Le seder de Pessah : conseils pratiques pour la soirée
Préparer le seder, éviter la précipitation, accouder correctement et respecter les usages de sa famille.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Préparer le seder de Pessah, pas à pas, 54 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Conseils avant le Seder
Shalom tout le monde. On m'a demandé de vous entretenir aujourd'hui du Seder. Ceux que ça ennuie peuvent sortir, pas de problème.
Donc nous allons nous entretenir du Seder. Le Seder est un événement très important de l'année juive, de la vie juive en général.
Nous allons nous occuper de quelques recommandations d'ordre pratique. Ce que nous allons faire est au ras des pâquerettes: une étude aujourd'hui extrêmement superficielle. Mais c'est très important, parce qu'il y a des manières de passer le Seder qui sont catastrophiques, et d'autres qui sont au contraire bénéfiques. Alors passons au bénéfique.
La chose la plus importante pour le Seder, c'est de commencer par être calme. C'est-à-dire ne pas se catastropher à cause de tout un tas de choses qui peuvent vous sembler bizarres dans la manière dont le Seder est fait. Surtout, n'allez pas casser les pieds à vos parents avant d'avoir bien vérifié une chose avec votre Rav. Préparez-vous donc à l'avance, et gardez le numéro de téléphone de votre Rav pour pouvoir l'interroger sur chaque élément: qu'est-ce qu'on fait si on a fait comme ci, comme ça, etc.
Deuxièmement, la chose la plus importante avant le Seder, c'est de dormir. Si vous avez de l'influence sur votre famille, ce qui est en général assez limité, c'est quand même recommandé de demander à tout le monde d'avoir fini tous les préparatifs à deux heures de l'après-midi. À deux heures, tout le monde va dormir.
Alors on fait les choses suivantes. D'abord, on débranche le téléphone et l'internet. On ferme les volets, et on met un écriteau sur la porte, à l'extérieur: « Nous dormons, veuillez ne pas sonner. » Si vous avez quelque chose à apporter, parce que vos invités sont tous contents de vous amener des fleurs ou je ne sais quoi, des choses qu'ils ont préparées, déposez-le en silence. D'accord ? La maison est silencieuse, vous dormez deux heures.
Sinon, tout le Seder a une autre allure que d'habitude. C'est très dommage: on fait énormément d'efforts pour que le Seder soit prêt, et ensuite on s'effondre de fatigue.
Deuxième recommandation dans le même esprit: ne pas traîner le Seder en longueur. Vous avez extrêmement envie de dire des tas de choses que vous avez apprises au Machon Meir. « J'ai vu un kiddouch génial, machin, truc, chouette; j'ai vu sur internet une sihah du Rav, truc, chouette, et j'ai vachement envie de vous dire ce que j'ai vu. » Non. Calmez-vous, et faites le Seder avec une certaine dynamique. Pas avec précipitation, mais de façon que tout le monde, y compris les femmes et les enfants, puisse finir de lire le Hallel. C'est-à-dire ne pas s'endormir avant le Birkat Hamazon ou avant la quatrième coupe. D'accord ? C'est très important, donc veillez à cela.
Troisièmement, dans chaque famille, il y a des coutumes différentes. Respectez les coutumes de vos familles.
Quatrièmement, il y a différents moments dans le Seder où il faut agir accoudé. Il s'agit de sept moments différents dans la Haggadah où l'on est accoudé. Il y a les quatre coupes de vin, ça fait donc quatre moments, et les trois moments où l'on mange de la matzah: pour Motsi Matza, pour le Korekh et pour l'Afikoman. Ça fait donc sept moments où il faut être accoudé.
Et là intervient un petit problème: il y a une méconnaissance gravissime de ce que signifie être accoudé. D'habitude, ça se passe comme suit. Imaginez par exemple que ceci est la coupe de vin. C'est du sucre en vérité, mais ça pourrait être sec. Imaginez-vous que c'est comme ça.
L'habitude est la suivante: on a mis sur la table les assiettes, les couteaux, les fourchettes, les verres, la Haggadah. Il y a des tas de trucs un peu partout, et c'est un peu serré parce qu'il y a beaucoup d'invités. Et vous cherchez, en prenant par erreur la coupe dans la main gauche, ce qui est déjà une erreur, un endroit où placer votre coude, et vous essayez de boire. N'est-ce pas ? Ça, en général, c'est une catastrophe. Parce que d'abord, c'est la chose la plus incommode du monde.
Or, l'origine de l'accoudement, c'est que nous agissons en hommes libres. Ce n'est pas comme ça que ça se fait, d'accord ? Si vous faites comme ça, vous cherchez l'endroit où placer votre coude, parce que vous dites à votre voisin de ne pas oublier d'être accoudé, et ça, ça ne tient pas. Ce qu'il faut faire, c'est quelque chose de tout à fait différent, que nous allons apprendre maintenant. Il s'agit de faire quelque chose de très impoli, en vérité.
D'abord, vous mettez sur la table... vous ne mettez pas les assiettes. Les assiettes, on les met quand arrive le repas. Vous n'avez que la Haggadah et votre verre, point à la ligne. C'est tout. Deuxièmement, vous prenez votre chaise, qui est en général parallèle à la table, et vous la mettez perpendiculairement à la table. Vous la mettez comme ça, ce qui fait que vous êtes très impoli envers votre voisin, qui voit votre dos. À part ça, vous posez votre bras bien affalé sur la table, et vous tenez votre tête avec votre avant-bras. Et vous prenez dans la main droite, même si vous êtes gaucher, le verre, que vous buvez comme ça. D'accord ? À la manière de quelqu'un qu'on imagine dans un café. D'accord ?
C'est-à-dire que c'est un acte de liberté. C'est un résidu de ce qu'on faisait à l'époque antique: on était vautré sur des lits. Vous avez tous le Astérix, là-bas vous avez des témoignages.
Autre petite remarque: dans l'Antiquité, dans les grands repas, il n'y avait pas de table.
Il n'y avait pas de table. Il y avait un plateau qui était amené, un lourd plateau apporté par les esclaves, n'est-ce pas ? Et le plateau était posé soit sur le sol, soit sur un trépied. À la merde, on fait... on a juste encore aujourd'hui des Arabes, quand ils servent le café, qui ont un grand plateau de cuivre posé sur un petit trépied qui se replie. Quand on a fini de manger, on lève la table. Quand on lève la table, ce n'est pas qu'on débarrasse la table: on enlève le plateau, il ne reste rien. Et ce qui reste, c'est l'endroit pour les odeurs, les parfums, les danses, dans la mesure où il y en avait. D'accord ? C'est ça qui se faisait avant.
Or, justement, ce que dit la Michna, dans le traité de Pessa'him, c'est qu'on commence le récit de la Haggadah en enlevant la table. De ça, il est resté, dans le minhag, un peu bizarre, d'enlever le plateau. Au moment du début de la Haggadah, chez nos frères séfarades, notamment en Afrique du Nord, on lève encore le plateau. Certains le font tourner autour des têtes des convives. Enlever le plateau, c'est justement pour susciter la question de l'enfant: « Mais enfin, pourquoi est-ce qu'on enlève la table alors qu'on n'a pas encore mangé ? » D'accord ? C'est ça l'origine du Ma Nichtana.
Cours de Machon Meir
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