parler de ce concept de désert. La loi qui dit que, quand un tiers des utilisateurs du cours sont sur WhatsApp, on arrête le cours, vous la connaissez ? Et quand on est trois, c'est même vite fait ! On a fait les millions d'internautes, ils ne vont pas comprendre.
Alors, j'aimerais expliquer un peu ce qu'on fait de Midbar, parce que ce n'est pas très clair. Pourquoi, quand on lit beaucoup de la Torah dans le désert, est-on obligé de se balader dans le désert aussi longtemps ? Pourquoi cette histoire de désert ? J'aimerais donner une explication sur un point. Vous savez, on dit que Moshe Rabbeinu était humble, vous connaissez tous les Haggadot sur le Sinaï et tout le reste. Il faut être anav, il faut être humble pour recevoir la Torah. Il y a beaucoup de midrachim qui vont dans ce sens-là. HaKadosh Baroukh Hou dit: celui qui a de la gaava, de l'orgueil, lui et moi, nous ne pouvons pas vivre dans le même monde. Donc il est utile de vous dire qui va disparaître. Beaucoup de midrachim vont dans ce sens: il faut être anav.
Pourquoi faut-il être anav pour recevoir la Torah ? Parce que si moi je ne suis pas anav, quand je reçois la Torah, je me dis: ouais, c'est bon, je connais, j'ai compris, c'est bon. Or il faudrait comprendre quelque chose de nouveau, quelque chose de profond. Vous n'avez aucune chance si vous n'avez pas d'anava. C'est pour ça que je voudrais vous expliquer un concept de… de tikkoun middot qu'on verra bientôt. Un concept de tikkoun middot, donc. Faisons un petit exercice de trente secondes, d'accord ? Fermez les yeux, et je vais vous donner une liste de choses, pas tout de suite. Vous allez me dire ce que vous pensez de ces choses-là, d'accord ? Votre arouha du matin, votre chauffeur, votre père, la ville où vous avez grandi, la salle de classe. On s'arrête.
Rendez-vous compte que, sur chaque chose que je vous ai dite, vous avez une idée bien précise. Sur toutes les choses que je vous ai citées, vous avez une idée bien précise: telle chose est comme ci, telle personne est comme ça, la salle est comme ceci. Il y a une idée, d'accord. Je voudrais que vous cherchiez une chose: étant donné qu'on a déjà des idées sur toutes les choses et sur tous les gens, on n'écoute jamais vraiment les choses, et jamais vraiment les gens. C'est-à-dire que vous n'êtes pas capables, par exemple, de rentrer dans cette salle et de la voir comme si vous ne l'aviez jamais vue. Il faudrait vraiment faire un effort.
Par exemple, imaginez que vous n'êtes pas des gens très ordonnés, disons. C'est possible, parmi certains d'entre vous. Et tous les jours, vous rentrez dans votre chambre et la table n'est pas très bien rangée. Un jour, des invités vont venir, et tout d'un coup vous vous rendez compte que la table n'est pas rangée. Vous ne vous en étiez pas rendu compte avant. D'accord ? Donc, en vrai, on ne regarde jamais les choses d'une manière neuve. Ça, c'est déjà problématique en soi, mais c'est compréhensible. Ce qui est plus grave, c'est qu'on écoute rarement les gens d'une manière neuve. En vrai, au lieu d'écouter les gens, souvent on écoute ce qu'on a à dire sur ce que les gens disent.
Je vous donne un exemple. Il y a une petite voix à l'intérieur qui dit toujours: « Ah ouais, pourquoi il dit ça ? Non, c'est pas vrai, non, c'est pas vrai… » Vous n'avez pas de petite voix ? Non ? Et comme ça, on a tout le temps quelqu'un qui parle dans sa tête. Quand on écoute quelqu'un parler, très souvent, au lieu de l'écouter, on écoute ce qu'on a à dire sur ce qu'il dit. Vous comprenez ? Et à cause de ça, on n'écoute pas bien. Quand on manque de anava… Bon, c'est toujours comme ça, mais la anava demande justement d'être capable d'écouter complètement. Vous comprenez ? Généralement, quand on écoute quelqu'un, on se dit: ouais, il dit ça, ouais je comprends, mais non, ça, on l'a déjà entendu. Écoutez cette voix, vous l'avez souvent.
