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Le manque de Dieu, souffrance du tsadik et de la Torah

Rav Kook décrit la soif constante de Dieu des justes et la souffrance face à une Torah reléguée hors du réel.

53 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : Herzl, la paracha et la bonne volonté selon le Rav Kook, 51 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Paragraphe cinq. Lepadim ? Bon, la prochaine fois, essaie d'aborder les langues d'arrivée, comme ça. Entrez.

Je vous remercie. Je vous remercie.

Mishlokokim mem ha tsadikim, le tshuvat ha klal tadir, u bitokhiout levavam, rotfim mem le zakot le chayavaya, keman deradif bata chayaya. Ki behemet, hu chayenu, ve chaye kol ha olamim. Tiens, qui veut expliquer ? Pas trop de volontaires ? Pas besoin de jouer, hein ? Juste une mura khat. Alors traduisons.

La souffrance atroce que chaque tsadik ressent au plus profond de lui, du fait du manque d'adhésion qu'il ressent envers Dieu. Ne pensez pas que les tsadikim n'ont pas de problèmes et qu'ils se la coulent douce. Les tsadikim aussi ont leurs problèmes. Ils ont toujours l'impression

de ne pas être à la hauteur de l'expression de leur potentiel tel qu'il devrait être. Donc, plus ils sont tsadik, plus ils en souffrent. Alors, s'il y a quoi que ce soit qui sert d'être tsadik, si finalement on souffre encore plus, ce n'est pas une souffrance qui crée une passivité. Au contraire, cette souffrance leur donne encore plus de force pour progresser de plus belle.

Et quoi qu'il en soit, les tsadikim ressentent toujours un manque d'adhésion avec Dieu. Ils voudraient plus, et plus, et plus. Et rien n'arrive à calmer leur soif. Plus il boit, plus il est assoiffé. Encore plus haut. Imaginez qu'un élève vienne chez son rabbin et lui dise: « Mon cher rabbin, avant d'arriver à la yeshiva et de dire cela, j'avais une soif atroce de Dieu. Et maintenant, Hachem, depuis que je vous connais, j'ai moins soif. » Le rabbin, il se suicide. Sauf qu'il a réussi à le déconnecter de cette aspiration constante à Dieu ? Au contraire: plus on se rapproche, plus on se rend compte combien on doit encore se rapprocher, encore plus se remplir de Dieu. Donc notre soif va en s'agrandissant de manière constante.

Ça ne casse pas sa soif. Euh, ouais, c'est comme ça qu'on dit. Je ne sais pas comment dire en français parce que… Quand il y a… C'est désaltéré ? C'est ça ? C'est comme rassasier pour la nourriture ? Comment on dit en anglais ? C'est le mot que je cherchais. Rien ne désaltère sa soif. Parfait. Je vous promets que ce n'est pas facile du tout d'enseigner le Rav Kook en français. Il faut se casser la mâchoire.

Et de cette souffrance constante, kol havarav michtabrim, tous ses membres se brisent. Mais Rav Kiilion Nefesh, tant il est en languissement constant de Dieu. Ben omenuha, bichol onegvena hachibaronam. Il ne ressent ni satisfaction, ni repos, ni aucun délice de ce monde. Rien ne pourrait désaltérer sa soif.

Ce qui est dit là revient dans pas mal de nos écrits saints. Par exemple, dans la préface du célèbre livre Mesillat Yecharim du Ramchal, qui rapporte un midrash: c'est à quoi cela ressemble, à une princesse qui serait mariée avec un paysan. Et le lendemain du mariage, le paysan lui propose un petit déjeuner

royal, selon la conception du paysan. Et elle, à la vue de ce petit déjeuner, ressent un profond dégoût, car tout ce qu'il pourrait lui apporter est bien en dessous du genre de menu qu'elle avait l'habitude d'avoir à la maison de son père. Le pauvre paysan ne sait pas quoi faire. Il va chercher dans la cuisine du pain noir, qui lui paraît encore mieux. Et cela ne fait que la dégoûter encore plus. Tout ce qu'il essaie de lui apporter ne peut pas combler son besoin.

Eh bien, c'est plus ou moins pareil pour le mariage qui existe entre le corps et l'âme. L'âme vient du royaume céleste. Donc sa nourriture est une nourriture céleste. Tout ce qui a trait à l'éternité, à la bonté, à l'idéalisme, à la noblesse, c'est le genre de nourriture

qu'elle a l'habitude de consommer. Elle ressent donc une faim, une soif. Cela émane, cela arrive à la conscience de l'homme: il ressent un manque, un vide. Il veut combler ce manque. Et qu'est-ce qu'il fait, ce gros malin ? Il ouvre le frigidaire. Il cherche, je ne sais pas, un bon gâteau. Et voilà, il mange. Mais l'âme est encore plus vexée d'avoir osé vouloir combler ce manque avec un morceau de gâteau.

Donc ce manque réapparaît de plus belle. « Qu'est-ce que j'ai, je n'ai rien fait de trop, pourtant j'ai bien mangé, qu'est-ce qui me manque ? » Peut-être que j'ai aussi besoin d'un bon film. Et encore pire: tout ce qu'on lui propose ne comblera jamais sa soif. Il faut lui apporter une nourriture céleste. On peut lui proposer d'agir pour la réunion des exilés en Erets Israël, pour la reconstruction de Yerouchalaïm, pour améliorer ses vertus, pour prier Dieu, pour étudier la Torah. C'est le genre de nourriture qu'elle apprécie, qui la nourrit et qui la comble. Tant qu'on lui propose une nourriture matérielle, ponctuelle, ça lui va, elle n'a rien contre.

Comme dans un couple: ce ne sont pas toujours les mêmes besoins, mais il faut prendre en considération les besoins réciproques, sans quoi ce couple ne tiendra pas la route. Imaginez que, pour l'anniversaire de ta femme, tu lui achètes en cadeau une perceuse. Elle te regarde, les yeux tout écarquillés. Et tu dis: « Qu'est-ce que tu as, ma chérie ? C'est super une perceuse, moi j'adore les perceuses ! » Peut-être toi, oui, et d'autres choses que tu aimes. Ou bien elle, pour son anniversaire, elle t'achète des boucles d'oreilles, et tu te dis: « C'est quoi ce truc bizarre ? C'est pas adéquat. »

Donc, bien que ce ne soit pas exactement ta tasse de thé, les boucles d'oreilles, comme tu sais que ça lui fait plaisir, et que ça paraît tout bizarre de s'accrocher toutes sortes de bidules en fer aux oreilles, mais elle, ça lui plaît, eh bien tu les achètes. Et elle aussi, elle ne sait pas ce qu'on fait avec un truc qui fait autant de bruit qu'une perceuse. Il aime bien les perceuses, alors je lui achète une perceuse ou, je ne sais pas, un ballon de foot, tout ce qui peut l'intéresser. Aucun problème: on s'aime, mais il faut savoir procurer à l'autre ce qu'il aime bien.

Mais il faut aussi savoir que si tu ne combles pas tes besoins, ça ne tiendra pas la route, et finalement ça amènera au divorce. Donc si l'âme ne se soucie pas de procurer au corps ses besoins élémentaires et ses plaisirs, eh bien le corps se sentira mal dans sa peau. Et si le corps ne se soucie pas de procurer à l'âme ses besoins, eh bien elle se sentira mal dans sa peau, et elle partira. Et si elle s'en va,

là, comme on dit, tu es mal barré. Tu termines dans un trou et l'histoire est finie. Donc elle te fait déjà des allusions assez fines, tous les jours. Chaque fin de journée, désespérée de ta non-compréhension et de ta surdité, parce que tu n'as pas réussi à combler ses besoins, qu'est-ce qu'elle fait ? Eh bien, elle te borde au …

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