La tefila de Salomon : justice sociale et rencontre avec Dieu
Pourquoi le Temple dépend de la justice entre les hommes, et ce que la prière de Salomon demande pour Israël.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Le jugement de Salomon : justice et pouvoir, 1 h 09
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Prenez Melakhim Aleph, chapitre 8, Het, là où nous en étions il y a deux semaines, et commençons au verset Lamed Aleph, Acher yé'hèta. Je vous rappelle que nous sommes dans la tefila de Shlomo HaMelech, et qu'aujourd'hui, sans vouloir revenir sur ce que nous avons dit précédemment, nous allons entamer directement le propos de la prière, l'incantation de Shlomo, au moment de l'inauguration, c'est-à-dire de cette première Chanoukat HaBayit. Melakhim Aleph, chapitre 8, Het, c'est-à-dire verset Lamed Aleph, c'est-à-dire 31: Ki yé'hèta ish lé-rééhou, vé-nassa alav ala-ha ève'lo.
Pour ceux qui notent, remarquez que les versets Lamed Aleph et Lamed Bet, 31 et 32, concernent la demande de Shlomo HaMelech d'une justice sociale, c'est-à-dire concernant les rapports entre les hommes. Ki yé'hèta ish lé-rééhou, celui qui viendra à fauter vis-à-vis de son prochain.
Eh bien, celui-ci sera amené devant ton autel, A-U-T-E-L, bien entendu. À savoir que, comme nous avons lu dans Michpatim la semaine dernière, nous avons trouvé de manière concomitante non seulement la justice, mais aussi l'expression de l'autel que l'on allait édifier. Pour quelle raison cette concomitance ? Eh bien, pour bien marquer que l'autel, c'est-à-dire le lieu où auraient lieu les sacrifices, le lieu où la présence divine est à même de se révéler, ne peut être autrement que dans le lieu où la justice sociale se réalise, se concrétise foncièrement. Il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures, dans la relation au service de l'Éternel et dans le service à l'homme.
La relation de l'un à l'autre, et qui plus est, ce que je vous ai enseigné déjà plusieurs fois: la probabilité de rencontrer l'Éternel à travers le service conduit au Temple, lorsque le Temple sera édifié, et tout autant lorsque nous sommes simplement en face du Mishkan, comme dans le désert, et que nous retrouverons à l'entrée en Erets Israël, à Guilgal, à Nov, à Shiloh, etc. Peu importe, Mishkan ou Mikdach, dans les deux cas de figure, il est question de faire entendre, je le répète, d'une manière qui ne s'entend pas de deux façons différentes, qu'il n'y a pas de rencontre au Mishkan et au Mikdach possible, si ce n'est que la justice sociale, c'est-à-dire la relation des hommes entre eux, se soit avérée probante.
Là où il y a une défiguration de la relation des hommes entre eux, il y a une défiguration de la rencontre possible entre l'homme et l'Éternel. Que ce soit clair dans votre tête.
Suffisamment d'erreurs ont été commises pendant ces 2000 dernières années, où les hommes ont cru à certaines choses qui étaient caduques. Nous ne relevons pas de la texture. De la texture… Ça, en voulant faire bien, là, vous aviez tout cassé. Mettez la table plus à gauche, comme ça je vous vois, parce que sinon je vais attraper le torticolis. Donc rappelez-vous simplement que nous ne sommes pas une religion.
Et donc le mot « religion », pour ceux qui ne le savent pas encore, bien que je l'aie précisé, vient du latin religio, qui veut dire vouer: d'abord reconnaître l'Éternel, un Créateur, et lui vouer un culte. Je répète pour que les choses soient claires: « religion » vient de religio en latin.
La reconnaissance du Créateur un, nous sommes entièrement d'accord, et lui vouer un culte, ce n'est pas la finalité d'Israël. La finalité d'Israël n'est pas de vouer un culte à Dieu, mais de prouver, par la révélation de l'homme au sein de la création et à travers les créatures, qu'il voue quelque chose à Dieu. Vous comprenez la différence ? Je répète.
Ce n'est pas venir et se consacrer dans l'enceinte d'un lieu saint à des prières, des incantations, des larmoiements et je ne sais quelle autre contrition. Il est question de prouver que ma relation à Dieu est une vraie relation lorsque j'ai réussi ma relation avec les hommes. Est-ce que c'est clair maintenant ?
Le religieux se consacre à Dieu. L'homme de Torah se consacre à l'homme, et en se consacrant à l'homme, il sacre l'Éternel. Est-ce que vous entendez ce que je dis ? Vous me connaissez, ma langue française est excessivement précise. C'est en se consacrant à l'homme que l'on sacre Dieu, mais certainement pas en se consacrant à Dieu que nous pourrons sacrer la création. Car tous ceux qui ont voulu se consacrer à Dieu sont arrivés, à un moment donné, à oublier les hommes, et dans les cas exacerbés d'une telle figure religieuse, on en arrive au fondamentalisme religieux. Avec toutes ces extrémités dont nous sommes témoins en ce moment, ce qui me permet de faire trente secondes d'actualité.
Donc il y a le verset Lamed Aleph et le verset Lamed Bet, 31-32, qui relèvent de la demande de Shlomo HaMelech d'une justice sociale, pour les raisons que nous avons dites. Les versets 33 et 34 viennent ici nous faire entendre la demande de Shlomo, pour ceux qui notent, concernant des cas d'épidémie et de guerre sur la terre. Je vais vous lire le 33: Ve-nigaf Israël lifné oyévé, « Et lorsque Israël sera touché par l'épidémie devant ses ennemis. »
Pour quelle raison l'épidémie avait-elle, comment dire, agressé Israël ? Devant l'ennemi, tout simplement parce qu'Israël n'avait pas eu le comportement que l'on attendait d'Israël. Exemple: lorsque nous partons conquérir la Terre d'Israël sous les ordres de Yehoshoua, la deuxième bataille, celle de Haï, alors que les éclaireurs avaient dit: « Peu d'hommes suffiront pour conquérir une telle ville. » Nous eûmes des pertes à perte de vue. Cela interrogea Yehoshoua, et l'on découvrit que les pertes devant les murailles de Haï étaient conséquentes de ce qu'un homme avait contrevenu à l'ordonnance divine lors de la bataille de Yéricho, à savoir ne rien toucher à l'anathème de la victoire.
L'anathème, en français, c'est lorsque les vainqueurs rentrent dans la ville: tous les objets, c'est-à-dire, peuvent être pris. L'anathème, c'est de ne pas toucher à ces objets. C'est l'interdiction de toucher aux prisonnières et de toucher aux objets. C'est un anathème.
Celui qui a transgressé l'anathème, Akhan, sera découvert, mais c'était a posteriori. Et lorsque Shlomo, dans sa prière, dans son incantation, dit: « Lorsque Israël sera touché par l'épidémie devant ses ennemis, Acher ‘hété'ou lakh, car ils avaient fauté devant toi, Vé-chavou élékha, mais qu'ils se repentent, qu'ils en reviennent de ces erreurs. Vé-odou et chimkha, et qu'ils te louent, te remercient. Vé-hitpalélou, vous vous rappelez Mazalit Palel, on l'a étudié, se remettre en cause en ouvrant son propre cas judiciaire. Vé-hitchanenou élékha, et qu'ils te supplient dans ce temple. »
Vous comprenez la prière de Shlomo: la justice, la bakacha, les mishpatim, bedvarav, chéb'ein adam lé-havérо, cette volonté de justice sociale entre les hommes, c'est afin de préparer une société qui, lorsqu'elle devra partir en guerre, comme dans le deuxième cas de figure, soit une société juste et droite, relevant de la probité, de l'éthique, de la morale. Alors devant l'ennemi, la victoire sera au bout des épées, car ces hommes combattront pour un idéal et non pas pour un intérêt.
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