Quand vous entendez quelqu'un parler, au lieu de l'écouter, vous écoutez ce que vous avez à dire sur ce qu'il dit, hein ? Peut-être que vous êtes en Aqchaba d'Arabah, il n'y a plus de chance. Donc vous comprenez pourquoi, dans le désert, Hachem a amené le peuple pour recevoir la Torah ? Parce qu'il ne voulait pas qu'il y ait des bruits de fond tout autour. Qu'est-ce qu'ils vont dire, les Jordaniens ? Qu'est-ce qu'ils vont dire, les Syriens ? Qu'est-ce qu'ils vont dire ? Ils sont dans le désert, il n'y a pas de voisins autour. Il y a Am Israël, il n'y a que ça. Il n'y a pas d'influence extérieure.
C'est plus facile de recevoir la Torah quand il n'y a rien tout autour par rapport auquel on va essayer de juger, de comprendre, d'analyser, de comparer, que quand on est dans un endroit où il va y avoir toutes sortes d'influences extérieures qui vont nous obliger à juger par rapport à ces influences. Vous comprenez ? Ça permet la concentration. Vous regardez ça aussi chez vous ? Imaginez que vous voulez vous concentrer, vous voulez préparer un examen. Si vous avez une table avec plein de choses tout autour, vous avez du mal. Il faut d'abord faire le vide sur la table, et après on arrive à bien préparer.
C'est lié à ça. Le désert va être l'endroit où on est vide d'influence, et ça va nous permettre de recevoir la Torah. Mais on verra que ce n'était pas l'idéal, l'idéal de recevoir la Torah dans le désert, on verra après. Je vais juste expliquer que c'était nécessaire, à cette étape de notre histoire, de recevoir la Torah dans le désert.
Dans le sens où d'abord, le désert, on est dans le désert du Sinaï, et le désert du Sinaï fait partie d'Erets Israël, dans les guevoulot de, dans les frontières de… Mais Israël, c'est la première galout. Le désert, c'est l'état intermédiaire où on était obligé de passer pour se purifier. Aujourd'hui, on est en Israël. Aujourd'hui, en Israël, c'est un autre problème. Il y a eu beaucoup d'autres galoutot, on n'a pas eu d'état intermédiaire quand on est sorti de…
Donc, être capable d'écouter, c'est être capable d'écouter sans avoir quelque chose d'autre qui écoute à notre place. Et ça se passe, quand je réponds rapidement, c'est souvent parce que tu écoutes la personne avec la voix intérieure, c'est-à-dire que tu écoutes ce que tu as à dire sur elle.
Il faut donc écouter la personne. Après, il faut se rappeler. Le problème, c'est après: se rappeler de ce que tu voulais dire. Mais si tu es capable d'écouter la personne, tu peux créer …
Cours de Machon Meir
Dans la même série
311 cours du Rav Yossef David, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Erets Israël, Émouna, Rav Kook, Moadim.
- 123
Bamidbar, le désert entre le projet et sa réalisationPourquoi le livre de Bamidbar est celui de la chute et de la traversée nécessaire vers la réalisation du projet divin. - 124
Parachat Bamidbar (19/05/15) - 125
Parachat Bamidbar (20/05/14) - 126
Parachat Bamidbar (22/05/12) - 127
Parachat Bamidbar (30/05/16) - 128
Parachat Bechalach (07/01/14) - 129
Parachat Bechalah (08/02/17) - 130
PARACHAT BECHALAH (15/01/08) - 131
Parachat Bechalah (27/01/15) - 132
Parachat Beha’alotekha (02/06/15)
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav